Formule 1 : un menu cinq étoiles

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Formule 1 : un menu cinq étoiles
@ Montage REUTERS
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F1 - La saison 2011 s'ouvre avec cinq champions du monde sur la grille de départ. Présentation.

De 20 à 19 Grands Prix. La saison 2011 devait débuter il y a deux semaines. Mais les événements politiques au Bahreïn ont contraint Bernie Ecclestone et la FIA à annuler le Grand Prix, qui n'a pas encore été réinscrit au calendrier. Le sera-t-il un jour ? Ce n'est pas certain. La saison 2011 compte donc actuellement 19 Grands Prix et accueille un nouveau venu, le GP d'Inde, prévu le week-end du 30 octobre. Ce rendez-vous est évidemment très attendu par l'écurie Force India et par le pilote indien Narain Karthikeyan (HRT), qui n'a plus couru en F1 depuis 2005.

Le club des cinq. Sebastian Vettel (2010), Jenson Button (2009), Lewis Hamilton (2008), Fernando Alonso (2005 et 2006) et Michael Schumacher (1994 et 95, 2000 à 2004). Cinq champions du monde vont être en piste cette saison, une première depuis... 1970 ! Le plus jeune d'entre eux, Vettel, sacré l'an dernier à l'âge de 23 ans et 4 mois, sera aussi le favori pour se succéder à lui-même. "Il se présentera à Melbourne en champion en titre. Ça va lui donner encore plus de confiance et réduire la pression qu'il aurait eue s'il avait échoué l'an dernier", confie Christian Horner, patron de l'écurie Red Bull, également championne du monde en titre chez les constructeurs.

Quatre rookies sur la grille. Sur les 24 pilotes engagés cette saison, quatre débuteront en F1 : le Belge Jérôme d'Ambrosio (Virgin Racing), le Britannique Paul di Resta (Force India), le Mexicain Sergio Perez (Sauber) et le Vénézuélien Pastro Maldonado (Williams). Ce dernier fera équipe avec le Brésilien Rubens Barrichello, qui, à 38 ans, compte le plus de départs en Grand Prix dans l'histoire (307). Avec cet étonnant cocktail de fraîcheur et l'expérience, l'écurie britannique espère, pourquoi pas, renouer avec la victoire, qu'elle n'a plus connue depuis 2004.

Les Français hors piste. C'est devenu une habitude depuis quelques saisons maintenant : il n'y a pas de Français engagé dans le championnat du monde de F1. "Il y a quand même trois pilotes qui sont aux portes de la F1 : Romain Grosjean, qui a déjà fait un petit passage, 7 Grands Prix, Jules Bianchi et Charles Vernet", souligne Alain Prost, qui reste, 18 ans après, le dernier tricolore à avoir été champion du monde. Pour le dernier Français vainqueur d'une course, il faut remonter à 1996, avec le succès d'Olivier Panis (Ligier) lors du prestigieux Grand Prix de Monaco.

"Il y a un travail de fond à effectuer", estime Alain Prost :

Schumacher en quête de revanche. Neuvième du classement en 2010, avec aucun podium dans sa besace, le septuple champion du monde aborde la nouvelle saison avec davantage d'espoirs. "Cette année, mon objectif réel serait de lutter pour le podium et si les choses vont bien, pour une victoire. Mais est-ce que cela me met dans une position de jouer le Championnat ? Non", a lancé Schumacher jeudi. A 42 ans, et malgré une Mercedes en progrès, "Schumi" devrait donc se contenter d'un ultime défi : celui de remporter une 92e victoire, qui, évidemment, constituerait un nouveau record.

Le retour de Lotus Renault. Le Team Renault F1 est devenu, au cours de l'intersaison, Lotus Renault. Ce changement traduit une tendance : celui du désengagement progressif en F1 des grands constructeurs. "Quand les constructeurs sont nombreux et se livrent une bataille entre eux, c'est évident qu'il n'y en a qu'un qui est satisfait", souligne Alain Prost. C'est un milieu un peu de frustration. L'avantage de notoriété, l'avantage d'image que vous pouvez avoir quand vous êtes performant se transforme en négatif si vous êtes un peu derrière." Loin de ces considérations économiques, les plus nostalgiques d'entre nous seront ravis de revoir une Lotus noire et dorée, qui a marqué la F1 des années 1980. Malheureusement, Robert Kubica, accidenté, ne sera pas à son volant. Il est remplacé pour le moment par l'expérimenté Nick Heidfeld. A lire : Lotus et Renault, les retrouvailles

Une nouvelle gamme de gommes. Fournisseur unique la saison passée, Bridgestone a cédé sa place à Pirelli. Et pour son retour sur les circuits de F1 après vingt ans d'absence, le manufacturier italien a soigné ses pneus, avec l'objectif qu'ils s'usent... plus rapidement ! "L'objectif est de pousser les écuries à changer les pneus des voitures à différents moments de la course", confie Paul Hembery, directeur de Pirelli Motorsport. "Selon la qualité de gomme choisie et le degré d'usure, vous aurez des voitures à des vitesses différentes sur la piste. Ce qui provoquera inévitablement des dépassements." Cette nouvelle donne au niveau des pneumatiques a été décidée par les instances et les écuries. Et tant pis si les pilotes se plaignent déjà de la détérioration trop rapide de ces pneus...

Du nouveau à l’arrière. Le plus grand ennemi de la F1 est l'ennui. Alors, pour éviter la sieste dominicale, la FIA n'a de cesse de jouer, voire de modifier les règlements afin de gagner en spectacle. C'est la raison d'être de l'aileron mobile installé cette saison à l'arrière des monoplaces. Le pilote va disposer d'un bouton qui réduira momentanément les appuis afin de gagner une dizaine de km/h. Complexité de la chose : cette innovation ne pourra être utilisée que dans les 600 derniers mètres avant un virage prédéfini et il faudra que l'écart entre les deux monoplaces soit inférieur à une seconde.

Le KERS is back.Même cause, et presque mêmes effets pour le KERS, qui fait son retour après une année sur le bas-côté. Ce système de récupération d'énergie cinétique permet à un pilote d'activer, via un bouton disposé sur le volant, une réserve de puissance de l'ordre de 80 chevaux. Cette réserve provient de l'énergie dégagée par la chaleur durant le freinage. "C'est un exercice délicat", souligne Nico Rosberg dans L'Equipe de jeudi. "Non pas d'appuyer sur le bouton pour le gain de puissance mais pour recharger la machine." Voilà qui promet encore quelques savoureux débats.

Les consignes d'équipe. Elles avaient empoisonné la saison 2010 avec le fameux épisode du Grand Prix d'Allemagne où le Felipe Massa avait ostensiblement laissé gagner son coéquipier chez Ferrari, Fernando Alonso. L'écurie italienne avait écopé de 100.000 dollars d'amende (70.000 euros environ). La FIA a décidé de supprimer l'article y faisant référence dans son règlement et a décidé de ménager la chèvre et le choux en signalant que les équipes doivent néanmoins "se rappeler que toute action pouvait nuire à l’intérêt du championnat sont prohibées par l’article 151c du Code Sportif International". Reste à définir ce que recouvre ce terme de "toute action pouvant nuire" La polémique couve toujours.