Gomis, la voix du sage

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Gomis, la voix du sage
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International français depuis 2008, Bafétimbi Gomis s'est exprimé sur l'affaire des quotas qui secoue actuellement le football français, lors d'une conférence de presse. D'origine sénégalaise, l'attaquant lyonnais, mesuré, défend Laurent Blanc mais refuse que de "jeunes innoncents payent" la politique de la Fédération.

International français depuis 2008, Bafétimbi Gomis s'est exprimé sur l'affaire des quotas qui secoue actuellement le football français, lors d'une conférence de presse. D'origine sénégalaise, l'attaquant lyonnais, mesuré, défend Laurent Blanc mais refuse que de "jeunes innoncents payent" la politique de la Fédération. Pour Bafétimbi Gomis, les choses ont toujours été claires. Né en France de parents sénégalais, l'attaquant lyonnais, sélectionnés à huit reprises avec les Bleus depuis 2008, a toujours rêvé de porter la tunique tricolore "malgré l'origine de [ses] parents". S'il assure n'avoir "jamais éprouvé aucun regret" quant à ce choix, l'Hexagone étant "[son]pays", l'ancien Stéphanois juge "normal" l'exil de certains joueurs vers leur nation d'origine. Prenant l'exemple de l'Argentin Gonzalo Higuain, que l'équipe de France souhaitait enrôler, Gomis précise: "C'est le football. Si beaucoup de joueurs s'expatrient, je pense que, s'ils ont les qualités et les capacités nécessaires, leur premier choix se tourne vers la France". Si Samir Nasri, Karim Benzema ou encore Abou Diaby en sont la parfaite illustration, cette idée est toutefois mise à mal par les récentes expatriations, dès leur plus jeune âge, des Boudebouz, Sow et consorts. Se disant "touché" par l'affaire des quotas discriminatoires, dévoilée la semaine passée par Mediapart, «Bafé» plaide pour que "justice soit faite" mais se montre plus mesuré que certains de ses aînés, avouant ne pas savoir "exactement comment ça s'est passé, ni dans quel contexte". Au contraire de Lilian Thuram ou de Patrick Vieira, amer et virulent envers Laurent Blanc, la Panthère explique ne pas avoir "toutes les cartes en mains pour juger" le sélectionneur tricolore, "pas raciste" selon lui. "Quand on regarde son parcours, il a joué avec beaucoup de personnes de couleur, il a lancé pas mal de joueurs de couleur en Ligue 1 lorsqu'il était à Bordeaux et il a souvent défendu Alou Diarra devant les médias" argumente-il. Plus attristé qu'énervé par la situation actuelle, où il "faut faire attention à tout ce qu'on dit" tant le sujet est "délicat", le buteur rhodanien privilégie la sagesse et la réflexion à la rancoeur et l'acerbité. "Je n'aimerais pas que des jeunes qui rêvent de devenir footballeur payent le prix alors qu'ils sont innocents. Il ne faut pas condamner tout le monde, il faut réfléchir pour faire en sorte de trouver la meilleure solution pour ces jeunes-là et pour le football français. Le football français est riche en talent, a de l'avenir. Le but c'est de gagner des matches et compétitions, peu importe la couleur". Tout est dit.