Genia, l'autre demi...

  • A
  • A
Genia, l'autre demi...
Partagez sur :

Marc Lièvremont, qui a sélectionné deux chasseurs de 10 pour le contrer, et tous les joueurs de l'équipe de France n'ont d'yeux que pour Quade Cooper, le génial demi d'ouverture de l'Australie. Mais son compère de la charnière, Will Genia, absent contre l'Italie en raison d'une blessure aux côtes, sera aussi l'un des hommes à surveiller par le XV de France samedi au Stade de France.

Marc Lièvremont, qui a sélectionné deux chasseurs de 10 pour le contrer, et tous les joueurs de l'équipe de France n'ont d'yeux que pour Quade Cooper, le génial demi d'ouverture de l'Australie. Mais son compère de la charnière, Will Genia, absent contre l'Italie en raison d'une blessure aux côtes, sera aussi l'un des hommes à surveiller par le XV de France samedi au Stade de France. Pour l'un, c'était "Greegs", pour l'autre "The Next". En novembre 2009, au coeur d'une tournée automnale de l'autre côté de la Manche, Matt Giteau et Quade Cooper s'amusaient des comparaisons établies par la presse britannique entre Will Genia et George Gregan, son illustre prédécesseur à la mêlée australienne. La corde était trop grosse pour que les journalistes anglo-saxons ne tirent pas allègrement dessus. Et l'intéressé, dans un sourire timide, bottait alors en touche. "George Gregan est une icône pour l'homme qu'il est et le joueur qu'il a été. C'est un peu une blague d'avoir mon nom cité dans la même phrase que le sien", déclarait-il à ceux qui l'interrogeaient sur le sujet. Un an après, Genia s'est fait un nom, comptabilisant une vingtaine de sélections avec les Wallabies. Mais les comparaisons sont parfois têtues et Morgan Parra, qui fera face à Genia samedi au Stade de France lors du dernier rendez-vous de l'année des deux équipes à moins d'un an de la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, était invité cette semaine à Marcoussis à se pencher dessus. "Je n'ai jamais joué contre Genia mais je le connais pour l'avoir vu dans le Super 14 et avec l'Australie à la télé", déclarait-il. "C'est un joueur qui est moins meneur que George Gregan, qui ne parle pas beaucoup. Par contre, il a une grosse technique individuelle, c'est un gros porteur de ballon." Un goût prononcé pour la gagne Un joueur né en Papouasie-Nouvelle-Guinée, là où son père s'est imposé comme un homme politique de tout premier plan, avant d'émigrer en 2000 en Australie où il découvre le rugby au très chic Brisbane Boys' College, où il côtoie notamment James Horwill. "Ma chance était de venir d'une île. Tout le monde a supposé que je devais être bon au rugby", déclarait-il l'année dernière aux médias britanniques, intrigués par ce petit bonhomme d'1,74 mètres, capable de mettre l'Angleterre à terre pour son premier match en Europe, quittant Twickenham avec le trophée de meilleur joueur du match en récompense de sa passe décisive pour Giteau et de son essai personnel tout en appuis pour tromper la ligne adverse. "Il a pris de bonnes décisions, ça doit être dans son sang je suppose", confie alors Kilroy Genia, le paternel, dans les colonnes du Daily Telegraph, faisant le portrait d'un enfant attentif et mature, doté déjà d'un goût prononcé pour la gagne dans la cour d'école. "C'était en lui déjà enfant. Il était déterminé et a toujours voulu gagner." Une détermination qui lui permet de faire ses débuts dans le Super 14 à seulement 19 ans sous le maillot du Queensland, au côté d'un certain Quade Cooper, le centre d'attraction de cette équipe australienne, avant de fêter sa première sélection contre la Nouvelle-Zélande en ouverture du Tri Nations 2009. Depuis, Genia, dont le frère Francis joue pour l'équipe nationale de Papouasie-Nouvelle-Guinée, est devenu le demi de mêlée indéboulonnable des Wallabies, loué pour sa passe et la qualité de ses appuis. Loin des 139 sélections, un record mondial, de Gregan. Mais avec tout l'avenir devant lui du haut de ses (bientôt) 23 ans...