Flessel: "Ne pas tomber dans l'affect"

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Flessel: "Ne pas tomber dans l'affect"
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Alors qu'elle s'apprête à disputer ses derniers championnats d'Europe, à Sheffield du 14 au 19 juillet, Laura Flessel ne veut pas les aborder sous le signe de l'émotion. La multi-médaillée olympique tient surtout, lors de cette première étape d'un triptyque qui l'emmènera jusqu'à ses cinquièmes et derniers Jeux, à obtenir une qualification par équipes pour Londres.

Alors qu'elle s'apprête à disputer ses derniers championnats d'Europe, à Sheffield du 14 au 19 juillet, Laura Flessel ne veut pas les aborder sous le signe de l'émotion. La multi-médaillée olympique tient surtout, lors de cette première étape d'un triptyque qui l'emmènera jusqu'à ses cinquièmes et derniers Jeux, à obtenir une qualification par équipes pour Londres. Laura, dans quel état d'esprit êtes-vous à quelques heures du début de ces championnats d'Europe ? Mon sac est fait, je suis prête ! On rentre d'une mise au vert à Divonne-les-Bains où ça s'est très bien passé. C'était une bonne fatigue et on en a aussi profité pour bien récupérer, et notamment profiter des thermes de Divonne. Vous allez entamer à Sheffield un triptyque qui vous amènera à vos derniers Jeux Olympiques en 2012, avec ces championnats d'Europe puis les "Monde" en octobre à Catane. A quoi pensez-vous à l'heure de disputer ces épreuves pour la dernière fois ? Je n'y pense pas. Je pense surtout à prendre des points pour les Jeux. Je suis plus dans cette optique-là, pour ne pas tomber dans l'affect, et ce jusqu'aux Jeux. J'espère que j'y penserais après, avec mes médailles ! C'est aussi un bon moyen de se préparer, d'avoir l'objectif de gagner des points en individuel et de mettre aussi le paquet pour qualifier l'équipe pour les Jeux. Car je vise une bonne place en individuel mais encore plus en équipe, de manière à avoir moins de stress l'année prochaine sur le premier trimestre. Justement, l'absence d'Hajanlaka Kiraly ne risque-t-elle pas de peser dans cette épreuve par équipes ? On va faire avec, même si son expérience va beaucoup nous manquer. Comme je le disais, on va essayer d'aller décrocher un podium pour être tranquilles l'année prochaine et remettre toutes les filles sur un même pied d'égalité. Après, on verra bien l'an prochain, car cette équipe n'est pas forcément celle qui partira aux Jeux. "Je ne vis pas dans le passé" Joséphine Jacques André Coquin va elle disputer ses premiers grands championnats. Qu'attendez-vous d'elle et de la nouvelle génération en général ? Je pars du principe qu'elle a été intégrée dans l'équipe au même titre que Maureen (Nisima) ou Sarah (Daninthe), qui a été championne du monde avec nous en 2008, et qu'elle se doit d'être opérationnelle tout de suite. On ne va donc pas mettre en avant sa jeunesse, elle doit être guerrière comme nous toutes. On devra être une équipe homogène. Mais la seule chose qui m'importe, c'est de marquer des points. Et ce quelle que soit l'équipe. Il faut absolument accrocher une médaille pour assurer notre place aux Jeux. Vous méfiez-vous d'une adversaire en particulier ? De personne et de tout le monde. On se connaît toutes. Toutes les filles sont dangereuses et il n'y a pas de petite nation ou de petit pays, parce que tout se joue sur une compétition. Et puis ce n'est pas comme en Coupe du monde, les seize premières mondiales ne sont pas préservées lors des poules. C'est un piège parce qu'on n'a plus trop l'habitude de tirer en cinq touches en début de compétition, puisqu'on ne fait que des matches en quinze. Du coup ça relance la compétition et toutes les nations sont à craindre. Et le danger peut venir de toutes les adversaires, mais aussi de moi-même. Si j'arrive à freiner mes ardeurs, à être bavarde sur la piste mais pas trop, juste pour rivaliser, et à mettre la quinzième touche ce sera parfait ! Je dois m'apprivoiser, m'amadouer, m'inhiber, m'exciter... Et mon plus gros adversaire, ce sera moi ! Après, il faut aussi avoir l'intelligence de suffisamment s'ouvrir à ses adversaires afin de réussir à contrer leur jeu. Vous n'aviez pas obtenu de médaille individuelle l'an passé aux Mondiaux de Paris, est-ce que ce vous parvenez à vous servir de ce genre d'expérience pour rebondir ensuite ? En général, je ne vis pas dans le passé. En cas de victoire comme en cas de défaite. J'aime aller rechercher des défis. Il y a une période où j'ingurgite, j'accepte et je vais m'approprier le résultat. Mais une fois que c'est fini, je ne suis plus du tout dedans. Là, j'avais fait un Top 8 (6e, ndlr) à ces championnats et je n'étais pas satisfaite. Mais je ne vais pas m'apitoyer sur mon sort avant ces championnats d'Europe et plutôt rechercher des sensations comme celles que j'ai eues à ma dernière coupe du monde à Sydney (3e, ndlr), des sensations moins lointaines pour ne pas être en décalage par rapport à la piste.