Gignac: "Je ne suis pas rancunier"

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Gignac: "Je ne suis pas rancunier"
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André-Pierre Gignac s'est présenté mardi regonflé à bloc devant les medias, au Centre RLD, pour réitérer son attachement au club et son énorme envie de revenir à son meilleur niveau. « Dédé » est également longuement revenu sur son début de saison retardé et l'épisode de son vrai-faux départ le dernier jour du mercato. Sans langue de bois, il parle de Didier Deschamps.

André-Pierre Gignac s'est présenté mardi regonflé à bloc devant les medias, au Centre RLD, pour réitérer son attachement au club et son énorme envie de revenir à son meilleur niveau. « Dédé » est également longuement revenu sur son début de saison retardé et l'épisode de son vrai-faux départ le dernier jour du mercato. Sans langue de bois, il parle de Didier Deschamps. Que s'est-t-il passé dans la journée du 31 août dernier ? Le club a souhaité avoir un attaquant apte plus rapidement que moi, on va dire. J'ai encore un peu de temps devant moi avant de retrouver mon meilleur niveau. On m'a demandé d'aller voir si je pouvais bénéficier de temps de jeu ailleurs. Plusieurs clubs se sont manifestés. J'en ai choisi un (Fulham). J'y suis allé, tout s'est bien passé, et au dernier moment ils n'ont pas pu faire venir leur attaquant et donc je suis rentré à Marseille. Que vous inspire cette histoire ? C'est le football, c'est comme ça. Forcément, je m'attendais à avoir un peu de temps pour revenir à mon meilleur niveau. Après mon opération, c'était convenu comme ça. Après je comprends les impératifs d'un grand club, je sais qu'il faut avoir des résultats et en ce moment ce n'est pas le cas. Je sais aussi comprendre certaines positions, maintenant à moi de faire en sorte de bousculer ce qui s'est passé et de revenir encore plus fort. Je n'ai pas tout fait ce qu'il fallait l'année dernière pour être irréprochable, non plus. La position du club a été de vouloir un attaquant après le match de Lille, ça peut être compréhensible. Maintenant la page est tournée. Il ne faudra pas non plus une ou deux semaines pour que je revienne à mon meilleur niveau parce que ce que j'ai subi est quand même important comme opération chirurgicale. Je me donne le temps et dès que je serai à 100% je vais tout donner pour pouvoir bousculer cette hiérarchie. "Remonté comme une pendule pour mettre les choses au clair" N'avez-vous pas été surpris d'être expédié à Londres le dernier jour du mercato ? Forcément un peu. Je m'étais donné pour objectif de revenir après la trêve internationale. J'en avais parlé avec le staff qui m'avait répondu qu'il allait être patient. Ils m'ont demandé ça en fin de mercato, j'ai fait ce que l'on m'a demandé. Ca ne c'est pas fait, je suis rentré à Marseille, maintenant stop. On va repartir du bon pied, c'est une histoire oubliée, je ne suis pas rancunier. C'est comme ça, c'est mon club, je n'étais pas parti pour partir après l'opération. S'il fallait partir, je l'aurais fait. J'ai dit que je ne partirai pas sur un échec, c'était un prêt donc voilà, mais vraiment je reviens avec une force en plus. Honnêtement ! Quand on est touché dans sa fierté, dans on égo, on revient dix fois plus fort. Je peux vous dire qu'aujourd'hui je suis remonté comme une pendule pour mettre les choses au clair. Comprenez-vous l'attitude des dirigeants de l'OM ? C'est comme ça, c'est les impératifs de résultats, surtout dans un club comme Marseille où on n'a pas de victoire depuis quatre matches en championnat. C'est compliqué, je me mets dans la tête des personnes qui décident ici. On a un attaquant qui n'est pas encore à 100%, est-ce qu'on doit en faire venir un qui est à 100% ? C'est comme ça. Je ne suis pas rancunier, je vais me bouger le cul et je vais montrer que ce sera moi l'attaquant qu'ils attendent. Avez-vous aujourd'hui des garanties d'avoir du temps de jeu ? Ils n'ont pas eu leur attaquant ! Personne n'a de certitude, mais maintenant je sais que je vais tout faire pour en avoir. "Je lui ai dit que c'était une histoire oubliée" Comment ça se passe avec Didier Deschamps ? Peut-être que je n'ai pas la confiance du coach, mais je vais la retrouver. Je lui ai parlé le soir après la fin du mercato, on s'est dit ce que l'on avait à se dire. Je lui ai dit que c'était une histoire oubliée, que je ne voulais plus en parler, que c'était derrière nous. On passe à autre chose. Je n'ai pas de rancoeur, je ne suis pas un méchant garçon. J'ai un caractère volcanique, je suis fier, mais j'ai aussi envie de réussir et je n'ai pas envie de me mettre des bâtons dans les roues en ne serrant pas la main au coach, en lui faisant la gueule ou un truc comme ça. Ce que j'ai envie, c'est de réussir, marquer des buts, revenir à mon meilleur niveau. Ce que j'aime c'est le ballon, être sur le terrain, je ne vais pas ne pas lui serrer la main ou lui faire la gueule tous les jours pour qu'il me mette au placard. C'est oublié. De toute façon il vaut mieux que ce soit oublié, je ne peux plus partir maintenant, le mercato est fini. Je suis à l'OM et je reste à l'OM. C'est donc une deuxième saison pour Gignac à l'OM... Dans les différents clubs où je suis passé, je n'en ai pas fait beaucoup, j'en ai fait trois, Lorient, Toulouse et l'OM, et à chaque fois, les premières années ont été très difficiles pour moi. Vraiment, à Toulouse, je ne sais pas si vous vous en souvenez, cela avait été catastrophique. Certes, je n'avais pas subi d'intervention chirurgicale, mais après j'ai eu le mental nécessaire pour revenir et m'imposer. C'est ce que je compte faire à l'OM, avec encore plus de détermination puisque c'est un grand club et c'est le club de mon coeur. Je vais m'atteler à tout faire pour. Où en êtes-vous physiquement ? C'est le rythme du match qui me manque, le travail foncier, le cardio, j'ai fait tout ce qu'il fallait, maintenant ce qui me manque c'est le terrain. Avoir du rythme en match, du temps de jeu, pour revenir à mon meilleur niveau et travailler comme un forcené à l'entraînement pour retrouver ces sensations. Vous accordez-vous encore une chance d'être sélectionné avec les Bleus pour l'Euro 2012 ? Bien sûr que je m'accorde encore une chance, encore heureux. Je suis ambitieux et je sais que ça ne passera que par une très, très grande saison à Marseille, parce qu'il y a des attaquants qui marchent très bien, notamment un qui est monstrueux, il y en a un derrière qui marche très bien aussi, ça fait trois saisons qu'il est au top avec Lorient et là avec le PSG. Je suis persévérant et assez têtu. Je vais faire ce qu'il faut pour accrocher ça, par ce qu'avec l'équipe de France, je n'ai pas envie de rester sur une mauvaise note.