Forget: "L'Allemagne est dangereuse"

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Forget: "L'Allemagne est dangereuse"
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L'équipe de France appelée à défier l'Allemagne, du 8 au 10 juillet prochain à Stuttgart pour le compte des quarts de finale de la Coupe Davis, a fière allure avec pas moins de trois titulaires classés dans le Top 20 mondial. Une rencontre que Jo-Wilfried Tsonga et ses partenaires aborderont avec l'étiquette de favoris. Et si les Bleus restent sur cinq succès de rang face à la sélection d'outre-Rhin, Guy Forget reste méfiant.

L'équipe de France appelée à défier l'Allemagne, du 8 au 10 juillet prochain à Stuttgart pour le compte des quarts de finale de la Coupe Davis, a fière allure avec pas moins de trois titulaires classés dans le Top 20 mondial. Une rencontre que Jo-Wilfried Tsonga et ses partenaires aborderont avec l'étiquette de favoris. Et si les Bleus restent sur cinq succès de rang face à la sélection d'outre-Rhin, Guy Forget reste méfiant. Guy, quels joueurs avez-vous retenu pour affronter l'Allemagne, à Stuttgart, en quart de finale ? J'ai sélectionné Gaël Monfils, Richard Gasquet, Jo-Wilfried Tsonga et Michaël Llodra. Gilles Simon est retenu comme cinquième joueur - remplaçant. Pouvez-vous commenter votre choix ? Compte tenu de ce que j'ai vu à Roland-Garros et à Wimbledon, ce sont les joueurs qui ont les meilleures chances de bien figurer. On a une belle carte à jouer avec ces garçons-là, si on est épargné par les pépins physiques. Richard (Gasquet) s'est fait mal aux abdos lors de son match face à Murray, en huitièmes de finale à Wimbledon. J'espère que ce n'est pas trop grave. On en saura plus rapidement. Contrairement à la rencontre du premier tour face à l'Autriche où manquaient les trois meilleurs joueurs français, vous aviez cette fois l'embarras du choix... Je ne veux surtout pas crier victoire, parce que j'ai toujours de mauvaises surprises ! J'espère que cette sélection restera telle quelle jusqu'à la rencontre. Jo (Tsonga) est encore en course à Wimbledon, et Richard (Gasquet) vient tout juste de perdre, mais il a ressenti une petite gêne aux abdos pendant son match contre Murray, dont on ne connaît pour l'instant la gravité. J'espère vraiment pouvoir compter sur ces cinq garçons en forme. Que pensez-vous du comportement de vos joueurs à Wimbledon ? Dans l'ensemble, je trouve que leur tennis est là. Il y a bien sûr toujours des choses perfectibles. J'ai vu de bons matches pour certains, de très bons pour d'autres. Et j'espère que Jo va aller le plus loin possible. Pour cette rencontre, vous disposez de quatre joueurs classés dans le Top 20, plus Michaël Llodra. Est-ce l'équipe la plus forte que vous ayez eu à diriger ? Pour moi, cela ne veut rien dire. Dans le passé, on a eu des équipes fortes sur le papier et cela n'a pas forcément souri. Et puis, on a parfois gagné avec des équipes moins fortes. Donc, je ne juge pas la force d'une équipe en termes de classement uniquement. L'année dernière, on a dû faire presque toute la saison sans Jo, ce qui ne nous a pas empêchés d'atteindre la finale et de passer à un point de la victoire. On peut réellement jauger la force d'une équipe, d'un groupe, lorsque la campagne est terminée. Pour les simples, vous avez à votre disposition des joueurs d'un niveau très proche... C'est vrai, avec en plus Michaël Llodra, qui est un peu derrière en simple, mais un excellent joueur de double. C'est un bon « mix », sachant que j'ai aussi des joueurs de simple qui peuvent très bien jouer en double. J'espère que cela suffira... "L'Allemagne est peut-être moins forte que nous sur le papier, mais elle a des joueurs solides qui, devant leur public, seront durs à prendre" Julien Benneteau étant absent de la sélection, vous allez devoir recomposer une équipe de double... (NDLR : Tsonga/Llodra ont joué une fois ensemble à Maastricht ; Gasquet/Llodra à Ostrava) Avez-vous déjà une idée en tête ? J'en ai plusieurs à vrai dire. Je vais voir ce que va faire Michaël (Llodra) ici en double à Wimbledon (associé au Serbe Zimonjic à Wimbledon, ils sont qualifiés pour les huitièmes de finale, ndlr). Le choix des joueurs de simple va aussi conditionner le double. A partir du moment où je ne retiens pas Julien Benneteau pour épauler « Mika », pour privilégier la présence d'un joueur de simple supplémentaire dans l'équipe, forcément, je sais que je vais devoir aligner une équipe qui aura moins d'automatismes et de références. Même si certains ont déjà bien joué ensemble. Que ce soit Jo avec Richard ou Richard avec « Mika ». Cela peut faire de bons doubles, même s'ils n'ont pas énormément de matches derrière eux. Vos joueurs vont avoir peu de temps pour s'acclimater à la terre battue, contrairement aux Allemands qui ont perdu rapidement à Wimbledon... Bien sûr, c'est un inconvénient. Maintenant, certains vont reprendre sur terre battue assez rapidement, et puis le gazon est de plus en plus lent, il y a beaucoup d'échanges. Mais, c'est vrai, les Allemands ont un petit avantage par rapport à nous sur ce plan-là. Que pensez-vous de l'équipe allemande ? C'est une équipe dangereuse. Elle est peut-être moins forte que nous sur le papier, mais elle a des joueurs solides qui, devant leur public, seront durs à prendre. Certains médias vont peut-être sous-estimer cette équipe allemande, alors qu'elle est réellement dangereuse. Sous-estimer cette équipe, c'est le plus grand danger qui guette l'équipe de France ? Non, parce que je vais m'assurer que les gars ne la sous-estiment pas. Ce qui fera la différence, c'est la qualité de jeu que nous allons être capable de produire. Il faudra être présents, accepter les rallyes du fond du court, et sortir les aces au bon moment. La France reste sur cinq victoires de rang face à l'Allemagne, qui ne l'a plus battu depuis 1938 ! Comment lutte-t-on contre l'excès de confiance... On se prépare bien. On évite l'excès d'optimisme, d'euphorie. Cela va être mon rôle, celui de Lionel Roux. C'est notre travail à l'entraînement, la rigueur que l'on va demander aux joueurs dès notre arrivée en Allemagne qui feront la différence. Au niveau des garçons qui composent l'équipe, ressentez-vous toujours la même volonté farouche de ramener le Saladier d'Argent que l'an passé ? Oui, oui. Cette année, nous n'avons joué qu'une seule rencontre pour l'instant, mais les garçons qui l'ont disputée ont manifesté beaucoup d'envie, de hargne. Dès que l'on joue pour le drapeau, et que l'on a « France » écrit dans le dos, ils se prêtent au jeu à fond. Je sais que cela représente beaucoup pour eux. Avez-vous le sentiment que les petits problèmes de communication au sein du groupe lors du premier tour en Autriche appartiennent désormais complètement au passé ? Pour moi, oui. Dans une équipe, on le voit dans tous les sports, il y a toujours de petites frustrations. C'est à nous de les gérer. La polémique est soulevée en permanence. On veut toujours savoir le pourquoi du comment. Des joueurs tombent parfois dans le panneau. Ce qui compte, c'est l'équipe. On ne doit pas se disperser sur des choses contre-productives. Ce qui importe avant tout, c'est que les joueurs jouent bien et gagnent leur match. Chacun doit amener sa pierre à l'édifice. Parfois, c'est l'un, parfois c'est l'autre. Pour ma part, ce sont des petits soucis. Mais cela fait partie de la vie d'une équipe. C'est normal. Il y en aura toujours. Il ne faut pas perdre trop de temps avec cela, et surtout, ne pas renouveler les mêmes erreurs. A dix jours de la rencontre, sans pépins physiques de dernière heure, avez-vous déjà votre équipe en tête ? Oui. J'ai une idée des premiers simples et du double. Maintenant, beaucoup de choses peuvent arriver d'ici la rencontre.