Forget: "Très loin du compte"

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Forget: "Très loin du compte"
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Guy Forget avait évidemment la tête des mauvais jours vendredi, à l'issue de la première journée de la demi-finale de Coupe Davis entre l'Espagne et la France. Suite aux victoires sans appel de Rafael Nadal devant Richard Gasquet (6-3, 6-0, 6-1), puis de David Ferrer face à Gilles Simon (6-1, 6-4, 6-1), les Bleus sont au pied du mur et seront éliminés dès samedi en cas de défaite lors du double. Mais le capitaine y croit...

Guy Forget avait évidemment la tête des mauvais jours vendredi, à l'issue de la première journée de la demi-finale de Coupe Davis entre l'Espagne et la France. Suite aux victoires sans appel de Rafael Nadal devant Richard Gasquet (6-3, 6-0, 6-1), puis de David Ferrer face à Gilles Simon (6-1, 6-4, 6-1), les Bleus sont au pied du mur et seront éliminés dès samedi en cas de défaite lors du double. Mais le capitaine y croit... Guy, Richard Gasquet et Gilles Simon ont perdu leurs deux matches en trois sets. C'est une sacrée gifle... Oui, c'est vrai. D'une part, nos adversaires ont été à la hauteur de ce que l'on pouvait attendre d'eux. Ils ont eu moins de temps que nous pour se préparer sur terre battue et pourtant, ils ont été bien meilleurs que nous sur cette surface. Et derrière, je crois objectivement que l'on a été moyen, alors qu'il aurait fallu être très, très bon pour espérer les mettre en difficultés. Face à des équipes comme ça, à l'extérieur, dans cette ambiance, être "bon-moyen" ne suffit pas. Dans tous les secteurs du jeu, ils nous ont été supérieurs. Ils ont été plus réguliers, plus solides physiquement, meilleurs en défense. Ils ont mieux servi et quand il y a eu des attaques, ils en ont raté moins que nous, et ça dans les deux matches. A l'arrivée, quand on veut battre une équipe comme ça sur terre battue, on se doit d'être performant, alors qu'on a été derrière dans tous les compartiments. Il faut l'accepter. C'est dur à avaler, même si on les savait favoris, même s'ils n'ont pas perdu chez eux depuis pas mal d'années sur terre battue (ndlr, depuis 1999). On se disait qu'on allait peut-être être capable de grappiller un point ce soir, mais on se rend compte sur ces deux matches qu'on est très loin du compte. Vous avez l'air marqué... Je sors du court et je viens donc de prendre cette claque derrière la tête. C'est toujours décevant. Maintenant, dans quelques heures, ce sera le moment de la re-mobilisation pour attaquer, samedi, avec des garçons frais qui, je l'espère, montreront beaucoup plus de percussion. Avant tout, il faudra aussi essayer de faire la course en tête. Aujourd'hui, Gasquet commence son match et d'entrée de jeu, il fait un jeu de service moyen. Il perd donc ce premier jeu, pour se retrouver à 2-0. Avant même que ça commence, on est mené au score ! On tire la langue, il fait chaud et en face, c'est Nadal. J'espère que sur le double, on va montrer un beau visage, une belle attitude et qu'on arrivera à faire la course en tête, tout en percussion. Sur le double, ils ne sont pas beaucoup plus forts que nous. On sera à égalité, à nous de profiter de ce contexte. A 2-0, peut-on dire que ça devient quasiment mission impossible ? Oui, c'est vrai que c'est quasiment mission impossible. Maintenant, on ne va pas regarder la ligne d'arrivée, il y a encore un long virage à faire et une ligne droite. On va essayer de se rapprocher d'eux dans le virage, et pour ça, il faut gagner le double. Après, on a vu ce qu'on a fait, on sera prévenu pour dimanche. Au-delà de la défaite, ce qui est un peu frustrant, c'est que j'ai vraiment le sentiment que Simon et Gasquet peuvent faire mieux que ça. On peut mieux jouer au tennis. On peut perdre encore en trois sets, mais on peut proposer un autre tennis. Maintenant, la balle est dans notre camp. A nous de le faire pour le double. Et surtout dimanche, si on en a l'occasion, ne pas répéter ce qui s'est produit. Il y a eu le dimanche noir de Belgrade, en finale l'an passé. Il y a maintenant le vendredi noir de Cordoue. On a l'impression qu'il n'y a pas eu de révolte au sein de votre équipe ? Je pense que ça n'a rien à voir. L'équipe de France n'est pas favorite ici, elle ne l'était pas non plus à Belgrade. Si on part par là, on peut regarder les quatre Grands Chelems de l'année et parler de jour noir après toutes les défaites françaises. On ne gagne pas de Grands Chelems alors que Nadal en gagne, par exemple. A tout point de vue, sur terre battue, ils sont objectivement largement devant nous. Et une nouvelle fois, ils nous le prouvent. La logique est respectée. Autant à Belgrade, on menait 2-1 le samedi soir. Ici, on sera au mieux à 1-2, avec Nadal et Ferrer à prendre derrière. Les choses sont différentes, mais il ne faut pas oublier qu'on joue contre la meilleure équipe du monde, et de loin, lorsqu'elle joue chez elle sur terre battue. Là, sincèrement, on est à notre place sur ces matches-là. "Ce n'est pas terminé" Regrettez-vous votre choix de ne pas avoir fait jouer Jo-Wilffried Tsonga ? Là encore, je n'ai pas envie de m'infliger ça. Objectivement, en l'ayant vu jouer sur terre battue, je ne suis pas sûr qu'il aurait fait mieux que ça. Peut-être qu'il aurait gagné un set, mais j'ai besoin de lui pour le double. Il ne sera pas entamé physiquement, il sera frais, il va avoir l'occasion de montrer l'étendue de son talent et de sa complémentarité avec "Mika". On a besoin du point du double, plus que jamais. Quel discours allez-vous tenir aux joueurs avant le double ? Et le discours général à tous les joueurs ? Le double est une discipline où il faut être percutant, où il faut aller vers l'avant, jouer au bluff, intimider les autres, s'engager en permanence. C'est un secteur où je pense que notre équipe est peut-être un peu plus forte que l'équipe espagnole. On aura le public contre nous, et sur la terre battue, ce sera 50-50. Voilà ce que j'attends d'eux: un esprit de révolte, un esprit conquérant, des choix offensifs marqués, et qu'ils puissent faire valoir leur supériorité en termes de punch et de présence au filet. Sinon, le discours général, c'est que ce n'est pas terminé. On a des cartouches dans le serveur, il faut s'en servir et ne pas rater sa cible, parce qu'on est un peu passé à côté vendredi. Cette journée est terrible, peut-être la pire de l'histoire de l'équipe de France en Coupe Davis ? Non, pas la pire. Parce qu'on est en demi-finales face à la meilleure équipe du monde. Beaucoup d'équipes aimeraient être à notre place. Le classement ATP reflète la valeur des joueurs sur l'année. Nadal est 2e, Ferrer 5e. Nous, on est au-delà de la 10e place. Il ne faut pas oublier qu'on est chez eux, sur leur surface favorite qui, en plus, est peut-être l'une de nos moins bonnes surfaces. Pour l'instant, la logique a été respectée sur ces deux matches. Avez-vous trouvé vos joueurs suffisamment guerriers sur le court ? En tout cas, j'aurais aimé plus d'options offensives, plus de punch, plus de prises de risque. Même si à l'arrivée, ça n'aurait pas forcément changé le résultat. Je suis un peu frustré par rapport à ça. Moi, je suis un pur attaquant, ce qui n'est pas le cas de Simon. Quant à Gasquet, à partir de 6-3, 2-0, on a senti qu'il avait vraiment accusé le coup. Il s'est dit que c'était mission impossible, alors qu'il aurait pu être beaucoup plus offensif à ce moment. Mais malheureusement, la balle ne sortait pas très bien de sa raquette, et c'est Nadal qui s'est mis à être de plus en plus conquérant.