Gilbert, la tournée du patron

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Gilbert, la tournée du patron
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Bien entouré par son équipe Omega Pharma-Lotto, Philippe Gilbert n'a laissé aucune chance à ses rivaux pour s'imposer, comme l'an passé, dans le final de l'Amstel Gold Race. Le Belge devance Joaquin Rodriguez (Katusha) et Simon Gerrans (Sky). Impressionnant de facilité, Gilbert démarre au quart de tour la saison des classiques ardennaises.

Bien entouré par son équipe Omega Pharma-Lotto, Philippe Gilbert n'a laissé aucune chance à ses rivaux pour s'imposer, comme l'an passé, dans le final de l'Amstel Gold Race. Le Belge devance Joaquin Rodriguez (Katusha) et Simon Gerrans (Sky). Impressionnant de facilité, Gilbert démarre au quart de tour la saison des classiques ardennaises. Pour la première fois de la saison sur une grande classique, on a vu... du grand classique. Contrairement à Milan-San Remo, au Tour des Flandres ou à Paris-Roubaix, remportées par Matthew Goss, Nick Nuyens et Johan Van Summeren, l'Amstel Gold Race s'est offerte à son favori : Philippe Gilbert, vainqueur de l'épreuve néerlandaise pour la seconde année consécutive, une première depuis le quadruplé de Jan Raas entre 1977 et 1980. A la différence de Fabian Cancellara, livré à lui-même sur le Ronde et l'Enfer du nord, Gilbert a pu s'appuyer sur une équipe Omega Phama-Lotto parfaitement à la hauteur pour le placer idéalement avant la bosse finale. Le reste étant pratiquement une formalité. Gilbert avait parfaitement préparé son coup. Mercredi dernier, il avait affiché une forme étincelante en remportant avec autorité la Flèche Brabançonne. Pour l'Amstel, le Belge connaissait la recette. "Il faut que mes équipiers m'emmènent au Cauberg, prévenait-il avant de prendre le départ. La seule véritable interrogation de Gilbert, sûr de sa forme, était là. Son équipe Omega Pharma-Lotto allait-elle être assez forte pour résister jusqu'à la bosse finale à des adversaires venus en nombre, comme les Katusha (Kolobnev, Rodriguez, Ivanov...), les Rabobank (Gesink, Freire) ou encore les Leopard-Trek (Cancellara et les frères Schleck). Malheureusement pour elle, la formation luxembourgeoise aura été la victime du premier véritable incident de course. Tous les deux pris dans une chute à 27 kilomètres de l'arrivée, Franck Schleck et Fabian Cancellara voyait leurs chances s'envoler juste avant le Kruisberg, qui marque généralement le début de la grande bagarre. Devant, les échappées du jour repris (Degand, De Negri, Barredo et Ghyselinck), Kolobnev était le premier à faire exploser le peloton. En quelques coups de pédale, juste avant le Fromberg, le Russe décantait la course, qui voyait un groupe de vingt coureurs prendre le large. Gilbert, alors, était parfaitement entouré. Et le Belge pouvait compter sur son coéquipier de luxe, Jurgen van den Broeck, 5e du Tour de France 2010, pour imprimer un rythme suffisamment élevé pour dissuader les attaques. Conscient de ses limites dans une arrivée pour puncheur, Andy Schleck tentait tout de même sa chance à 12 kilomètres de l'arrivée. Gilbert laissait encore faire, puisqu'il comptait cette fois sur Vanendert pour assurer la poursuite, dans la mesure de ses forces. Vanendert cédait à 4 kilomètres du but, obligeant Gilbert à prendre ses responsabilités, et à rouler derrière Schleck, quitte à emmener ses rivaux dans la roue. Schleck abordait le Cauberg en tête, passant sous la flamme rouge avec quelques secondes d'avance, malheureusement insuffisantes. Joaquin Rodriguez passait alors à l'action, avant la riposte terrible de Gilbert, finalement intouchable malgré les efforts consentis dans les derniers kilomètres. Vainqueur devant Rodriguez et Gerrans, Gilbert s'annonce comme un prétendant sérieux pour la Flèche Wallonne mercredi et surtout pour Liège-Bastogne-Liège dimanche prochain. Et le Belge a prouvé qu'il était de taille à assumer la pancarte de favori.