Fournier: "Je veux qu'on joue !"

  • A
  • A
Fournier: "Je veux qu'on joue !"
Partagez sur :

Arrivé à Auxerre dès le début du mois de juin, Laurent Fournier a pris ses marques au stade de l'Abbé-Deschamps et commencé à modeler sa nouvelle équipe à son image. L'ancien technicien du PSG ou de Strasbourg entend inculquer la notion de victoire à tout son groupe et n'hésite pas à annoncer qu'il veut du jeu et que l'AJA soit "le plus près possible des premières places".

Arrivé à Auxerre dès le début du mois de juin, Laurent Fournier a pris ses marques au stade de l'Abbé-Deschamps et commencé à modeler sa nouvelle équipe à son image. L'ancien technicien du PSG ou de Strasbourg entend inculquer la notion de victoire à tout son groupe et n'hésite pas à annoncer qu'il veut du jeu et que l'AJA soit "le plus près possible des premières places". Comment se sont déroulées vos premières semaines à Auxerre ? J'ai un bon groupe qui travaille bien, on a réalisé de bons matches amicaux, on progresse. Tout s'est passé très naturellement à mon arrivée, j'ai expliqué aux joueurs ce qu'on voulait avec le staff, qu'ils prennent du plaisir à l'entraînement, qu'ils dépassent leurs limites. Je les considère comme des professionnels, je ne suis pas un dictateur, chacun à l'âge pour prendre ses responsabilités. Si ça ne se passe pas comme ça, c'est qu'ils ne veulent pas être sur le terrain le week-end. Quelles sont les qualités du groupe que vous avez découvert ? Les qualités de base sont bonnes, après la saison dernière a été difficile, ils se sont sauvés dans les dernières journées. La Ligue des champions et des matches comme le Real ou l'AC Milan doivent servir pour progresser et mettre en confiance tout en gardant une certaine humilité pour se remettre en question. Peut-être que ça a été difficile à assimiler pour certains. J'espère que ça va leur servir cette année car on apprend toujours en disputant la Ligue des champions, on se met souvent au niveau. Après, il faut savoir s'en servir dans un contexte différent, contre des équipes soit disant plus petites. Est-ce un problème d'état d'esprit ? Oui, c'est quelque chose que j'aime bien. Quand j'ai joué à Paris ou à Marseille, il fallait toujours se donner à 300% car les équipes en face faisaient tout pour nous battre chaque week-end. J'ai envie de le leur inculquer cet état d'esprit de compétiteur, avec une remise en question chaque week-end. Qu'ils ne soient pas à 100% mais à 300%. Comment vous définissez-vous comme entraîneur ? Qu'avez-vous retenu de vos expériences ? Ce que j'ai vécu à Paris m'a permis d'avancer, ce que j'ai vécu à Créteil dans un contexte difficile avec une équipe qui a fini 4e de National sans joueur exceptionnel, à Strasbourg où chaque jour, il se passait quelque chose... Je ne m'occupe que du terrain, comment vivent les joueurs et comment le groupe se comporte. Vous voilà à Auxerre, comment avez-vous vécu cette arrivée ? Je suis très content de retrouver la Ligue 1 à Auxerre, un club qui est un mixte de jeunes et d'anciens, cela permet de travailler avec de l'ambition. Avec de la solidarité, la vie de groupe, il y a quelque chose de bien à réaliser. Après, il faut que les gens adhèrent et j'espère que ça va se passer comme ça. Comment avez-vous géré les départs de Pedretti notamment ? Ce sont des choix, il y a eu des fins de contrat, des joueurs qui souhaitaient partir, on s'adapte. On n'est pas là pour pleurer mais pour travailler avec un groupe. Des départs, il y en a dans tous les clubs ! On fait confiance aux gens qui sont en place. Et puis, les arrivées se sont bien passées. Je n'aime pas trop parler des gens qui partent... Parlons de ceux qui sont arrivés. Jemaa a marqué contre Kaiserslautern mercredi par exemple ? Oui, Ben Sahar a marqué contre Reims, Jemaa a aussi marqué, c'est bien pour le groupe, pour la confiance. Quand on sait que la saison dernière par exemple Pedretti a terminé meilleur buteur du club avec cinq buts, c'est peut-être ce qui manquait à Auxerre. Ça va permettre d'élever le niveau de jeu de ceux qui ont soi-disant manqué leur saison, je pense à Le Tallec ou à Jo-Gook. Le but, c'est qu'il y ait de la concurrence et que tout le monde l'accepte pour progresser. De toute manière, on n'avance qu'avec de la concurrence, avec de l'émulation. Des mouvements de joueurs sont-ils prévus ? Non, on avait dit avec le président que c'était fini. On travaille avec ce groupe depuis 15 jours, c'est bien, ça va nous permettre d'être prêt plus rapidement, d'avoir des automatismes pour le début du championnat. Qu'en est-il de Delvin NDinga qui est annoncé du côté de Lyon ? Je lis... Je l'ai découvert, je trouve que c'est un joueur avec d'énormes qualités, avec beaucoup de talent. Pour le moment, il est là, il reste là, c'est bien pour l'équilibre de l'équipe. Avez-vous une tactique préférée ? Je ne m'adapte pas à l'adversaire, j'aime bien que certains puissent jouer à plusieurs postes car c'est important de pouvoir changer. Tout dépend des circonstances du match, si on est bien ou moins bien, c'est le match qui dicte les choses. Ensuite, on peut jouer en 4-4-2, en 4-3-3, c'est surtout la rigueur, le replacement défensif, il y a des bases. Offensivement, c'est la créativité du joueur. Ils devront faire les bons choix mais s'ils sont là, c'est qu'ils ont de la qualité. Quels sont justement les ambitions de jeu et les objectifs du club ? Je veux que mon équipe joue, soit performante, respecte le foot et nos qualités. On a un groupe double avec des jeunes et des anciens, on pourra mettre de l'insouciance et du respect des consignes défensives. On va peut-être perdre des matches en jouant mais on va en gagner. Pour ce qui est des objectifs, on débute le championnat sur la même ligne, à nous d'être le plus performant possible. C'est sûr qu'il y a des équipes au-dessus d'Auxerre mais j'espère qu'on sera le plus près possible des trois premières places. Même si ça va être dur, on ne part pas perdant. Auxerre ne joue donc pas le maintien ? Non, on ne part pas pour finir 17e, on part pour être le plus près possible des premières places. Dans un jeu, on part pour gagner. Après, on avisera par rapport au championnat. Mais il faut avoir de l'ambition. Quand on est joueur on veut être dans le onze de départ, ensuite on veut gagner le match et dans un championnat être le plus proche possible de la première place. Comment imaginez-vous ce championnat ? Il y a des équipes qui vont se détacher comme Paris, Marseille, Lille ou Rennes. J'en oublie sans doute mais tout le monde a son rôle à jouer, tout le monde peut être meilleur que d'autre mais je ne recherche pas le coup. Quand je vois qu'Auxerre a pu battre le PSG deux fois, battre Lyon mais à deux journées de la fin être 16e et lutter pour ne pas descendre, c'est que ces joueurs ont des qualités, à nous de faire en sorte qu'ils fassent les mêmes matches que contre Paris ou Lyon face aux autres. On en revient à l'état d'esprit, au respect de l'adversaire et l'envie de gagner tous les matches. En quoi votre expérience de joueur vous sert-elle pour entraîner ? Ça me sert, dans certaines circonstances je fais comme certains coaches mais ensuite il faut apporter sa touche personnelle. J'ai commencé à 15 ans à Lyon, j'ai côtoyé des pros à cet âge-là, même si ce n'est plus la même époque, j'ai aussi entraîné des jeunes, j'ai entraîné dans le foot amateur à Pacy ou des gamins. Je mixe le tout pour en faire mon propre système. Cela vous aide-t-il à comprendre certaines attitudes ? Oui, car je sais ce que ça fait d'être remplaçant car je l'ai été. Parfois on a l'impression que ce n'est pas juste mais il faut l'accepter pour le groupe et le week-end suivant montrer à l'entraîneur qu'il s'est trompé. J'ai vécu toutes les situations de jouer ou pas, d'attendre. Quand Goethals m'appelle "chose" pendant six mois et qu'un jour à Saint-Etienne il a besoin de moi, je saisis ma chance et qu'ensuite il m'appelle Fournier et la fin Lolo, mon combat il est gagné. Sans râler, toujours en bossant et à la fin c'était une fierté de l'avoir fait changer d'avis. C'est valorisant.