Furlan: "J'ai confiance en cette équipe"

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Furlan: "J'ai confiance en cette équipe"
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Avec 14 joueurs de moins de 21 ans au sein de son groupe professionnel, Troyes s'avance dans cette saison 2011-2012 de Ligue 2 sans véritables repères. L'entraineur troyen, Jean-Marc Furlan, s'il reconnaît que son équipe est en retard à quelques jours de la reprise, reste optimiste et serein.

Avec 14 joueurs de moins de 21 ans au sein de son groupe professionnel, Troyes s'avance dans cette saison 2011-2012 de Ligue 2 sans véritables repères. L'entraineur troyen, Jean-Marc Furlan, s'il reconnaît que son équipe est en retard à quelques jours de la reprise, reste optimiste et serein. La fin de la saison passée a été délicate pour Troyes, qui s'est sauvé lors de l'avant dernière journée. A-t-elle encore des répercussions psychologiques sur le groupe ? Si on revient sur la saison passée, à la 29e journée, on joue contre Sedan. Si on gagne, on est dans les trois premiers. Ce qui prouve bien qu'avec la victoire à trois points, les six derniers matches font le championnat. Tous les ans, c'est pareil. On a fait une saison assez tranquille finalement, jusqu'au 15 avril. Après, c'est vrai que l'on s'est fait une grosse frayeur. Je crois que cette fin de saison a renforcé le groupe, du moins je l'espère, parce que depuis trois ans, depuis qu'il a connu la possibilité de monter en Ligue 1 (en mars 2008, il avait 12 points d'avance sur le 4e, ndlr), tous les entraîneurs qui défilent se retrouvent avec ce spectre au-dessus de la tête. Et moi, je l'ai vraiment ressenti, ce spectre. Maintenant, on a conjuré le sort avec beaucoup de jeunes et beaucoup de volonté. Les garçons ont pu montrer leur caractère. J'espère que ça leur a donné plus de force pour cette année. Personnellement, ce maintien a-t-il constitué une satisfaction ? En ce qui me concerne, je m'étais dit qu'il y avait une sorte de fatalité depuis trois ans, que j'étais un chat noir, alors que tout s'était bien passé pendant mes huit premières saisons en tant qu'entraîneur. Quand on est à fond dans le système, on prend moins de recul, alors que quand on en prend après, on sait bien que ça n'a rien à voir avec la destinée, qui fait que tout vous retombe dessus. Au final, on a fait une bonne saison. On a tendance dans le football à faire comme au théâtre ou au cinéma, à regarder la fin et non pas la saison dans son ensemble. Vous avez perdu plusieurs cadres durant l'intersaison (Carlier, Marester, Sanz notamment), il y a quatorze joueurs de moins de 21 ans dans l'effectif. Ne craignez-vous pas l'inexpérience de votre effectif ? Oui, effectivement, c'est ce que je redoute. Mais je vais faire preuve de patience et de sérénité. Le championnat est très long, on a le temps de faire un point en janvier. Maintenant, c'est vrai qu'on a perdu deux cadres très importants dans le groupe. Carlier, si j'avais vraiment eu les moyens financiers, j'aurais tout fait pour le garder. Eric Marester, son départ était programmé par lui et par nous. C'étaient deux cadres des vestiaires, c'est vrai qu'ils étaient importants. L'équipe manque un peu de maturité, c'est ce qu'on redoute. "Gagner quelques places par rapport à la saison passée" Vous évoquez la justesse quantitative de votre effectif. Attendez-vous encore des recrues pour encadrer tous vos jeunes ? Je pense qu'on peut faire encore une recrue, on va voir si on prend un milieu ou un attaquant de pointe. Après, on ne pourra plus acheter, à moins de départs. C'est vrai que le fait d'être obligé de vendre pour l'instant ne nous met pas en situation de progrès. Pour autant, cela ne nous empêche pas d'être ambitieux et de chercher à gagner quelques places par rapport à la saison passée. En juin 2012, on n'aura plus le dossier DNCG sur les épaules, on aura effacé le traumatisme financier de la descente en National. On pourra alors refuser de vendre nos jeunes et chercher à progresser. Un mot sur le stage de préparation, effectué à Morzine. Thomas Joubert, le nouveau préparateur physique, y faisait ses débuts. Comment s'est passée son intégration ? Parfaitement. Cela me soulage énormément. La partie athlétique est éminemment importante, elle doit être planifiée par un spécialiste et validée par l'ensemble du staff. C'est un travail de recherche, de réflexion et d'encadrement du groupe au quotidien. J'ai laissé beaucoup de force l'année dernière dans ce domaine. Je pense que l'arrivée de Thomas va me permettre de prendre plus de hauteur, de juste planifier avec lui, de valider ses choix. C'est quelque chose de très important pour mon bien-être quotidien. A notre époque, un entraîneur est avant tout un manager, qui exerce son leadership sur son équipe. C'est très important qu'il y ait plusieurs cerveaux qui s'occupent du groupe. Vous avez subi deux défaites en amical contre Guingamp (0-2) et le Red Star (0-1). Est-ce que cela ne sonne pas comme un signal d'alarme ? Tout à fait. De toute façon, les équipes de football, les grandes ou les petites, ont toujours besoin d'alarmes. L'an passé, on n'était pas prêts et on le savait, on a pris des points à partir de la 3e journée. Même si je pense qu'on est en retard, on ne va pas être les seuls à l'être en début de saison. Et à la limite, je préfère qu'il en soit ainsi. Les footballeurs, en règle générale, il vaut mieux qu'ils perdent les matches amicaux, pour ne pas s'endormir sur leurs lauriers. J'ai confiance en cette équipe. Il faudra éviter les blessures, car on n'a pas de banc fantastique. "Notre bonheur passe par des victoires à domicile" Vous avez terminé la saison passée au 19e rang à domicile. N'y a-t-il pas un petit syndrome Stade de l'Aube ? C'est le gros challenge. Mon président m'a dit qu'il était prêt à échanger zéro victoire à l'extérieur contre un carton plein à domicile. La formule est claire: notre bonheur passe par des victoires, ou même rester invaincus, à domicile. C'est notre obsession. Mais c'est vrai qu'il reste un petit syndrome à domicile, notamment chez les anciens. L'an passé, on a dominé toutes les équipes à domicile, mais on a manqué d'efficacité devant le but, en vendangeant un nombre incalculable d'occasions. Quels sont les objectifs cette saison ? Est-ce une saison de transition ? Malgré le fait que l'on se soit séparé de plusieurs joueurs, pour seulement deux arrivées, on a pour objectif de faire une meilleure place que la saison dernière. Le président souhaiterait qu'on soit dans les dix premiers. L'objectif suprême restant de se maintenir en Ligue 2, c'est le challenge majeur sur le plan économique aussi. Quand on est en Ligue 2, on peut tout espérer, y compris rêver de la Ligue 1. Ceci dit, nos cadres voient les choses de façon complètement différente, ils se voient en Ligue 1 à la fin de la saison. Mais ambitions et objectifs sont deux choses bien distinctes. Vous avez été entraîneur de Strasbourg entre 2007 et 2009. Que pensez-vous de la descente aux enfers actuelle du Racing ? C'est la descente aux enfers, oui. Quand j'étais là-bas, en novembre 2007, on était alors sixièmes en Ligue 1. Je me rappelle avoir dit à mes dirigeants que l'atmosphère qu'il y avait dans ce club, la façon dont les médias traitaient l'équipe, mettaient en danger de mort le club. Il y avait pas mal de retard dans le fonctionnement, un manque de considération politique et médiatique de l'équipe et du club. Il n'y avait aucune cohésion autour du Racing, un esprit délétère. A la fois, ça me désole, parce que c'est un des plus belles villes de France, mais en même temps, je l'avais senti à l'époque, j'avais alerté les dirigeants. A l'époque, ils m'ont pris pour un fou.