Frey comme un gardon

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Frey comme un gardon
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Cinq mois après être passé sur le billard pour soigner un genou droit meurtri, Sébastien Frey a refait son apparition dans le groupe de la Fiorentina, le 16 avril dernier, contre la Juventus Turin (1-1). Remplaçant de luxe du massif Artur Boruc, le portier français, âgé de 31 ans, compte bien miser sur son état de fraîcheur pour récupérer sa place de titulaire. Avant d'en terminer avec sa Dolce Vita en Toscane ?

Cinq mois après être passé sur le billard pour soigner un genou droit meurtri, Sébastien Frey a refait son apparition dans le groupe de la Fiorentina, le 16 avril dernier, contre la Juventus Turin (1-1). Remplaçant de luxe du massif Artur Boruc, le portier français, âgé de 31 ans, compte bien miser sur son état de fraîcheur pour récupérer sa place de titulaire. Avant d'en terminer avec sa Dolce Vita en Toscane ? La sublissime ville de Florence, puissante cité des Médicis, a beau regorger de mille trésors artistiques enfouis par monts et par vaux, Sébastien Frey, arrivé au pied des Apennins en 2005, commence en avoir fait le tour. Autant dire que son inactivité planifiée à cinq mois en novembre, suite à une rupture des ligaments croisés, aurait pu finir par le convaincre, lui l'amoureux de la mer, qu'il était peut-être temps de mettre les voiles. Le gardien français de la Fiorentina s'était déjà posé la question l'été dernier quand Sinisa Mihajlovic lui mit l'expérimenté Artur Boruc dans les pattes. Une concurrence "saine" faite, soit-disant, pour pousser dans ses derniers retranchements l'un des meilleurs spécialistes de Serie A depuis plusieurs années. Mais Frey, titulaire inamovible du poste depuis la saison 2006-07, connait bien la chanson et n'a pas vu dans cette soudaine émulsion une reconnaissance de son travail. "J'avais dit que je voudrais finir ma carrière à Florence, c'est une idée que j'ai encore en tête. Mais je dois réactiver la motivation et je dois comprendre si ce sera ici ou ailleurs. J'aime Florence comme avant, mais cette année j'ai vu des choses qui m'ont fait mal", rapportait-il en juillet dernier dans une interview accordée à la Gazzetta dello Sport. Mais son attachement à la capitale de la Toscane était plus fort que tout. Plus fort que cet été incendiaire, plus fort que cet automne criminel sur le plan sportif mais également dans sa sphère privée. "Un été meurtrier" A l'origine de cet ouragan subversif, une simple dispute avec sa compagne pour une relation extra-conjugale se transforme dans la presse en rupture inévitable et fait dérailler le sanguin haut-savoyard. "L'été dernier, j'ai cru devenir fou. Chaque jour me tombait dessus une accusation, un bombardement incroyable de méchanceté. La foi bouddhiste m'a sauvé. Mon mariage est un mariage heureux, ma femme et moi voulons qu'on nous fiche la paix", révélait alors Frey à la presse italienne. La décision des dirigeants de la Viola de recruter un autre grand gardien a également fait pencher la balance dans son choix de... rester: "Le comportement du club m'a aussi surpris et déconcerté, j'ai senti qu'il était nécessaire que je précise que je ne bougerai pas de Florence, c'est un choix sportif et un choix de vie." Neuf matches de championnat plus tard, pendant lesquels il ne peut colmater les trous béants laissés par sa défense (15e avec 10 buts encaissés), l'ancien Cannois se blesse tout seul lors d'un entraînement collectif. Le verdict est sans appel: rupture du ligament croisé antérieur du genou droit. Le même désagrément que celui subi en 2006 lors d'un match de Coupe d'Italie contre la Juve. On pense alors l'international tricolore (deux sélections) maudit, bouilli à 30 printemps passés, lui qui avait déjà fait une croix sur l'équipe de France, même si l'arrivée de Laurent Blanc à la tête des Bleus avait suscité chez lui un espoir... vite rendu vain. "Une autre déception dans un été meurtrier", regrette le portier florentin, qui "pensait mériter un coup de téléphone" de son "ami" sélectionneur. Mais là encore, sitôt l'opération réussie, Frey s'accroche et se réfugie dans la foi pour retrouver le plus rapidement l'intégralité de ses moyens physiques. "Le bouddhisme m'a aidé à retrouver l'équilibre nécessaire. Je me suis isolé, et à la fin je suis arrivé à rassembler tous les morceaux. Maintenant, je suis encore plus fort." Plus fort que Boruc, l'ancien portier du Celtic quasiment irréprochable avec la Fio depuis qu'il a pris le relais du traditionnel gardien du temple ? Pas encore pour Mihajlovic qui l'a laissé sur le banc contre la Juventus (0-0) et Catane (2-1) après que son "Frenchie" a fait ses preuves avec la Primavera. Samedi contre l'Udinese, l'écorché vif se pliera encore dans la peau de la doublure de luxe alors que la Viola n'a plus grand chose à jouer dans cette fin de saison. En attendant, comme d'habitude, des jours meilleurs... Car, après tout, Florence est le berceau de la Renaissance.