Fin du miracle berjallien

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Fin du miracle berjallien
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Le match de la survie du CSBJ dans l'élite a tourné à la déroute (14-44) samedi, à Pierre-Rajon, où le rival rochelais a humilié une équipe berjallienne démobilisée et rattrapée pour de bon par l'avanie extra-sportive d'un club à la dérive. Un vestiaire et des entraîneurs qui, une dernière fois, semblent avoir été lâchés par leurs dirigeants. Une fois de trop. Le Top 14, lui, pourrait devenir Top 13...

Le match de la survie du CSBJ dans l'élite a tourné à la déroute (14-44) samedi, à Pierre-Rajon, où le rival rochelais a humilié une équipe berjallienne démobilisée et rattrapée pour de bon par l'avanie extra-sportive d'un club à la dérive. Un vestiaire et des entraîneurs qui, une dernière fois, semblent avoir été lâchés par leurs dirigeants. Une fois de trop. Le Top 14, lui, pourrait devenir Top 13... Trois ans de miracle permanent ont pris fin samedi, à Pierre-Rajon, où le fameux collectif berjallien, déjà mal en point, a volé en éclats, balayé par une valeureuse formation rochelaise. Un match à la vie à la mort, comme les joueurs isérois ont su en gagner tant et tant par le passé au prix à chaque fois d'une solidarité et d'une investissement sans faille. Mais face aux Maritimes, l'heure de la démission avait sonné pour Milloud et ses coéquipiers, cette fois incapables de se surpasser dans l'épreuve, quatre jours après avoir appris la perte des cinq points retirés par la DNACG, le gendarme financier de la Ligue nationale (LNR). L'enterrement des dernières illusions dans un stade, où l'hypothétique union sacrée avait cédé le pas au triste spectacle d'une équipe accumulant les maladresses et d'un public à la mémoire décidément bien courte, n'hésitant plus à siffler ses protégés. D'un Mickaël Forrest, dix ans de Berjallie derrière lui, mais coupable de plusieurs maladresses, à Eric Catinot, dont la démission sera réclamée, les héros d'hier étaient samedi devenus les zéros d'une situation inextricable. Un vestiaire aux nerfs à vif, à l'image de Forrest quittant son jardin après la pause sur un bras d'honneur. Entre rage et dépit. Catinot conspué, Seigne annoncé "Tout le monde est très déçu, commente le demi de mêlée sur le site du club. Mon geste ? C'est un geste d'humeur, d'énervement. Les gens paient leur place, ils ont le droit de siffler mais c'est dommage que certains viennent juste pour tailler. J'ai mon fan-club en tribune EST, ils se reconnaîtront. On s'aime, on ne s'aime pas. Mais ça fait dix ans que je me bats pour ce club, j'ai toujours mouillé le maillot, je n'ai jamais triché. J'ai vécu les meilleurs moments. Là, on vit des moments difficiles. Je n'aurais peut-être pas dû faire ça, mais je suis un grand garçon et j'assume." Ses dirigeants ne peuvent visiblement pas en dire autant. Comment ne pas voir en effet une nouvelle trahison dans l'hésitation du président Gaston Maulin, révélée à l'issue de la rencontre sur Canal+, à finalement faire appel de la sanction de la DNACG, là où quelques heures plus tôt le septuagénaire martelait son intention de se battre coûte que coûte... Une promesse non tenue, une de plus, pour Catinot, Péméja et leurs joueurs. Catinot qui, avant d'affronter La Rochelle, affichait encore son ambition: "La sanction de 5 points n'a rien changé sur le fond. Nos dirigeants ont toujours dit qu'il n'y avait pas de problèmes et ils vont gagner en appel. Pour nous, l'équation reste la même: il faut battre La Rochelle et gagner à Agen. (...) Après, j'espère que les joueurs n'ont pas été trop touchés par cette sanction." Las... Au lieu de quoi Gaston Maulin, sitôt la déroute enregistrée, livrait sa vision à court terme d'un avenir résolument tourné vers la Pro D2 en annonçant la suspension de son duo d'entraîneurs et le dégraissage de son effectif dans le but d'alléger la masse salariale et combler le déficit de 1,5 millions d'euros de son budget. Une fin de saison comme une longue agonie, évidemment pas sans conséquences sur l'équité du championnat, qui pourrait vite devenir un Top 13... Une fin de parcours, dont la responsabilité devrait revenir à Laurent Seigne, dont le nom circulait dès vendredi dans les arcanes du club et que le comité directeur, programmé lundi, pourrait rappeler au chevet du club (voir par ailleurs)...