Forget, le médiateur

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Forget, le médiateur
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Après quinze ans à côtoyer l'équipe de France en tant que joueur (1983-1997), Guy Forget en est devenu son capitaine depuis 1999. Onze années passées sur la chaise à tenter de trouver les meilleures formules pour gagner la Coupe Davis. Il y est parvenu une fois, en 2001, pour deux finales perdues, en 1999 et 2002. L'ancien n°4 mondial, très bon communicant, espère équilibrer ce bilan à Belgrade.

Après quinze ans à côtoyer l'équipe de France en tant que joueur (1983-1997), Guy Forget en est devenu son capitaine depuis 1999. Onze années passées sur la chaise à tenter de trouver les meilleures formules pour gagner la Coupe Davis. Il y est parvenu une fois, en 2001, pour deux finales perdues, en 1999 et 2002. L'ancien n°4 mondial, très bon communicant, espère équilibrer ce bilan à Belgrade. Depuis onze ans à la tête de l'équipe de France de tennis, Guy Forget a connu peut-être autant de grands moments que de désillusions. Après avoir mouillé le maillot pendant quinze ans pour défendre son pays en tant que joueur - de sa première sélection en 1983 à Moscou à ses adieux en 1997 à Sydney -, il a pris les rênes de cette équipe en 1999. Année durant laquelle Forget a amené les Bleus jusqu'en finale, celle de Nice perdue face aux Australiens. Un (presque) coup de maître pour une première. Homme de compromis, très ouvert au dialogue et attaché aux vertus du collectif, Forget a très vite pris ses marques dans un rôle taillé à sa mesure. Vainqueur de deux saladiers d'Argent quand il jouait, à Lyon en 1991 où il apporta le point décisif face à Sampras, et à Malmö en 1996, l'ancien n°4 mondial, lauréat de onze titres en carrière, a toujours adoré la Coupe Davis. Une passion qu'il a su transmettre à ses joueurs depuis qu'il est capitaine. Capable de s'adapter aux différentes personnalités qui ont composé son groupe - il a appelé 17 joueurs différents en onze ans -, Forget a toujours su éviter les guerres d'ego, même si ça a parfois été un peu compliqué, on pense notamment à l'inimitié entre Cédric Pioline et Fabrice Santoro, deux des joueurs les plus difficiles qu'il a eu à gérer. Un style policé qui plaît C'est sans doute cette faculté à s'adapter aux autres, mais aussi son style très policé, qui lui a d'ailleurs valu de garder sa place durant la (relative) traversée du désert de l'équipe de France entre 2003 et 2009. Si ses débuts sur la chaise furent couronnés de nombreux succès, avec la victoire de 2001 en Australie suivie d'une finale malheureuse à Bercy face aux Russes, Forget a ensuite amené ses troupes à une seule demi-finale en sept ans, en 2004. Si, au regard du niveau moyen des joueurs français, cela n'avait rien d'infamant, cela n'a pas empêché les dirigeants de la Fédération française de se poser quelques questions à un moment donné. Mais, à chaque fois, Forget a évité le couperet, étant toujours considéré comme l'homme de la situation. Plutôt apprécié du grand public, consultant éclairé pour les chaines du groupe Canal+ sur certains grands rendez-vous de la saison, le capitaine de l'équipe de France, aujourd'hui âgé de 45 ans, a finalement donné raison à ses défenseurs en guidant cette année pour la quatrième fois la France en finale de la Coupe Davis. Et, à moins d'une décision personnelle inattendue, Forget a sans doute prolongé, grâce à cette belle campagne 2010 notamment, son bail à la tête des Bleus pour quelques années encore. Et ce quelle que soit l'issue de Serbie-France, rencontre pour laquelle le capitaine a préparé ses joueurs à vivre un enfer. En espérant que le paradis sera au bout.