Gelabale prend de la place

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Gelabale prend de la place
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Il est, à 28 ans, l'un des cadres de l'équipe de France qu'il aurait pu ne pas rejoindre cet été en raison d'un deuil familial. Mickael Gelabale, l'un des rares à avoir surnagé lors de la fessée reçue en Espagne mercredi (53-77), est à son aise depuis le début de la préparation à l'Euro (31 août-18 septembre). Sixième homme de luxe, l'ailier des Bleus pourrait, à ce rythme-là, voir son rôle évoluer.

Il est, à 28 ans, l'un des cadres de l'équipe de France qu'il aurait pu ne pas rejoindre cet été en raison d'un deuil familial. Mickael Gelabale, l'un des rares à avoir surnagé lors de la fessée reçue en Espagne mercredi (53-77), est à son aise depuis le début de la préparation à l'Euro (31 août-18 septembre). Sixième homme de luxe, l'ailier des Bleus pourrait, à ce rythme-là, voir son rôle évoluer. Mickael Gelabale sait désormais qu'il sera du voyage en Lituanie depuis que Vincent Collet a annoncé sa liste définitive, renvoyant Ali Traoré et Abdoulaye M'Baye à la maison mercredi matin. L'ex-Villeurbannais, libre de tout contrat cet été et qui a signé, ces dernières heures, un contrat avec l'ambitieux club belge de Charleroi, n'a jamais été inquiété par le «cut» final de son sélectionneur. Il est, fort de 53 sélections, devenu l'une des pierres angulaires de l'équipe de France qu'il fréquente depuis 2005, même s'il ne bénéficie pas de la même exposition médiatique que certains. Plutôt discret, le garçon de 28 ans ne fait jamais trop de bruit, préférant faire parler son talent sur les parquets. A 28 ans, le Guadeloupéen s'apprête à disputer son quatrième grand Championnat après l'Euro 2005 et les Mondiaux 2006 et 2010. Pourtant, il s'en est fallu d'un rien pour qu'il rate le rendez-vous lituanien. Frappé début juillet par le décès de son père, le MVP français du dernier Championnat de France a longtemps hésité à répondre à l'appel. "Une partie de moi est restée en Guadeloupe, confiait-il il y a peu dans les colonnes de L'Equipe. Franchement, je ne savais pas si j'allais revenir en équipe de France. Je voulais rester auprès de ma famille. Mais ils m'ont poussé, m'ont dit de le faire pour lui. C'est pour ça que je suis là aujourd'hui. Pour lui. Sinon, je ne pense pas que j'aurais eu la force." Touché au plus profond de son être, Gelabale jouera donc en mémoire de son paternel, les pieds sur les parquets, le coeur vers son île natale. La bonne adresse Depuis qu'il est revenu en France, après avoir passé le début de l'été à s'entraîner le plus souvent aux Etats-Unis, l'ancien joueur NBA donne la pleine mesure de ses moyens, en attestent ses sorties lors des trois premiers matches de préparation. S'il a été discret lors de l'acte 2 face au Canada, il avait frôlé le sans faute la veille lors du premier match, en collant 15 points en 17 minutes à 6 sur 7 au tir. Face à l'Espagne mercredi, il a été l'un des seuls à exister dans la déroute, marquant 9 points en 28 minutes tout en se démenant en défense, comme à son habitude. Ses 61% d'adresse jusque-là, pour 8.6 points et 3.3 rebonds en 21 minutes, font de lui l'un des Bleus les plus rentables actuellement, avec Parker et Diaw. Voilà qui pourrait faire évoluer son rôle. Sur un poste qu'il partage avec Nicolas Batum, complètement passé au travers à Alméria, Gelabale joue pour l'instant les remplaçants de luxe. S'il ne passera sans doute pas devant l'ailier des Blazers dans la rotation, l'ancien Villeurbannais pourrait bénéficier du moindre changement tactique de Vincent Collet pour entrer dans le cinq de départ. S'il veut jouer «grand», le sélectionneur tricolore possède toujours sous le coude la possibilité de décaler Batum à l'arrière et d'ainsi libérer la place à Gelabale au poste 3, Nando De Colo faisant alors les frais d'un tel schéma. Pas obnubilé par l'idée de démarrer, l'ancien Sonic de Seattle veut surtout apporter son écot dans une équipe qu'il pense capable de monter sur le podium. Une médaille, si elle venait récompenser un beau parcours tricolore en Lituanie, qu'il saurait à qui dédier.