Geslin: "Plus dur que prévu"

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Geslin: "Plus dur que prévu"
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Arrivé il y a quelques jours à Melbourne, Anthony Geslin a été surpris par la difficulté du tracé de la course en ligne des Championnats du monde, prévue dimanche. Le coureur de la FDJ, dernier médaillé français lors des Mondiaux, voit un puncheur comme Philippe Gilbert s'imposer, même s'il croit les Tricolores capables de faire un coup. Comme il l'avait fait à Madrid en 2005.

Arrivé il y a quelques jours à Melbourne, Anthony Geslin a été surpris par la difficulté du tracé de la course en ligne des Championnats du monde, prévue dimanche. Le coureur de la FDJ, dernier médaillé français lors des Mondiaux, voit un puncheur comme Philippe Gilbert s'imposer, même s'il croit les Tricolores capables de faire un coup. Comme il l'avait fait à Madrid en 2005. Anthony, comment se sont passés vos premier pas à Melbourne ? Les premiers jours ont été difficiles à cause du décalage horaire et du voyage. Les 20 heures d'avion ont été longues et fatigantes. Sans parler du décalage horaire qui est sans doute le plus compliqué. On a fait des entraînements légers les deux-trois premiers jours. Et mercredi on a fait une bonne sortie, bien intensive, pour remettre les jambes en place. Dans quel état d'esprit êtes-vous avant dimanche ? Tout va bien. La cohésion est bonne dans l'équipe. On a un bon groupe, on s'entend bien. Les entraînements se sont bien passés. Par contre, le parcours, lui, est un peu différent de ce à quoi on s'attendait. Tout le monde disait que c'était promis aux sprinteurs. Mais c'est bien plus dur que prévu. Le parcours convient donc mieux à un puncheur qu'à un pur sprinteur ? C'est certain. Ça semble promis à Gilbert, même si ce sont les circonstances de course qui vont déterminer le vainqueur. Un championnat, c'est toujours compliqué. Mais Gilbert a le profil idéal pour s'imposer. "Il faut y croire" Quelle sera la tactique des Français ? Sylvain Chavanel disait qu'aucun coureur ne serait protégé et que tout le monde aurait sa chance... Exactement. On n'a pas, en France, un coureur comme Gilbert ou Pozzato, capable d'annoncer la couleur et de dire: "Au dernier tour, je vais en mettre une et jouer la gagne". Si on est là, c'est que chacun d'entres nous a aussi des qualités sur le terrain, mais ce ne sera pas évident. Il faudra soit partir dans un coup de loin, soit jouer avec les équipiers des "gros". Si l'un d'entres eux part, ils vont peut-être se marquer à la culotte. La tactique, ce sera de jouer un coup d'avance, et de ne pas être complexés. Et puis rien ne dit que l'un d'entre vous ne pourra tirer son épingle du jeu dans un petit groupe, comme vous-même l'avez fait à Madrid en 2005 (3e) ? Il faut y croire. En 2005, quand je fais "trois", personne ne s'attendait à ce que je sois sur le podium et que je ramène une médaille de bronze. A deux mètres près, Tom Boonen me devance et est champion du monde. Il faut y croire. En arrivant devant, avec les meilleurs, c'est possible. J'avais eu des circonstances de course favorables ce jour-là. Mais ça peut se reproduire cette année. On a des coureurs capables de ramener des médailles. Il ne faut pas se fier qu'à la force pure. Il n'y a donc pas de complexes à avoir... Si on s'est tapé 20 heures d'avion, plus le décalage horaire, pour ne pas y croire, il fallait rester à la maison. C'est le mot d'ordre. "L'équipe d'Italie est forte" C'est le message que vous avez souhaité faire passer aux plus jeunes, comme Yoann Offredo (FDJ) et Cyril Gautier (Bbox), qui vont connaître leur première sélection à 23 ans ? Pas besoin. Ce ne sont pas des jeunes qui sont complexés par rapport aux meilleurs coureurs internationaux. Yoann Offredo l'a montré dans sa façon de courir cette année (Le coureur de la FDJ était notamment échappé dans le final de Milan-San Remo, et a pris la 3e place du GP de Plouay, ndlr). C'est pareil pour Cyril Gautier. Il faudra même peut-être un petit peu le cadrer. Mais s'il a l'occasion d'en mettre une à un ou deux tours de la fin, il ne se gênera pas. Le favori, donc, c'est Philippe Gilbert ? Je vais rester classique et pronostiquer un Gilbert, qui est apparu très fort sur la Vuelta, ou un Pozzato. Après, il peut y avoir une surprise. L'équipe d'Italie est forte, avec des coureurs comme Nibali qui sont vraiment des très bons grimpeurs. Bettini doit être un des seuls managers d'équipe qui est venu repérer le circuit. Son équipe n'est pas constituée au hasard (*). Bennati passe bien les bosses, il est en forme, mais il n'a pas été pris. Il y a bien une raison. Il a pris des coureurs comme Visconti, qui grimpent bien, et qui ont une bonne pointe de vitesse. (*) Paolo Bettini a retenu les neuf coureurs suivants: Giovanni Visconti (ISD), Filippo Pozzato (Katusha), Vincenzo Nibali et Daniel Oss (Liquigas), Luca Paolini (Acqua Sapone), Francesco Gavazzi (Lampre), Matteo Tosatto (Quick Step), Marco Pinotti (HTC-Columbia) et Marzio Bruseghin (Caisse d'Epargne). Des sprinteurs comme Daniele Bennati (Liquigas) ou Alessandro Petacchi (Lampre) ont par exemple été écartés.