Fin de l'acte I

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Fin de l'acte I
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Au terme de son stage au Chambon-sur-Lignon, le XV de France, a bien mérité la première plage de repos promise par l'encadrement tricolore à ses troupes. Avec leur mise au vert en Haute-Loire, les Bleus, poussés un peu plus dans leurs derniers retranchements physiques, en ont terminé avec la première phase de leur préparation pour la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.). Rendez-vous désormais lundi, dans les Pyrénées Orientales, où Dusautoir et ses troupes vont se pencher un peu plus sur leur rugby.

Au terme de son stage au Chambon-sur-Lignon, le XV de France, a bien mérité la première plage de repos promise par l'encadrement tricolore à ses troupes. Avec leur mise au vert en Haute-Loire, les Bleus, poussés un peu plus dans leurs derniers retranchements physiques, en ont terminé avec la première phase de leur préparation pour la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.). Rendez-vous désormais lundi, dans les Pyrénées Orientales, où Dusautoir et ses troupes vont se pencher un peu plus sur leur rugby. "Si je dors pendant quatre jours quand je rentre chez moi, mon fils ne va pas être content." Cité par RMC, Damien Traille, à l'instar de tous ses coéquipiers de l'équipe de France, est fourbu à l'heure de redescendre des hauts plateaux auvergnats, où les Bleus viennent durant dix jours de suer sang et eau pour parfaire leur condition physique à moins de deux mois de la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande (9 sept.-23 oct.). Le XV de France a fait ce mardi ses adieux au Chambon-sur-Lignon, théâtre depuis dix jours du premier de ses deux stages de préparation pour le Mondial. Une ultime séance en matinée et les Bleus de Marc Lièvremont, qui ont pu croiser sur le chemin du départ les Champions de France lillois, prêts à leur succéder en stage de pré-saison à l'hôtel Bel-Horizon, ont bien mérité le retour dans leurs foyers et les cinq jours de repos promis par l'encadrement. Les Clermontois, qui évoluaient presque à domicile, ont quitté le site en voiture, tandis que le reste des troupes était acheminé en bus vers l'aéroport de Lyon-Saint Exupéry, d'où les Tricolores devaient s'éparpiller pour la première fois depuis plus de trois semaines. Tous ont désormais rendez-vous lundi prochain, à Perpignan, pour y débuter le deuxième stage au Domaine de Falgos, dans les Pyrénées Orientales. Parra: "Sur le moment, j'en aurais hurlé, j'aurais voulu tout lâcher" Ces adieux au Chambon marquent pour les Bleus la fin d'une première phase, au cours de laquelle les sélectionnés auront ciblé en priorité le développement de la "cardio" et de la puissance musculaire. Même si le rugby n'a pas été oublié, la dimension physique, au centre des préoccupations depuis trois semaines et le coup d'envoi de la préparation, fut au cours de ces dix derniers jours l'alpha et l'omega dans le quotidien tricolore. Pas mécontents de quitter leur cocon de Marcoussis, Dusautoir et ses coéquipiers n'ont pourtant eu aucun répit dans la verte campagne de la Haute Loire. Comme depuis la première heure du rassemblement le 28 juin dernier, rien n'est laissé au hasard. Jusque dans ces VTT avec lesquels les Bleus étaient tenus de circuler au Chambon de leur hôtel du Bel Horizon aux sites d'entraînement. "Ce VTT, je le balance mardi matin, je vais le jeter le plus loin possible, je ne peux plus le voir !", s'emportait dans un éclat de rire, toujours sur RMC, Vincent Clerc. L'anecdote illustre pourtant le souci permanent de dépense physique voulu pour repousser les limites de chacun au cours de ce stage, où les séances de dédicaces prolongées, pour le plus grand bonheur de leurs supporteurs, auront constitué quasiment les seules plages de répit des Bleus. David Marty, à 28 ans, peut bien aborder sa deuxième Coupe du monde, l'expérimenté Catalan a craqué, victime dimanche d'un terrible coup de fatigue et dispensé de la dernière journée d'entraînement. "J'en ai chié, n'hésite pas à décrire quant à lui Morgan Parra lorsqu'il se remémore dans le Midi Libre l'ascension du Mont Mézenc (1 753m) au coeur d'un raid-commando de 48 heures. Ça a été des moments très durs, mais ça resserre le groupe. Sur le moment, j'en aurais hurlé, j'aurais voulu tout lâcher, tout jeter tellement c'était dur, se souvient le demi de mêlée. Le plus dur ? La nuit ! On a très mal dormi les uns sur les autres, sous des tentes. Entre certains qui ronflent et d'autres qui bougent, c'était infernal." Une promiscuité inédite pour soigner cette fameuse cohésion sans laquelle aucun grand dessein n'est possible. "C'est très dur pour les joueurs. Mais c'est aussi de là que naissent les belles histoires humaines", rappelle Jo Maso, le manager des Bleus dans le quotidien régional Des sacrifices, dont tous attendent désormais de toucher les bénéfices à des horizons toutefois divers dans un groupe, où aux convalescents déjà connus -Thomas Domingo (genou droit), Aurélien Rougerie (cheville), Williams Servat (genou gauche), Fabien Barcella (tendon d'Achille), Imanol Harinordoquy (aponévrose plantaire) et Fulgence Ouedraogo (fracture du métacarpe)- sont venus s'ajouter des cas plus ponctuels, mais qui illustrent là encore le terrible investissement réclamé avec les pépins physiques signalés de Cédric Heymans (pointe musculaire), Fabrice Estebanez (suspicion de très légère déchirure), Alexis Palisson (fessier), Maxime Mermoz (tension au genou droit). Lâchés dans la nature pour cinq jours, les Bleus, à l'heure de rejoindre leurs foyers, se sont toutefois vu remettre un programme individualisé pour ne pas relâcher l'effort. Marc Lièvremont (voir par ailleurs), lui, se projette déjà sur le deuxième stage (25-30 juillet), à partir de lundi prochain, dans les Pyrénées orientales, qui marquera le coup d'envoi de l'acte II de la préparation avec l'accent mis, à l'approche des matches de préparation, sur le rugby. A Falgos, la vedette sera donnée à la dimension rugbystique. Finis les "skills" et autre travail d'appuis, place aux combinaisons et au jeu d'équipe au service duquel les Tricolores sont désormais prêts pour la plupart à mettre des organismes affûtés. Comme jamais.