Gonnet libéré

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Gonnet libéré
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Il n'a sauvé sa tête sur le circuit européen que pour quelques milliers d'euros et deux bons derniers résultats obtenus en Espagne en 2010. Cette pression semble lointaine pour Jean-Baptiste Gonnet qui a attaqué l'année 2011 par deux Top 5, dont une quatrième place très encourageante le week-end dernier à Dubaï devant McIlroy, Westwood, Woods ou encore Kaymer.

Il n'a sauvé sa tête sur le circuit européen que pour quelques milliers d'euros et deux bons derniers résultats obtenus en Espagne en 2010. Cette pression semble lointaine pour Jean-Baptiste Gonnet qui a attaqué l'année 2011 par deux Top 5, dont une quatrième place très encourageante le week-end dernier à Dubaï devant McIlroy, Westwood, Woods ou encore Kaymer. "Je ne serai jamais Rory McIlroy !" Peut-être. Mais ça ne veut pas dire qu'il ne peut pas mieux jouer que le prodige nord-irlandais sur au moins une semaine. La preuve à Dubaï où Jean-Baptiste Gonnet, au terme de quatre tours très solides (68-69-72-70), a pris le week-end dernier la quatrième place du tournoi emirati, devant McIlroy (10e) donc, mais aussi Lee Westwood (15e), Tiger Woods (20e) ou encore Martin Kaymer (31e). Excusez du peu ! Pour un peu, le Français aurait même pu emmener l'Espagnol Alvaro Quiros, le vainqueur du tournoi, en play-offs... Deuxième du Masters de Scandinavie en 2007 devant un plateau beaucoup moins relevé que cette semaine, ce fils de sportifs (un père professionnel de basket et une mère professionnelle de tennis) a sûrement signé à cette occasion la meilleure performance de sa carrière. Preuve qu'un déclic a opéré depuis la fin de saison dernière et les quelques trous joués ensemble, à l'invitation de l'un de ses sponsors (la chaîne hôtelière Best Western), sur le prestigieux parcours de Cannes-Mougins. Le Cannois de naissance, accro très tôt à la petite balle blanche malgré un bon niveau de tennis - "J'ai toujours voulu être golfeur professionnel. Ça a toujours été évident pour moi", confiait-il -, évoquait alors ses doutes, cette gestion permanente de la pression, lui qui à son niveau s'aligne au départ chaque semaine pour gagner son pain. 225 000 euros de gains, un quart dans la poche Contrairement à l'année précédente, il venait pourtant d'échapper à la douloureuse épreuve des cartes, cette sélection sur six tours qui offre une trentaine de billets aux recalés du Tour européen (ceux qui ne sont pas dans les 115 premiers européens) comme aux jeunes aux dents longues venus des catégories inférieures (pour un total de 156 joueurs). Un Top 10 à Valence, suivi d'une 18e place en Andalousie, lui avaient alors rapporté ces quelque 80 000 euros nécessaires pour sauver sa tête. Car le golf est le seul sport où le classement est établi en fonction de l'argent gagné. Et pour le n°4 français en 2010, cela se résume à quelque 225 000 euros (109e du circuit européen). Beaucoup et très peu à la fois, Gonnet ne touchant en fin d'année que 50 000 ou 60 000 euros, une fois toutes les charges déduites (salaires du caddie, du coach, du manager, plus 60 000 euros de fonctionnement (avions et hôtels), les frais de kiné ou du médecin ou encore les impôts, statut de profession libérale oblige...). "Sur quatre ans, je n'ai peut-être mis que 100 000 euros de côté", regrettait-il. On comprend mieux que l'intéressé puisse trembler putter en main. Une gestion de ses émotions qui lui a souvent joué des tours par le passé, lui qui était réputé pour ne pas tenir la distance sur quatre tours. Chose que le Français, qui se posait cet hiver la question de changer du tout au tout sa structure d'entraînement - "Avec qui ? Je ne sais pas. Ni où", confiait-il -, a su faire, et de quelle manière, la semaine passée à Dubaï, s'installant dès le début dans les hauteurs du leaderboard pour ne plus les quitter. "Faire un Top 5 dans un tournoi comme Dubai avec un champ de joueurs aussi relevé c'est vraiment super satisfaisant, appréciait-il sur le site de la Fédération française. Cela fait déjà deux tournois que je rivalise avec les meilleurs je suis très heureux de mon jeu et de mon attitude. Si je peux jouer la gagne dans un tournoi comme celui-là je me dis que je peux jouer la gagne n'importe où, c'est un gros plus pour la confiance." Et un gros plus pour le compte en banque...