Giroud: "Plus de temps à perdre"

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Giroud: "Plus de temps à perdre"
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Seul petit nouveau du groupe France qui s'est réuni ce mardi à Clairefontaine avant la réception des Etats-Unis vendredi, puis de la Belgique mardi, Olivier Giroud a franchi les étapes les unes après les autres en un temps record. Passé de la ligue 2 au statut d'international en deux saisons, l'attaquant de Montpellier veut se montrer irréprochable sur l'état d'esprit pour s'inscrire dans la continuité avec le maillot bleu.

Seul petit nouveau du groupe France qui s'est réuni ce mardi à Clairefontaine avant la réception des Etats-Unis vendredi, puis de la Belgique mardi, Olivier Giroud a franchi les étapes les unes après les autres en un temps record. Passé de la ligue 2 au statut d'international en deux saisons, l'attaquant de Montpellier veut se montrer irréprochable sur l'état d'esprit pour s'inscrire dans la continuité avec le maillot bleu. Olivier, quelles sont vos premières sensations en bleu ? J'ai ressenti pas mal d'émotions quand je suis entré dans le château. Tous ces cadres avec de grands joueurs... Il y a beaucoup d'émotion, de respect et de fierté quand tu entres dans cet établissement. Après un petit temps d'adaptation, on mettra tout ça de côté et ce sera place au terrain. Un mot sur l'accueil du staff ? Très bien, nous avons tous étés contents que Laurent passe avant le match de Nancy (le 29 octobre lors de la 12e journée) nous féliciter de notre bon début de saison, c'est important pour les gars, vu qu'il est de la région. Aujourd'hui, on s'est revu et ils m'ont mis à l'aise. Est-ce que ça se passe comme vous l'aviez imaginé ? Oui ça se passe bien. Je suis de plus en en plus à l'aise. Je pensais avoir plus de pression que ça même si au moment de la chanson ce soir ce sera pas mal (rires) ! Ce sera quelque chose au moment de fouler la pelouse, si j'en ai la chance, avec ce maillot bleu qui a toute une histoire et qui représente le pays. Qu'est-ce que vous allez chanter ? Joe Dassin, mais je garde le titre secret pour mes partenaires. "Un grand privilège" Pouvez-vous raconter vos premières heures au château ? Je suis rentré par la petite porte, parce que je ne savais pas où rentrer donc je suis entré par celle de droite et on m'a dit 'ah ça se voit que t'es un petit nouveau' (rires). J'ai vu tous les membres du staff, j'étais impressionné par le nombre de personnes qui travaillent autour de cette équipe. J'ai dit bonjour à mes nouveaux coéquipiers. Je suis ensuite allé voir Laurent Koscielny puisque c'était mon partenaire de chambrée à Tours en 2008-2009, ça fait plaisir de le revoir. Depuis Tours, que de chemin parcouru... C'est vrai. J'ai toujours franchi les étapes les unes après les autres dans ma carrière, mais depuis l'année dernière, avec une bonne adaptation à la Ligue 1, tout s'enchaine vite. Cette première sélection arrive rapidement. Mais j'ai 25 ans et entre guillemets, plus de temps à perdre. Je fais un bon début de saison avec mon club, nous sommes assez performants, donc je pense que c'est le bon moment. Comment ça s'est passé à Montpellier ? Les mecs, quoique je fasse, me chambraient sur mon nouveau statut d'international à venir. Pour moi, c'est un grand privilège et sans mes partenaires cela n'aurait pas pu être possible. Je leur paierai un bon coup à boire en rentrant. René Girard m'a félicité. Il est très fier, je pense, que ça arrive à Montpellier, ça prouve qu'il y a de bons jeunes. Je suis content pour le président et toutes les personnes qui travaillent au club. "Si je suis là c'est que c'est mérité, on me l'a assez répété autour de moi " A quoi vous attendez-vous pour le niveau international ? Il y a un cap à passer, il va falloir s'adapter mais je ne me fais pas plus de soucis que ça dans la mesure où partout où je suis passé j'ai réussi à m'adapter, même s'il y a de très grands joueurs qui jouent dans de grands clubs. Il ne faut pas que je sois intimidé et je dois laisser de côté mes émotions. Pouvoir découvrir ce haut niveau avant l'Euro c'est un privilège et j'espère saisir ma chance. Ce n'est pas une fin en soi, ça passera par une bonne saison avec Montpellier. N'est-ce pas un peu tôt ? Ne vous manque-t-il pas l'expérience de la Coupe d'Europe ? J'ai joué la Coupe d'Europe (rires) un tour préliminaire et j'ai marqué. La Ligue des champions c'est forcément un autre niveau c'est pour ça que je dis que cette sélection arrive rapidement. Mais je ne me fait pas de soucis, si je suis là c'est que c'est mérité, on me l'a assez répété autour de moi. Le danger, c'est de vouloir trop en faire ? Non je ne pense pas, ce n'est pas ma nature. Je suis un joueur altruiste. Je devrais même plus souvent penser à moi. Je ne vais pas dribbler trois joueurs pour marquer, c'est par le collectif que je brillerai. Par rapport à la saison passée, vous pensez avoir franchi un palier ? Oui, parce que l'année de la confirmation c'est toujours plus difficile que la première année. Pour l'instant, j'ai marqué 8 buts, contre 12 l'année dernière. Je suis plutôt bien parti, je touche du bois pour être épargné par les blessures et continuer mon ascension. Le collectif de Montpellier a aussi progressé, nous sommes 2e et nous suivons Paris à la trace. C'est l'occasion de vous confronter à des joueurs comme Benzema... Oui, il faut être à l'écoute, continuer à progresser, s'adapter et écouter les conseils pour franchir ce palier qui, j'en suis persuadé, n'est pas insurmontable. Qu'est-ce qui vous sépare de lui ? Une dizaine voire une centaine de matchs de haut niveau. C'est un joueur de classe internationale tandis que je prouve à peine que je suis un bon attaquant de Ligue 1. Il a franchi un palier avec le Real dans l'état d'esprit et l'efficacité. Il ne va pas falloir être spectateur et agir. Et de Gomis et des autres attaquants ? L'expérience internationale et quelques sélections en moins. Il joue la Ligue des champions, il joue à Lyon et a fait un très bon début de saison. J'étais déjà fier d'être pré-sélectionné, je vous avoue que je me faisais beaucoup d'espoirs avant cette sélection. "Ce n'est pas une fin en soi d'être appelé, j'espère m'inscrire dans la continuité" Vous êtes conscients que votre attitude au sein du groupe comptera aux yeux du sélectionneur ? Oui, je sais que le coach fait attention à ça. Je pense que s'il m'a sélectionné c'est aussi que j'ai un bon état d'esprit. C'est important d'être irréprochable et exemplaire aux yeux du grand public. On a la lourde tâche de représenter le pays, c'est un privilège donc c'est la moindre des choses. Vous êtes le seul nouveau, comment vivez-vous l'attention médiatique? Il y a beaucoup plus de monde, mais pour la chanson ce soir je me sentirais un peu seul (rires) mais ce n'est pas grave. Je suis assez à l'aise avec les médias donc ça va. A part Laurent Koscielny, tu connaissais quels joueurs ? Pas mal de ceux qui ont évolué en Ligue 1. J'ai discuté avec Kévin Gameiro quand on en a pris trois à la Mosson. Vous avez hâte de retrouver le Stade de France après la finale de la Coupe de la Ligue perdue l'an dernier face à l'OM ? Après ce 23 avril 2011, c'est sûr que ce sera beaucoup d'émotion, avec en plus ce maillot bleu et la Marseillaise, cela va me prendre au coeur. Quel est ton premier souvenir de l'Equipe de France ? France 98, la finale, Zizou et ses deux buts de la tête. Vous semblez sur un petit nuage, appréhendez-vous l'après équipe de France ? Certains n'y reviennent jamais... Je sais que c'est difficile à gérer mais je suis de nature à ne pas trop me prendre au sérieux. Ce n'est pas parce que j'aurais changé de statut que je vais changer ma façon de voir les choses et mon quotidien. Ce n'est pas une fin en soi d'être appelé, j'espère m'inscrire dans la continuité.