Fernandez pris pour cible

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Fernandez pris pour cible
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Six mois à peine après sa nomination à la tête de la sélection israélienne, Luis Fernandez est déjà sur la sellette. L'ancien entraîneur du PSG essuie sur place les critiques appuyées de la presse spécialisée, qui l'accuse d'avoir "assassiné" la sélection par ses méthodes peu conventionnelles. Une nouvelle défaite de son équipe mardi contre la Grèce, après celle subie samedi face à la Croatie (1-2), pourrait lui être fatale.

Six mois à peine après sa nomination à la tête de la sélection israélienne, Luis Fernandez est déjà sur la sellette. L'ancien entraîneur du PSG essuie sur place les critiques appuyées de la presse spécialisée qui l'accuse d'avoir "assassiné" la sélection par ses méthodes peu conventionnelles. Une nouvelle défaite de son équipe mardi contre la Grèce, après celle subie samedi face à la Croatie (1-2), pourrait lui être fatale. "La critique est aisée, mais l'art est difficile." Luis Fernandez risque de méditer longtemps cette maxime. Cet homme de médias connaît la critique pour en être un adepte régulier sur les ondes de RMC. Le voilà aujourd'hui de l'autre côté du poste, attaqué par les médias israéliens pour ses résultats à la tête de la sélection. Et son plus grand opposant n'est autre qu'un homme de radio lui aussi, Avi Ratzon, réputé comme étant le commentateur sportif le plus influent du pays. "En cas de défaite, monsieur Fernandez, il sera temps de dire adieu et de faire vos valises", réclamait-il à la veille de la réception de la Croatie samedi lors de la troisième journée des éliminatoires à l'Euro 2012. Privé de son capitaine et meilleur joueur, Yossi Benayoun, touché à un tendon d'Achille, Israël a perdu (1-2). Mais Fernandez est toujours là. Malgré les balles qui lui sifflent aux oreilles... Dernier assaut en date sous la plume d'Elad Lifshitz, auteur d'une tribune publiée dans les colonnes du quotidien israélien de référence, Ha'Aretz: "Fernandez est celui qui détruit le potentiel d'Israël. C'est le chef d'un orchestre aux mains liées, venu de France. Cohen (milieu de terrain aligné sur le côté gauche de la défense par Fernandez contre la Croatie, ndlr) n'est pas seul. Bibras Natcho, Almog Cohn, Gili Vermouth, Tamir Coehen - tous meurent d'envie d'éclater, mais Fernandez les tue un par un. Tous jouent trop bas, trop haut, trop à droite, trop à gauche, trop loin des uns des autres. Tous sont ses enfants, et un par un, il les émascule. L'assassin en question est tellement retranché dans ses idées que ce n'est pas la peine de discuter avec lui. Pour débattre, il faut comprendre les intentions de l'autre. Et il n'y a rien à comprendre d'un assassin." "Les joueurs l'aiment" Cette attaque au vitriol cache de véritables arguments, partagés par l'ensemble des médias israéliens, qui auront noté le faible bilan de l'ancien entraîneur du Betar Jérusalem à la tête de la sélection: une seule victoire, contre Malte (3-1), pour trois défaites (contre l'Uruguay et le Chili en amical et donc face à la Croatie) et un nul (contre la Géorgie) en cinq matches. Pour Lifshitz comme pour les autres, "ce n'est un problème de langage. Le problème avec cet assassin, c'est que la moitié de ses joueurs sont placés à des postes qu'ils n'ont jamais occupés. Il invente une forme de football israélien qui n'a jamais existé." Premiers concernés, les joueurs ne s'épanchent pas, murés dans le silence depuis samedi soir et la défaite contre la Croatie. L'ancien entraîneur du Paris Saint-Germain s'accrochera au soutien exprimé par son capitaine, Yossi Benayoun. "Je ne comprends pas les bêtises écrites par les journalistes locaux. Fernandez est une référence en matière de football", disait-il, rejoint par Dudu Aouate, le gardien de la sélection israélienne, le seul à avoir brisé le silence samedi soir. "J'ai l'impression qu'il n'y a plus de respect dans notre pays, s'insurgeait le capitaine intérimaire de l'équipe, interrogé par Ha'Aretz. C'est un entraîneur expérimenté. Ils le coupaient déjà en pièces avant le premier match. Ils le critiquaient avant la défaite contre la Croatie d'une manière cruelle et laide. J'ai honte pour Luis. Les joueurs l'aiment. La presse en Europe se déchaîne aussi contre les entraîneurs, mais jamais avant les matches, jamais sans savoir si l'entraîneur est bon ou mauvais." L'intéressé, sous contrat jusqu'à la fin de l'année 2011 avec pour mission de qualifier l'équipe nationale pour la phase finale de l'Euro 2012, s'est défendu comme il a pu en conférence de presse. "Les chiens aboient, la caravane passe. Mon objectif est d'apporter une autre méthode de travail, d'essayer de faire en sorte de réussir à mettre tous les atouts et toutes les chances de mon côté." Pas sûr qu'en cas de défaite mardi soir en Grèce, "un match qui peut préserver nos chances (de qualification, ndlr) ou clore notre campagne", comme le résume lui-même Aouate, Luis Fernandez puisse aller au bout de ses idées.