Gautier: "Rivaliser le plus vite possible"

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Gautier: "Rivaliser le plus vite possible"
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Alain Gautier est à pied d'oeuvre cette semaine pour mener le défi français d'Aleph lors de la première étape de l'America's Cup World Series à Cascais au Portugal. Associé à Bertrand Pacé, récent vainqueur du Tour de France, le héros du Vendée Globe 1993 poursuit l'apprentissage de la nouvelle arme de la compétition, l'AC 45, miniature des futurs AC 72. Entre deux débriefings, il fait le point sur un premier week-end de course où Aleph a navigué face à des équipages plus rodés.

Alain Gautier est à pied d'oeuvre cette semaine pour mener le défi français d'Aleph lors de la première étape de l'America's Cup World Series à Cascais au Portugal. Associé à Bertrand Pacé, récent vainqueur du Tour de France, le héros du Vendée Globe 1993 poursuit l'apprentissage de la nouvelle arme de la compétition, l'AC 45, miniature des futurs AC 72. Entre deux débriefings, il fait le point sur un premier week-end de course où Aleph a navigué face à des équipages plus rodés. Alain, comment s'est passé ce premier week-end de compétition au Portugal et quel premier bilan pouvez-vous tirer de ces courses en flotte avec le défi Aleph (le multicoque français est huitième au classement, ndlr)? On est tout d'abord très heureux d'être ici car tout le monde attendait ça avec impatience. Pouvoir naviguer aussi car on a clairement un petit déficit d'entraînement sur ce bateau. On voit que le classement général est le reflet de ça puisque les derniers sont ceux qui ont le moins navigué. On sait que les grosses équipes ont énormément navigué entre avril et juin, ce n'est donc pas avec nos dix jours d'entraînement qu'on va rivaliser avec eux. L'objectif est vraiment de le faire plus vite possible. On est un petit déçu c'est clair car on aurait aimé être un peu plus près du groupe de leader. Je pense que la 5e place est atteignable puisqu'on l'a déjà fait sur une manche. On doit pouvoir le refaire sans problème, il nous manque juste un peu de constance et plein de petits détails notamment sur les manoeuvres. Quand vous êtes face à de grosses équipes, il est évident que ça ne pardonne pas. Bertrand Pacé semblait retenir que vous preniez peu à peu la maitrise de ce nouvel outil qu'est l'AC 45. Est-ce cela surtout que vous retenez de ce premier week-end, plus que les résultats ? Oui bien-sûr. C'est sûr qu'entre s'entraîner tout seul où l'équipage manoeuvrait déjà très bien mais sans pression et là avec des limites de parcours qu'ils faut respecter et une pression supplémentaire, automatiquement, on a perdu un peu ce qu'on avait acquis à l'entraînement. Il faut apprendre à naviguer avec cette pression, les autres bateaux, les parcours et ne pas faire d'erreurs. C'est ce qui nous manque, pouvoir s'entraîner avec d'autres bateaux avec une configuration de course qui est bien sûr le meilleur entraînement possible. Comment se passe la coopération à bord avec Bertrand Pacé qui rentre tout juste du Tour de France à la voile qu'il a remporté ? Détaillez-nous votre mode de fonctionnement et vos axes de dialogue entre vous qui êtes à la barre et lui plus chargé d'étudier le fonctionnement de cette fameuse aile rigide... On essaye de s'appréhender mutuellement, de créer des automatismes, avec le reste de l'équipe également d'ailleurs car les manoeuvres sont très importantes sur ce genre de parcours. Il faut absolument trouver des automatismes dans la communication, les gestes, les procédures à adopter notamment sur les phases de départ qui sont essentielles. A partir de là, il faut trouver une routine pour essayer de partir le mieux possible. On a su le faire une fois mais hélas la manche a été annulée (samedi, faute de vent, ndlr). "L'AC 45, un bateau vraiment top" Comment appréhendez-vous le fonctionnement de cette aile rigide qui fait tant parler et dont il faut apprendre les subtilités via cet AC 45 ? C'est un engin redoutable. On sait qu'elle a une puissance redoutable par contre il faut trouver les petites astuces pour l'exploiter le mieux possible. Là encore, il faut des heures et des heures car il y a plusieurs types de réglages et automatiquement on voit des différences assez importantes entre les différents bateaux. Maintenant qu'on a commencé à naviguer, on a les visionnages des autres bateaux ce qui nous aide beaucoup. Car, si on tâtonne trop longtemps, on perd vraiment beaucoup de temps. Ça va nous permettre de progresser plus vite. Quel est le programme du coup des prochains jours, tenter de débriefer au maximum ce premier week-end de course avant les premiers duels en match racing ? Tout à fait, on était justement à l'instant en plein débrief sur la forme des voiles parce qu'on a fait des voiles sans connaitre le bateau. C'est difficile de faire des voiles sans jamais avoir navigué sur le bateau. Il faut donc les recouper, les réadapter parce qu'à priori, on s'est un peu trompé ce qui est un peu logique aussi vu que personne n'y avait navigué avant ! Il y a plein de petits détails comme ça qui vont nous faire progresser de manière significative, je l'espère. Beaucoup de travail à effectuer mais aussi sans doute énormément de plaisir à manoeuvrer ses bêtes de course... Quel est votre ressenti sur ces catamarans de 45 pieds ? Ah oui, le maniement du bateau en lui-même est vraiment super ! Ce qui est plus problématique est l'aile en elle-même car elle demande une logistique assez lourde, même quand on sort le bateau de l'eau. Ce n'est plus du tout la même philosophie qu'un bateau classique, il faut donc se remettre au gout du jour, réapprendre à naviguer et à manutentionner ce genre d'engins mais c'est passionnant. C'est vraiment top ! On a aussi l'impression d'être face à des équipes de très haut niveau. Clairement, le team New Zealand, de ce qu'on avait vu à l'entraînement la veille de la course, était au-dessus du lot. Ils sont en tête du classement. J'ai l'impression qu'il a un petit plus par rapport à tous les autres. Derrière, on retrouve trois bateaux qui vont très bien avec les deux Oracle et Artémis. Et puis, il y a cette fameuse cinquième place à accrocher, celle qu'il faut qu'on vise dans un premier temps avant d'être plus ambitieux. La cinquième place, est-ce désormais l'objectif avant la fin de cette manche de Cascais ? C'est l'objectif du 14 août. Puisqu'il faut le dire, c'est la seule manche qui compte vraiment (servant à établir le classement de ces World Series à Cascais, ndlr). C'est celle-là où il faudra être le plus au point possible. L'objectif, c'est la cinquième place. On sait qu'on peut y arriver, on l'a déjà fait sur une manche avec la possibilité de gagner une ou deux places. Les autres ne sont pas si loin par moment. C'est aussi travailler sur les phases où on est moins bien, les manoeuvres, les sorties de manoeuvres... On doit pouvoir faire cinquième !