Gomis, le tube de l'automne

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Gomis, le tube de l'automne
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Plus ou moins poussé vers la sortie en fin de saison dernière, Bafétimbi Gomis traverse actuellement une période faste concrétisée par trois buts, tous décisifs, lors de ses deux derniers matches de Ligue 1, à Lens et face au PSG. Une bonne série qui s'accompagne d'une remontée lyonnaise au classement, au point que l'OL est à portée de fusil du podium de la Ligue 1 au moment de se rendre à Montpellier pour le compte de la 16e journée.

Plus ou moins poussé vers la sortie en fin de saison dernière, Bafétimbi Gomis traverse actuellement une période faste concrétisée par trois buts, tous décisifs, lors de ses deux derniers matches de Ligue 1, à Lens et face au PSG. Une bonne série qui s'accompagne d'une remontée lyonnaise au classement, au point que l'OL est à portée de fusil du podium de la Ligue 1 au moment de se rendre à Montpellier pour le compte de la 16e journée. Voilà qu'il est maintenant applaudi par le public de Gerland ! En égalisant en toute fin de rencontre dimanche dernier face au PSG sur une grossière erreur de relance d'Edel (2-2), Batéfimbi Gomis a reçu l'ovation d'un stade qui, jusqu'ici, ne l'avait guère ménagé. Il faut dire qu'en débarquant dans le Rhône à l'été 2009, le natif de La Seyne-sur-Mer présentait un gros handicap, celui de venir du voisin honni, l'AS Saint-Etienne, où il a effectué toute sa formation. Un passif doublé d'un certain scepticisme lié à ses capacités à briller dans un contexte lyonnais à la fois plus relevé et plus concurrentiel. Sa première saison rhodanienne, si elle a été plutôt correcte au niveau comptable (10 buts en 37 matches de Ligue 1), n'a pas complètement éteint les critiques, au point qu'un départ a été plusieurs fois évoqué, notamment en Turquie, fermement repoussé par l'intéressé. "Je n'avais pas envie de quitter Lyon, expliquait-il en août dernier sur le site de l'OL. J'ai passé un transfert difficile l'année dernière: quitter Saint-Etienne pour Lyon ce n'est pas toujours évident, et même si je me sentais lyonnais dès le début, il m'a fallu un an pour bien m'intégrer, bien connaître le club, bien me sentir dans le groupe. Je veux maintenant remplir les objectifs que je m'étais fixés en arrivant ici: remporter des titres. Cela aurait été un échec de partir." Une défaite face aux Verts paradoxalement fondatrice Des déclarations rapidement suivies d'effet puisque deux journées suffisent à l'ancien Vert pour frapper, avec un doublé à Caen, qui n'empêche cependant pas l'OL de s'incliner (2-3). La suite sera cependant bien moins convaincante, au point que Gomis, qui avait démarré la saison dans la peau d'un titulaire, il est vrai aidé par l'absence sur blessure de Lisandro Lopez, s'est retrouvé en septembre sur le banc des remplaçants, poussé vers la sortie par le retour de l'Argentin. Et comme dans le même temps, l'OL ne décolle toujours pas, l'international (4 sélections), comme tous ses coéquipiers, essuie vite les quolibets d'un public qui finit par exploser de colère au soir du derby perdu face à l'ASSE (0-1). Un match qui reste en travers de la gorge des hommes de Claude Puel, Gomis en tête, même si l'attaquant pense que cette défaite a été paradoxalement fondatrice: "Après la défaite contre l'ASSE, on a pris un coup de massue, c'était terrible, le résultat était injuste, triste,, commentait-il récemment dans les colonnes du Progrès. Mais il faut souligner le discours du coach et du président. Ils ont fait preuve de beaucoup de sang froid. Dans la manière dont il a géré ça, le président a fait preuve de grande classe. C'est un exemple. Quand on se sent protégé comme ça, on a envie de se défoncer pour le maillot." Les louanges de Lacombe et Puel La reprise en main de Jean-Michel Aulas a porté ses fruits, puisque depuis ce revers, l'OL n'a certes pas été transcendant, mais n'a plus perdu en Ligue 1, prenant 18 points sur 24 possibles, ce qui a permis à l'équipe de Claude Puel de passer en deux mois de la 18e à la 8e place, cette renaissance s'accompagnant également de celle de Gomis, redevenu titulaire fin octobre, mais surtout décisif en novembre, avec notamment trois buts inscrits lors des deux derniers matches, deux à Lens (3-1), un face au PSG (2-2). Au point de s'attirer les louanges du conseiller du président Jean-Michel Aulas, Bernard Lacombe, au soir de la victoire à Lens: "Il faut que chacun montre plus de disponibilité pour son partenaire, et davantage d'abnégation à l'image de Bafé Gomis à Lens." Même son de cloche chez Claude Puel qui, en conférence de presse, s'est réjoui cette semaine de l'attitude adoptée par l'attaquant, élu joueur lyonnais du mois de novembre: "J'ai bien aimé son attitude que ce soit sur le terrain ou dans ses interviews. Il a su faire front à l'adversité. Son travail, son abnégation, sa ténacité ont été récompensés en match par des buts et par la qualité de ses prestations." Réclamé par Lisandro Lopez en personne, l'Argentin préférant l'avoir à ses côtés sur le terrain que sur le banc pour le remplacer, Batéfimbi Gomis sait qu'il doit désormais conquérir le coeur d'un public de Gerland qui ne l'a pas encore définitivement adopté. Interrogé sur le sujet avant le match face au PSG dans Le Progrès, il indiquait: "J'ai la confiance de mes coéquipiers, de mon entraîneur, de mon président, je suis bien entouré par ma famille. C'est toujours mieux quand on se fait acclamer, maintenant, si ce n'est pas le cas, tant pis, l'essentiel c'est que mes coéquipiers soient très heureux quand je marque, ça me touche. Je fais le plus beau métier du monde, je dois prendre le recul nécessaire. Je n'ai pas à répondre au public par presse interposée, ce serait une faute professionnelle." La réponse, il l'apportait quelques jours plus tard en offrant le point du match nul face à Paris. Une confirmation samedi à Montpellier pourrait sceller la réconciliation...