Fritz, l'incompris...

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Fritz, l'incompris...
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Expulsé sévèrement dimanche face aux Wasps, Florian Fritz a bien malgré lui grossi le trait qui n'en finit plus de dépeindre le trois-quarts centre toulousain comme un joueur à problèmes. Un carton rouge qui aura pesé dans la défaite, synonyme d'exil pour les Champions d'Europe en quarts de finale, et conclu pour Fritz une semaine noire après sa non sélection pour le Tournoi.

Expulsé sévèrement dimanche face aux Wasps, Florian Fritz a bien malgré lui grossi le trait qui n'en finit plus de dépeindre le trois-quarts centre toulousain comme un joueur à problèmes. Un carton rouge qui aura pesé dans la défaite, synonyme d'exil pour les Champions d'Europe en quarts de finale, et conclu pour Fritz une semaine noire après sa non sélection pour le Tournoi. "Le carton rouge me paraît sévère, mais il y est, donc il faut faire avec. Quand on commence à jouer autant de temps à quatorze devant ce genre d'équipes, c'est malgré tout très difficile. Malgré tout, on est revenus..." Guy Novès, à chaud, n'en dira pas plus. L'expulsion de son trois-quarts centre, Florian Fritz, dimanche dès l'entame de la seconde période d'un dernier match de poules décisif pour la qualification en quarts de finale de la H-Cup a bien sûr conditionné le résultat final et ce revers (21-16) concédé à quarante secondes du terme, alors que le Stade tenait héroïquement son match nul, synonyme de réception du Biarritz Olympique au Stadium de Toulouse. Au lieu de quoi, c'est à Anoeta que les Champions d'Europe se déplaceront au printemps prochain. Et au lendemain de cette désillusion, on imagine à quel point Fritz peut être meurtri par ce sentiment inévitable de culpabilité d'avoir abandonné ses coéquipiers au plus fort du combat. Son plaquage sur Tom Varndell risque de le poursuivre un moment. Même les paroles apaisantes d'un Jean-Baptiste Elissalde pourraient ne pas suffire: "Ce qu'il y a de rassurant, c'est que l'équipe a su réagir, surtout après l'expulsion de « Flo ». Les gars ont fait preuve à quatorze d'un état d'esprit remarquable. (...) Je ne sais pas si nous aurions eu la même réaction d'orgueil. Là, je trouve qu'à quatorze, nous avons disputé un match propre et presque idéal. Presque seulement... Novès: "Est-ce que ça se fait de chambrer un joueur méchamment, alors que la faute n'est pas évidente ?" Alain Rolland, l'arbitre irlandais de la rencontre, qui n'a pas hésité une seconde à sortir le carton rouge sur l'action, estime n'avoir fait qu'appliquer la règle (*), qui vise à éradiquer ces fameux plaquages cathédrales à l'origine de graves blessures au niveau des cervicales, bien que Fritz accompagne, c'est indéniable, la chute de l'ailier anglais au sol. Après une nuit de sommeil et à la vue des images à tête reposée, Novès a d'ailleurs sensiblement changé d'avis sur la question: "A froid, je me suis rendu compte que le match bascule sur le carton rouge de Florian Fritz, considère le manager général sur le site 20minutes.fr. L'action ne mérite vraiment pas cette sanction. Le joueur est accompagné vers l'avant." Pour Fritz, le mal est fait. Un cas aggravé par la sortie de terrain nettement plus critiquable du Toulousain, adressant au public de l'Adams Park, qui le conspuait, un doigt d'honneur, qui risque fort de compliquer sa citation, qui ne manquera pas de tomber, devant l'ERC. Même si là encore, le centre bénéficie des circonstances atténuantes aux yeux de son coach: "Cela ne se fait pas, est-ce que ça se fait de chambrer un joueur méchamment, alors que la faute n'est pas évidente, voire qu'il n'y a pas faute du tout ?", interroge Novès, protecteur... (*) Selon l'IRB, un plaquage est dit cathédrale lorsque "la ligne des épaules du plaqué passe en-dessous de la ligne de ses hanches".