Fifa : Blatter futur président contesté

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Fifa : Blatter futur président contesté
"Sepp" Blatter est certain d'être réélu à la tête de la Fifa, mais son quatrième et dernier mandat s'annonce compliqué.
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L’élection du président de la Fifa se déroule mercredi sur fond de scandale et de corruption.

Sans surprise, Joseph Blatter sera élu mercredi pour un quatrième mandat consécutif à la présidence de la Fédération internationale de football (Fifa). Voilà déjà une certitude et une satisfaction pour celui qui est le seul à briguer ce poste. Car pour le reste, le climat est actuellement délétère à la Fifa, minée par des rumeurs de corruption et des enquêtes internes.

D’ailleurs, si "Sepp" Blatter est seul en lice, c’est parce que son seul concurrent déclaré, Mohammed Bin Hammam, a été mis hors jeu. L’homme d’affaires qatari, président de la Confédération asiatique, a en effet été contraint de retirer sa candidature dans la nuit de samedi à dimanche, avant d'être suspendu le temps d'une enquête interne de la Fifa sur une fraude présumée liée au scrutin de mercredi. Le comité d'éthique de l’institution cherche à savoir si Mohammed Bin Hammam et Jack Warner ont bien offert pour 40.000 dollars, soit 36.000 euros, de cadeaux à des fédérations nationales en échange de leurs votes.

Habile politique

Par ailleurs, la Fifa doit également faire face à de nouvelles accusations de corruption, relatives aux conditions d'attribution des Coupes du monde de football 2018, à la Russie, et 2022, au Qatar. L'hebdomadaire britannique Sunday Times affirme que le Camerounais Issa Hayatou, vice-président de la Fifa et président de la Confédération africaine, et un autre membre du comité exécutif, l'Ivoirien Jacques Anouma, ont monnayé leur vote pour le Qatar.

En habile politique, l’inébranlable Joseph Blatter a tenté de tirer partie de ces scandales en ne manquant jamais une occasion de présenter les grandes lignes de son programme "tolérance zéro" contre la corruption. Et lundi soir, dans l’auditorium de la Fifa, le Suisse, en poste depuis 1998, s’est posé comme le candidat du… changement. "Il y a une mauvaise situation, mais il y aura un congrès électif mercredi et la famille du foot, si elle veut restaurer la crédibilité de la Fifa, pourra le faire avec moi".

Coca-Cola virulent

Mais Joseph Blatter pourrait ne pas s’en tirer aussi facilement. D’abord parce que les fédérations anglaises et écossaises ont appelé à un report du scrutin, même si elles n’ont aucune chance d’être entendues. Mais c’est surtout au niveau du portefeuille que la menace se précise.

Car les principaux partenaires économiques de la Fifa, les groupes Coca-Cola, Adidas, Hyundai, Sony, Visa et Emirates se sont inquiétés mardi de la situation. Les plus virulents sont les Américains de Coca-Cola, liés à l’institution depuis la Coupe du monde 1978, et désireux aujourd'hui de voir leur partenaire mettre sans tarder de l'ordre dans ses affaires : "Les allégations actuelles sont angoissantes et très mauvaises pour le sport", a déclaré le porte-parole de la marque de soda, Petro Kacur. "Nous nous attendons à ce que la Fifa trouve une solution à cette situation de manière adéquate et complète."

Une fois élu, Joseph Blatter aura donc beaucoup de travail, pour remettre en ordre de marche une organisation dont l’image pourrait être durablement ternie.