Goutta: "On s'accroche"

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Goutta: "On s'accroche"
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Si son équipe a livré une belle opposition à Toulouse le week-end dernier pour offrir le meilleur match de la saison en Top 14, Bernard Goutta ne se satisfait pas de cette défaite avec les honneurs mais sans récompense comptable. Pour l'entraîneur des avants de l'Usap, ses joueurs sont encore à la recherche d'un match référence. Et si c'était pour vendredi à Colombes contre le Racing-Métro 92.

Si son équipe a livré une belle opposition à Toulouse le week-end dernier pour offrir le meilleur match de la saison en Top 14, Bernard Goutta ne se satisfait pas de cette défaite avec les honneurs mais sans récompense comptable. Pour l'entraîneur des avants de l'Usap, ses joueurs sont encore à la recherche d'un match référence. Et si c'était pour vendredi à Colombes contre le Racing-Métro 92. L'Usap sort d'un match à Toulouse qui a été salué comme le plus abouti en Top 14 depuis le début de la saison. En contradiction avec le discours tenu par Marc Lièvremont. Les propos du sélectionneur sur la pauvreté du jeu offensif dans le championnat de France vous ont-ils choqué ? Il fait son analyse dans un contexte mondial, par rapport au niveau de jeu affiché par les All Blacks, par les Australiens, par rapport à ce qui se fait aussi dans le Top 14 où la pression du résultat est moins importante et où le spectacle prime. Son analyse concerne le haut du tableau. A notre niveau, on a toujours nos bonnes vieilles mêlées qui sont discutées (rires), nos rucks disputés. Défensivement, les barbelés sont mis de partout. Un jeu qui peut servir aussi à l'équipe de France, comme la mêlée l'a servie lors du dernier Tournoi des VI Nations. Il y a de bonnes choses à prendre du Top 14 comme de bonnes choses à prendre du Super 14. Mais on sait que s'il n'y a pas de combat, s'il n'y a pas de conquête, en rugby on n'existe pas. Ces commentaires élogieux sur ce dernier match entre Toulouse et Perpignan sont-ils suffisants pour effacer la déception de la défaite ? Pour le rugby en général, c'est peut-être une bonne chose. Les spectateurs et les gens derrière la télé ont dû se régaler mais moi, à partir du moment où mon équipe gagne un match, même s'il est mauvais, d'un point, ça me convient ; au niveau comptable on est content. Maintenant, par rapport au niveau de jeu produit, par rapport à la marge de progression que l'on s'est donnée et qu'on est en train d'effectuer, ce match est intéressant. Il y a eu de bonnes choses mais au niveau comptable, on est déçus, on ne part avec zéro point de Toulouse. "On n'a pas encore réussi le match complet" Parmi les raisons d'espérer, Jacques Brunel soulignait l'état d'esprit affiché par vos joueurs. Partagez-vous cette satisfaction ? C'est l'état d'esprit que l'on affiche déjà depuis trois-quatre ans. Cet état d'esprit, cette solidarité, cette abnégation font partie de la marque de fabrique de la maison. On le démontre chaque week-end. Le problème, comme depuis le début de la saison, on est défaillant sur un secteur de jeu ou on fait des petites erreurs qui nous mettent à mal. On n'a pas encore réussi le match accompli, le match complet où tous nos secteurs de jeu sont parfaits. On s'est encore aperçu contre Toulouse que, dès qu'on perdait le ballon ou dès que notre jeu au pied était défaillant, on était en danger. Les Toulousains ont pris l'ascendant sur nos erreurs. Un état d'esprit qui sera une nouvelle fois la clé contre le Racing-Métro, une équipe qui va vous proposer à nouveau un gros challenge devant... Tous les secteurs de jeu sont importants. Il ne faudra pas seulement résister devant, il faudra imposer notre jeu et essayer d'être performants dans tous les secteurs. C'est ce que l'on recherche depuis le début de la saison. Chaque fois, on montre de belles choses. Mais seulement par bouts de match. On voudrait assembler tous ces bouts pour réussir un match complet. Entre le Racing et Toulon, nos deux prochains adversaires, ce sont deux équipes qui se ressemblent énormément, avec le même profil de joueurs, avec une grosse conquête. On sait que le rugby commence devant et qu'il faudra répondre présent face au Racing. Mais ce n'est pas que ça cette année, c'est aussi beaucoup de puissance derrière, beaucoup de vitesse avec Bobo, Fall, Vulivuli, Saubade. Ils essaient de déplacer un peu plus le jeu. Donc à nous de corriger nos derniers réglages en défense, de soigner notre jeu au pied, d'être plus précis en conquête pour réussir un match plein pendant 80 minutes. Ce manque de constance peut-elle s'expliquer par les nombreuses blessures qui touchent votre effectif ? Evidemment. Tout est lié... Mais bon, on n'aime pas trop pleurer sur notre sort. A partir du moment où on aligne 22 joueurs, il faut que l'on soit compétitifs. Mais c'est vrai, tout le monde le sait, on a eu énormément de blessés depuis le début de la saison. Ce sont toujours les mêmes joueurs qui jouent en ce moment, on ne peut pas faire de roulement. Malgré ça, on est là, on s'accroche. On fera les comptes en fin de saison même s'il ne faut pas prendre trop de retard. "Cinq sélectionnés, c'est gratifiant pour le club" Dans ce contexte, attendez-vous la trêve internationale avec impatience ? Oui, oui, oui... Parce qu'il y a des joueurs qui ont besoin de souffler. Et parce que d'autres joueurs vont en profiter pour revenir, ce qui va ramener un peu de concurrence dans ce groupe. C'est important, ça va créer une émulation. Pour résumer, il faut du repos pour les uns et de la compétition pour les autres. Un homme est déjà de retour, Nicolas Laharrague. A-t-il 80 minutes dans les jambes ? Certainement pas même s'il s'est entraîné dur, même s'il a montré de bonnes choses aux entraînements. Physiquement, il est prêt. Ça fait quelques semaines qu'il a repris avec le groupe. On verra ce qu'il pourra donner vendredi. Il a besoin de temps de jeu, c'est évident. Mais c'est une bonne nouvelle pour l'Usap. C'est un spécialiste du poste qui a la faculté d'animer notre attaque. Vous aurez au moins cinq joueurs, Mas, Schuster, Porical, Marty et Guirado, qui risquent de jouer pendant cette trêve, tous appelés en équipe de France pour les tests de novembre. Cinq joueurs formés au club. De quoi nourrir votre fierté ? Oui. Depuis toujours, même si on s'en rend compte peut-être seulement aujourd'hui, l'Usap a été un club formateur, qui se base notamment sur les jeunes de la région avec cette identité forte catalane. Ça fait plaisir, pour les joueurs concernés et pour le club, de retrouver en équipe de France ces joueurs qui vont représenter l'Usap dans le monde entier. C'est gratifiant pour le club.