Fédrigo au panache

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Fédrigo au panache
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Pierrick Fédrigo a remporté la 6e étape du Dauphiné Libéré disputée vendredi entre Gap et Briançon. Le coureur de Bbox s'est imposé en puncheur devant ses compagnons d'échappée, Jurgen van de Walle (Quick Step) et Stéphane Goubert (AG2R). Pas de changement au classement général.

Pierrick Fédrigo a remporté la 6e étape du Dauphiné Libéré disputée vendredi entre Gap et Briançon. Le coureur de Bbox s'est imposé en puncheur devant ses compagnons d'échappée, Jurgen van de Walle (Quick Step) et Stéphane Goubert (AG2R). Pas de changement au classement général.Et Stéphane Goubert reste bredouille... A 39 ans, le vétéran du peloton ne compte toujours pas la moindre victoire chez les professionnels. Cette sixième étape du Dauphiné Libéré aurait pu réparer cette injustice pour celui qui reste, à bientôt quarante printemps, l'une des figures du peloton français. Mais c'est un autre Tricolore, Pierrick Fédrigo, décidément à la fête dans les Hautes Alpes après son succès à Gap sur le Tour de France 2006, qui est monté vendredi sur la plus haute marche à Briançon, terme de cette sixième étape sans conséquence au classement général. A deux jours de l'arrivée, entre le Mont Ventoux et l'enchaînement Galibier-Croix de Fer-Madeleine, Alejandro Valverde aura passé une journée des plus tranquilles, bien calé dans le peloton avant de franchir la ligne au marquage de ses deux rivaux, Cadel Evans et Alberto Contador, dont la vraie-fausse attaque dans le dernier kilomètre restera lettre morte. L'Espagnol de la Caisse d'Epargne doit ce répit à l'échappée du jour, alléchée par la perspective d'une étape longue de seulement 106 kilomètres et donc forcément nerveuse, qui se sera dessinée peu après le départ pour regrouper pas moins de quatorze coureurs à l'avant de la course. Dans ces conditions, l'équipe du leader pouvait se contenter d'assurer le train, tandis qu'on allait s'expliquer aux avant-postes pour la victoire d'étape. Même l'ascension de la principale difficulté du jour, l'Izoard et ses 14 kilomètres d'ascension, n'aura pas suffi à sortir le peloton de sa torpeur, exception faite d'un Mikel Astarloza à l'attaque et qui, pour récompense, obtient un joli rapproché au général de la huitième à la quatrième place, à 1'49" de Valverde.Fédrigo: "Si un jour, j'arrive avec Goubert..."Deux courses pour le prix d'une donc ce vendredi sur le Dauphiné, celle pour la victoire d'étape se jouait à vingt kilomètres de l'arrivée, sur cet Izoard, où l'échappée explosait, montée fatale à neuf des fuyards, dont les sprinteurs Gert Steegmans ou Markus Zberg, qui avaient bien tenté leur chance sans trop y croire. Cinq éléments s'isolaient en tête, dont Fédrigo, même si le coureur de la Bbox lâchait un temps du terrain: "Dans l'Izoard, j'ai préféré faire la montée à mon rythme, plutôt que de subir celui des autres. Réputé pour son sens de la course, le coureur de Marmande avait la bonne inspiration et à l'heure du final. "Je ne vais pas dire que j'ai géré dans ce final, parce qu'on ne gère pas dans un final comme ça, mais je suis toujours resté concentré sur Van de Walle. J'ai voulu gicler...". Derrière, Goubert s'accrochait autant à l'homme de tête qu'à cet espoir d'un premier bouquet. Mais Fédrigo, incontestablement le plus frais, sautait l'homme de l'AG2R, puis déposait Van de Walle à 500 mètres de la ligne. Du grand art pour le nouveau meilleur grimpeur, qui une fois passée la ligne, avouait "ne pas avoir été super bien dans la montée du Ventoux la veille" et n'y avoir "vu que des pieds...", mais qu'aujourd'hui (vendredi) "la tactique était de lancer un coup" et "qu'une fois devant, je me suis rendu compte que ça allait de mieux en mieux". Fédrigo qui n'oubliait pas "Goubi" le maheureux: "Lui ne connait pas le goût de la victoire, il la méritait..." Et concluait même: Si un jour, j'arrive avec lui, je crois que ce serait un cadeau qu'on pourrait lui faire parce que c'est un gars extraordinaire..." Fédrigo, beau coureur et chic type.