Gajan: "Une question d'équilibre"

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Gajan: "Une question d'équilibre"
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Une nouvelle ère s'est ouverte à Bayonne. Avec le retour en force d'Alain Afflelou, le club basque s'est offert un recrutement quatre étoiles qui, s'il suscite l'engouement légitime des supporters, laisse le manager Christian Gajan de marbre. Conscient que dans l'attente de ses recrues, retenues pour la plupart par la Coupe du monde, son groupe va devoir assumer ces nouvelles ambitions.

Une nouvelle ère s'est ouverte à Bayonne. Avec le retour en force d'Alain Afflelou, le club basque s'est offert un recrutement quatre étoiles qui, s'il suscite l'engouement légitime des supporters, laisse le manager Christian Gajan de marbre. Conscient que dans l'attente de ses recrues, retenues pour la plupart par la Coupe du monde, son groupe va devoir assumer ces nouvelles ambitions. Christian, à l'aube de cette nouvelle saison, que conservez-vous d'un dernier exercice à la tête de l'Aviron qu'on a deviné aussi frustrant qu'éprouvant pour votre équipe ? Avant tout, ce qu'il reste de la saison dernière, c'est un travail collectif, qui n'est pas à refaire et sur lequel on peut s'appuyer, avec des joueurs qui se sont comportés de manière remarquable, avec un état d'esprit ; autant d'éléments qui font que l'on a repris la saison dans la continuité de ce qui a été fait et avec la volonté d'améliorer les choses. Ce vécu dans un contexte extra-sportif difficile, c'est selon vous un atout sur lequel votre groupe peut désormais s'appuyer ? Oui, je le crois, c'est une base d'autant plus importante que nous avons conservé les vingt-quatre joueurs encore sous contrat, c'est important, même si d'autres sont partis. Nous avons accompli un recrutement, qui s'avère somme toute de qualité, mais raisonnable en nombre ; par contre, nous avons intégré une douzaine de jeunes joueurs issus du club, qui ont déjà débuté la saison avec nous, ce qui contribue aussi à assurer cette continuité sur laquelle on entend s'appuyer. "Bien sûr, on ne va pas faire la fine bouche" "Un recrutement de qualité" voilà qui est pudiquement dit. Vous comprenez, on l'imagine, que l'arrivée des Rokocoko, Heymans, Tialata, Phillips... suscite immanquablement des attentes... Oui, j'en suis conscient, mais je aussi raisonnable. Nous avons aussi perdu des joueurs d'envergure internationale comme Rémy Martin, Jean-Baptiste Peyras ou Craig Gower, des joueurs de très haut niveau, tels qu'Arnaud Héguy, Sébastien Fauquet... On a pallié ces départs par six joueurs de très haut niveau à des postes précis. Bien sûr, on ne va pas faire la fine bouche, il s'agit de bons joueurs, et j'en suis le premier satisfait, mais aussi des hommes de qualité, donc je ne me fais aucun souci quant à leur intégration dans le collectif. C'est aussi pour cela qu'ils ont été choisis. Cela doit nous apporter une valeur ajoutée, même si ce n'est pas tout de suite, la plupart d'entre eux étant concernés par la Coupe du monde. L'entraîneur que vous êtes est-il vigilant face au possible relâchement que pourrait susciter au sein du groupe l'arrivée de telles pointures ? Vigilant, je le suis bien sûr, mais il faut savoir que le club s'appuie sur une base de travail vieille de dix ans, des gens ont travaillé avant nous, qui avons la chance de prendre le relais et d'essayer de continuer à faire avancer le club. Pour cela, le groupe de joueurs en place l'année dernière a d'ores et déjà entamé la nouvelle saison sur de bonnes bases. Surtout, ce sont des compétiteurs, qui sont ravis de voir arriver au club des joueurs en mesure de les faire progresser. Le tout, c'est de trouver un équilibre et d'être honnête avec tous. Ça a été le cas, ils ont toujours été informés en heure et en temps de nos choix et de nos avancées. Tout le monde souscrit, l'état d'esprit est excellent et je ne sens pas de tensions susceptibles de naître, bien au contraire, je ressens de la part de tous une envie de faire mieux encore. Avec ce Top 14 privé de ses internationaux sur son entame, l'intégration de jeunes joueurs au sein de l'effectif constitue une donnée importante ? Bien sûr parce qu'il s'agit d'un recrutement à deux étages avec des recrues importantes, mais aussi des recrues de l'intérieur, nos meilleurs jeunes, qui pour la plupart sont souvent internationaux dans les meilleures catégories de jeunes. A un moment donné, il faut savoir leur donner la chance. Encore une fois, c'est une question d'équilibre. Le fait de faire débuter certains en ce début de saison n'est pas handicapant, bien au contraire, ça donnera l'opportunité à d'autres de se montrer et à l'équipe de garder une certaine constance. "Je regrette les dégâts humains" Avec le Champion de France toulousain pour premier adversaire à Jean-Dauger en ouverture du Top 14, la Ligue vous a-t-elle fait un cadeau empoisonné ? Oui, c'est très excitant, mais c'est aussi très difficile. On connaît Toulouse, il y a beaucoup d'internationaux à la Coupe du monde, mais il y en a aussi beaucoup restés au club. Quand on fait l'équipe aujourd'hui, elle est composée de joueurs de grande qualité, mais aussi revanchards pour certains d'entre eux. Donc je ne me fais guère d'illusions quant à l'état d'esprit avec lequel les Toulousains aborderont cette rencontre. A nous d'être très vigilant et efficaces tout de suite. Personnellement, après une dernière saison faite de rumeurs incessantes autour de votre avenir, est-ce serein et apaisé que vous abordez ce nouvel exercice ? Vous savez, en tant qu'entraîneur, c'est notre travail. Maintenant, il y a eu quelques problèmes, je dirai, politiques, autour de la direction, ou en tout cas de croissance du club. Ce que je regrette, c'est qu'il y ait des dégâts humains parce que des gens, des Bayonnais, qui avaient travaillé dans ce club depuis une dizaine d'années, restent sur le carreau au moment où le club continue de grandir. Ces dégâts humains ne sont jamais agréables. J'espère qu'avec le temps, les choses s'apaiseront et s'arrangeront. En tout cas, à l'heure actuelle, avec l'équipe dirigeante, les choses sont claire et nettes, fonctionnent bien et j'espère que ça continura ainsi, il n'y a pas de raison.