Flamini, effet maxi

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Flamini, effet maxi
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Pas toujours utilisé par Massimiliano Allegri (20 apparitions en 35 matches), Mathieu Flamini n'en reste pas moins un joueur indispensable dans le groupe rossonero, prêt à rafler le Scudetto dès samedi face à l'AS Roma, lors de la 36e journée de Serie A. Le sens du devoir et l'énergie communicative du milieu formé par l'OM lui confèrent une place de choix dans le système comme dans la politique de l'AC Milan. Une anti-star parmi les étoiles.

Pas toujours utilisé par Massimiliano Allegri (20 apparitions en 35 matches), Mathieu Flamini n'en reste pas moins un joueur indispensable dans le groupe rossonero, prêt à rafler le Scudetto dès samedi face à l'AS Roma, lors de la 36e journée de Serie A. Le sens du devoir et l'énergie communicative du milieu formé par l'OM lui confèrent une place de choix dans le système comme dans la politique de l'AC Milan. Une anti-star parmi les étoiles. Mathieu Flamini maudira peut-être jusqu'à la fin de sa carrière Giampaolo Pazzini. Sans le formidable sens du but de l'attaquant intériste, auteur d'un doublé salvateur dans le temps additionnel à Cesena (2-1), le Minot marseillais aurait offert sur un plateau, samedi face à Bologne (1-0), le dix-huitième Scudetto de son histoire à l'AC Milan, le premier depuis 2004. Lui, le joueur de devoir, habituellement dévolu aux tâches obscures et phagocytaires, aurait emprunté à Zlatan Ibrahimovic et Robinho leurs habits de lumière, au moins le temps d'une folle soirée. Silvio Berlusconi, présent dans les vestiaires pour féliciter "ses enfants", l'aurait même invité à l'une de ses fameuses soirées "bunga bunga"... Son premier but à San Siro en trois ans de classe - un enchaînement grand pont-frappe en deux temps - aurait en effet pu valoir de l'or si l'Inter Milan n'avait pas rempli sa mission sur la pelouse du petit promu d'Émilie-Romagne. Pas sûr que le milieu défensif ne réitère pareille performance dans la Cité Eternelle, samedi, alors que les Rossoneri n'ont besoin que d'un seul point lors des trois dernières levées pour être officiellement sacrés. Déjà parce que Flamini n'a inscrit que trois petits buts depuis qu'il a traversé la Manche et les Alpes pour rejoindre Milanello, voilà trois étés. Son adresse dans le dernier geste et sa rentabilité but/matches disputés n'ont jamais été les arguments numéros uns des dirigeants lombards pour justifier en 2008 l'arrivée d'une teigne de 24 ans au beau milieu de stars en pré-retraite. Écrasé par la concurrence à Arsenal, où Arsène Wenger l'a longtemps utilisé comme rustine pour pallier le forfait longue durée d'Ashley Cole dans le couloir gauche, Silvio Berlusconi et Adriano Galliani voyaient en ce "chien fou" une sorte de guronzan pour effectif asthénique. Un Gennaro Gattuso qui sait jouer au ballon. Un profil qui détonne Les mécanismes de son action mirent cependant du temps à produire leurs premiers effets, ou ont plutôt varié selon le degré de dépendance du patient, pas si patient que ça avec le dénommé Flamini. Toujours satisfaisant dès qu'il est aligné dans le onze rossonero, celui que José Anigo n'avait pas hésité à qualifier de "traître" à son départ de l'OM s'est longtemps heurté à une concurrence XXL et des choix politiques bling bling, dictés d'en haut, pas toujours en symbiose avec ses qualités et son tempérament de guerrier. Ici, on achète les stars comme les jeans Diesel et les tenues dégriffées ne servent juste qu'à compléter le dressing. Encore aujourd'hui, et malgré des prestations tout à fait convaincantes, l'international tricolore (3 sélections) est utilisé au compte-goutte par l'insoumis Massimiliano Allegri, apôtre d'un entrejeu densifié, mais qui peut compter dans ce secteur de jeu sur des profils quasi-similaires à celui de son Frenchie (Ambrosini, Gattuso, Van Bommel, Boateng). Mais ses treize maigres titularisations en Serie A (et d'autres en Ligue des champions) suffisent amplement à son bonheur, lui qui n'entrait pas dans les plans du romantique Leonardo la saison dernière. Surtout, le Corse d'origine a trouvé dans la capitale lombarde un parfait terrain d'expression où sa passion pour l'art contemporain est nourrie chaque semaine par des expositions plus sublimes les unes que les autres. Dans son quartier de Brera, reproduction italienne de Saint-Germain-Les-Prés, Flamini goûte à la sympathie des riverains qui apprécient son football et son amour du maillot. Tout comme ses coéquipiers chez qui il inspire le respect pour sa détermination et son exemplarité. "Cela a été une saison très positive. J'ai beaucoup joué, je me sens bien dans cette équipe. Il y a un super état d'esprit", répétait à l'envi "Marathon Man" au micro de Canal Plus, samedi dernier. De quoi revoir l'avenir en Bleu, lui qui avait été notamment rappelé par Raymond Domenech pour parer à un éventuel forfait de Patrick Vieira lors de l'Euro 2008 ? "On verra, le plus important est de jouer avec mon club..." Au royaume des quotas, le valet Flamini aurait sûrement son mot à dire...