Gilles Simon, orgueil et préjugés

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Gilles Simon, orgueil et préjugés
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COUPE DAVIS - Dans L'Equipe de lundi, Gilles Simon fait part de ses états d'âme. Incisif.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le premier tour de l'équipe de France en Autriche, qui débute vendredi, ne se prépare pas dans une grande sérénité. Gaël Monfils, Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet ont tour à tour déclaré forfait. Et Gilles Simon, appelé de dernière minute, est l'auteur lundi de déclarations fracassantes dans L'Equipe. "Au lieu d'être un plaisir, être en équipe de France était devenu un poids", explique le 33e joueur mondial, dans un entretien qu'il a accordé au quotidien lundi dernier, soit avant le forfait de Gasquet qui lui assure de disputer les matches de simples face aux Autrichiens. Bonjour l'ambiance.

Un sentiment transpire de ses réflexions : son orgueil en a pris un coup et un sévère, en décembre, lors de la finale de Belgrade, perdue face à la Serbie (3-2). Sa titularisation le premier jour face à Novak Djokovic ? "Un choix par défaut", "on aurait tous pris une valise contre lui". Le choix de Llodra pour le simple décisif le dimanche ? "Contre Troicki, il fallait envoyer celui qui avait le plus de chances de gagner (Simon n'avait jamais perdu contre lui en quatre matches, ni même concédé le moindre set ndlr)" Bref, après la finale, Simon était prêt à refuser l'équipe de France, se moquant des réactions que cela aurait pu susciter ("Je m'en fous de l'opinion publique", dit-il) et avait même signifié à Forget qu'il ne souhaitait pas être du déplacement de Vienne...

"Qu'il ne me parle pas de mon jeu"

Selon Simon, son spleen en Bleu remonte bien au-delà de l'épisode de Belgrade et tient en une expression : "règles communes". L'ancien numéro 1 français ne digère pas que l'équipe de France fonctionne selon un système à la carte. "Je vois que chacun arrive à l'heure qu'il veut, qu'on cale une séance photo pour la presse à 14h00 et qu'on doit finalement la reporter au lendemain parce que tel ou tel préfère plutôt ça." Les filles de la Fed Cup n'ont donc pas le monopole des psychodrames sous le drapeau tricolore... "J'aimerais plus de règles", souligne Simon. "Ou alors, si c'est vraiment libre, que chacun vienne avec son coach."

Le coaching, c'est le deuxième grand problème soulevé par Simon. Il n'apprécie pas que le capitaine de l'équipe de France, Guy Forget, lui donne des conseils sur son jeu. Rien que ça... "Qu'il ne me parle pas de mon jeu quand il est sur la chaise et moi sur le terrain", insiste Simon, sérieux. Le Niçois se considère comme une victime des préjugés de son capitaine sur la façon de jouer au tennis.

"Guy a une vision d'action et moi je joue plus en réaction. Guy était un attaquant. (...) Je respecte ça, mais ça ne colle pas du tout à ma façon de jouer. (...) Quand je jouais en Coupe Davis, j'écoutais vachement ses conseils, mais ça me parasitait plus qu'autre chose." Parasiter, voilà un terme qui sied parfaitement à la préparation des Bleus...