Gilot, un titre forcément amer

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Gilot, un titre forcément amer
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NATATION - Faute de minima, le champion de France n'ira pas à l'Euro.

NATATION - Faute de minima, le champion de France n'ira pas à l'Euro. Francis Luyce, le président de la Fédération française de natation (FFN), et son Directeur technique national (DTN), Christian Donzé, vont peut-être commencer à se mordre les doigts. Naguère louée pour sa sélectivité, la politique de minima mise en place cette année est aujourd'hui critiquée pour sa sévérité. Difficile en effet d'expliquer au grand public pourquoi Fabien Gilot, le nouveau champion de France du 100 mètres nage libre, vainqueur vendredi d'Alain Bernard en finale, ne sera pas au départ de la distance reine de la natation à Budapest lors des prochains Championnats d'Europe où son chrono de 48"52 réussi à Saint-Raphaël lui aurait pourtant offert de belles perspectives de podium. Si cette absence fera débat, l'intéressé sait où il a fauté. "J'ai joué avec le feu et je me suis brûlé les doigts", expliquait-il jeudi. Pour être passé à côté des minima imposés en séries, pour quatre petits centièmes, le Marseillais a en effet vu la qualification, promise aux quatre premiers de la finale, s'envoler. Ni ses 48"62 réussis en demi-finale ni son titre de champion de France ne rattraperont cette boulette. A moins que la Fédération ne décide d'assouplir ses règles et ne repêche quelques brebis égarées, des hommes et femmes non qualifiés aujourd'hui mais capables de faire au moins des finales en août. "On verra. On ne sait jamais. Mais je n'y crois pas trop", réagissait-il à chaud devant la caméra d'Eurosport. "Je poserai la question si la règle est unifiée pour tout le monde, si le DTN veut présenter la meilleure équipe possible à l'Euro. Je ne veux pas faire d'exception", expliquait de son côté Romain Barnier, son entraîneur à Marseille. Réponse dans la foulée de Christian Donzé toujours à l'antenne d'Eurosport : "Il n'y aura pas de repêchages. Fabien n'a pas respecté les critères de sélection en séries. C'est dommage pour lui ou pour l'équipe de France mais c'est la règle." Alors que la France affiche l'une des plus belles densités au monde sur 100 mètres, de quoi rêver prendre sa revanche sur la Russie en relais, elle ne présentera donc que deux nageurs sur la distance en Hongrie, là où elle pouvait en qualifier quatre... Les deux heureux élus sont Alain Bernard, le champion olympique en titre, et le Marseillais William Meynard, respectivement deuxième et troisième de la finale à plus d'une demi-seconde de Gilot... Stressé comme il l'a lui même reconnu, Yannick Agnel a lui échoué à la septième place, en 49"51, pour sa première grande finale. "C'est une déception, avouait-il. Mon temps est moins bon qu'en série et qu'en demi-finale. J'apprends. J'espère qu'il y aura une deuxième fois..."