Gourcuff, seul dans la nuit

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Gourcuff, seul dans la nuit
@ Reuters
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Copieusement sifflé, le meneur de l'OL n'a jamais pesé sur le cours de Bordeaux-Lyon (2-0).

Copieusement sifflé, le meneur de l'OL n'a jamais pesé sur le cours de Bordeaux-Lyon (2-0). Yoann Gourcuff n'avait rien changé pour son entrée sur la pelouse du Stade Chaban-Delmas. Même regard limpide, même attitude discrète, même classe naturelle. Sauf que cette fois, l'international tricolore ne portait plus le maillot des Girondins de Bordeaux, qu'il a porté pendant deux ans, mais celui de l'Olympique lyonnais. Transféré en toute fin de mercato dans le Rhône pour 22 millions d'euros, Gourcuff a été la victime dès la présentation des équipes d'une belle bordée de sifflets venus principalement du virage Sud, celui des Ultras bordelais, qui n'ont guère digéré que leur meneur de jeu quitte le navire après une saison manquée, conclue à la sixième place du Championnat. Une bronca à chaque ballon Chaque ballon touché par le n°29 a ensuite déclenché une véritable bronca et là où la préparation des coups de pied arrêtés du Gourcuff bordelais était rythmée par les applaudissements, celle du Gourcuff lyonnais était accompagnée par les huées et, parfois, par les rayons laser. "Le fair-play n'a pas été la qualité première des supporters bordelais" , a noté le président lyonnais Jean-Michel Aulas au micro de Canal+ après la rencontre. "Ce n'est pas une excuse, mais un bilan." Si l'on excepte un premier débordement pour un centre vers Michel Bastos (8e), c'est d'ailleurs sur coup de pied arrêté que Gourcuff a surtout apporté le danger. Peu avant la demi-heure de jeu, le Breton tenta ainsi un coup franc très lointain similaire à celui qu'il avait réussi face à l'Olympiakos Le Pirée, en mars dernier, en huitièmes de finale de la Ligue des champions. Mais Cédric Carrasso, lui, ne se laissa pas surprendre. Diarra le fidèle en vedette Interrogé par Canal+ à la pause, Gourcuff n'a pas semblé atteint par l'émotion, analysant le jeu avec justesse, comme il le fait souvent. "On a vu qu'il y avait des situations intéressantes dans leur dos, mais c'est dommage, on s'est un peu précipité dans la réalisation." Problème, de la parole à la pratique, rien n'alla dans le bon sens pour Lyon, mangé dans l'envie par des Bordelais plus entreprenants. Et c'est encore sur un coup franc que Gourcuff apporta le danger dans un match soporifique mais Bafétimbi Gomis, seul au deuxième poteau, ne cadra pas sa tête. Rarement tourné vers l'avant, serré de près et souvent obligé de redescendre très bas pour aider une paire Toulalan-Makoun aux abois, Gourcuff n'a guère mis ses talents d'organisateur à contribution. Et comme un symbole, la lumière dans ce match est venue d'Alou Diarra, qui, courtisé par d'autres clubs, est resté à Bordeaux, puis par Jussiê, le "remplaçant" technique de Gourcuff dans l'animation offensive bordelaise. Une chose est sûre ce dimanche soir : Bordeaux a définitivement tourné la page Gourcuff.