Gilot: "Ça va être très très bon..."

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Gilot: "Ça va être très très bon..."
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C'est avec le meilleur chrono de la saison sur 100 mètres nage libre (48"82) que Fabien Gilot aborde les Championnats de France de Strasbourg. Champion en titre sur la reine des disciplines mais privé d'Europe pour n'avoir pas réalisé les minima en séries, le Marseillais se montre revanchard, décidé à dominer ses rivaux et à décrocher la qualification pour les Mondiaux de Shanghai.

C'est avec le meilleur chrono de la saison sur 100 mètres nage libre (48"82) que Fabien Gilot aborde les Championnats de France de Strasbourg. Champion en titre sur la reine des disciplines mais privé d'Europe pour n'avoir pas réalisé les minima en séries, le Marseillais se montre revanchard, décidé à dominer ses rivaux et à décrocher la qualification pour les Mondiaux de Shanghai. Vous avez établi à Montpellier la meilleure performance mondiale de l'année sur 100 mètres libre en 48"82. Quelle importance donnez-vous à ce chrono ? C'est un bon test, une bonne information qui nous confirme qu'on est sur la bonne voie de la préparation. L'état de forme monte petit à petit. Je suis curieux de savoir ce que ça donnera au top de la forme la semaine prochaine (interview réalisée le 17 mars, ndlr). C'est pour ça que c'est intéressant d'avoir fait ce temps, après le foncier qui a duré plusieurs semaines. Cette préparation n'est-elle pas pénible à la longue ? Le quotidien d'un sportif de haut niveau n'est pas marrant, surtout en natation où ça demande beaucoup de temps. C'est quatre heures dans l'eau par jour, deux heures avec le préparateur physique et une heure de récup, ça fait 7 heures par jour, un job à temps plein. Dans les périodes dites de repos, on plonge quand même un peu. A quand les coupures ? On a des jours "off" pour recharger le nerveux, il y a des jours évidemment où l'on n'est pas dans l'eau, ça fait du bien d'avoir un équilibre, d'avoir une vie en dehors de la natation. Si tu ne l'as pas, je ne crois pas que tu puisses performer. Il faut trouver autre chose, ça peut passer par une copine, la famille, une autre passion que la natation. Peu importe, il faut faire autre chose. Que faites-vous quand vous ne nagez pas ? Je profite de la vie avec mes amis, j'oublie que je suis sportif de haut niveau. "L'esprit américain: pas de seconde place et le partage en équipe" En quoi le Cercle des nageurs de Marseille est-il différent des autres clubs ? L'état d'esprit, le groupe. On a été les premiers ici à faire travailler des rivaux dans le même groupe de nageurs. On ne l'avait jamais fait avant réellement, on a réussi à en tirer les bénéfices, ce qui n'était pas évident. On ajoute à cela des nageurs étrangers avec une culture différente, tous avec des médailles internationales, et certaines convictions sur le sport et la natation. C'est intéressant d'échanger là-dessus, comme le fait de se remettre en question tous les six mois, à chaque compétition importante. Que faire pour rester au plus haut niveau ? La clé, c'est la volonté, mais le sport n'est pas une science exacte. Tu as beau travailler dur, ça ne réussit pas systématiquement, mais ça finit toujours par payer. Il faut s'accrocher à ça. Pour moi, ça commence à sourire depuis deux-trois ans. Quel rôle le Cercle a-t-il joué dans votre progression ? Je le répète: l'état d'esprit d'équipe, la culture de la gagne, ce qu'a amené Romain (Barnier, l'entraîneur) des Etats-Unis. L'esprit américain, c'est-à-dire pas de seconde place, et le partage en équipe. On ne se cache pas. Le problème de la France à un moment, c'était que quand tu disais que tu voulais gagner, tu paraissais arrogant. Ce n'est pas arrogant de dire calmement avec les mots justes: "Mon objectif, c'est de gagner. Je ne m'entraîne pas pour être deuxième." Personne ne fait tous ces efforts pour être deuxième. On n'a pas eu peur de le dire et c'est ce qui me plaît ici. "Je pense que je serai au top de ma forme" Lors des Championnats de France, vous défendrez votre titre sur 100 mètres, comment abordez-vous ce moment important qui servira de sélection pour les Mondiaux de Shanghai ? Il me tarde d'y être, ça va être serré et comme d'habitude, le 100 mètres libre sera la course la plus attendue. La densité est énorme et je ne sous-estimerai aucun des finalistes. Vous partez plutôt en confiance après la perf de Montpellier... Avec un plus de repos, a priori, je devrais aller plus vite. Confiant, oui, mais surtout avec la certitude que je suis exactement là où je dois être par rapport au plan que l'on avait monté quand on a commencé la préparation au mois de septembre. On est pile dedans. On ne s'est pas trompé. Et ce n'est pas facile. Qu'est-ce que cela implique ? Il faut, par exemple, gérer la fatigue au quotidien. Quand on est trop en forme, il faut savoir remettre une charge de travail, et quand le corps commence à avoir mal, il faut en retirer. La subtilité, c'est de jouer avec cet équilibre. Mais on y est arrivé. Jusque-là, je n'avais jamais fait un temps comme les 48"82 à cette période de la préparation. Je pense que je serai au top de ma forme. Et vos adversaires ? Je ne contrôle pas leur progression, ce sera la surprise. Il y a des athlètes qu'on ne voit pas de l'année et le jour J, ils pètent des temps monstrueux. Et au contraire, d'autres nagent très bien et sont moins performants lors de la compet. Ça dépend du profil de chacun. Strasbourg décidera de la qualification pour les Mondiaux, et les JO de 2012 approchent. Comment gérez-vous tous ces événements qui s'enchaînent ? En fait, ça ne s'arrête plus. Il reste 16 mois avant les Jeux. Il y a là quatre compétitions très très importantes (les Championnats de France 2011 et 2012, les Mondiaux de Shanghai et les Jeux). Il faut le prendre comme ça. La forme est là, l'état d'esprit aussi. Vivement que ça commence ! Dans des courses comme à Montpellier, je m'ennuie car il n'y a pas cette petite touche de pression. Si je fais du sport du haut niveau, c'est pour ça, pour me tester aux côtés des meilleurs. A Strasbourg, il y aura tout le monde. Ça va être très très bon.