Federer, la traversée de Paris

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Federer, la traversée de Paris
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Deux ans et demi après Roland-Garros, Roger Federer a conquis Bercy, l'un des rares grands tournois qui manquait encore à son immense palmarès. Le Suisse s'est montré trop solide pour Jo-Wilfried Tsonga, battu (6-1, 7-6) dimanche lors d'une finale sans grand relief. L'Helvète rejoint ainsi Andre Agassi, le seul joueur à avoir dompté à la fois la terre battue de la Porte d'Auteuil et le court indoor du POPB.

Deux ans et demi après Roland-Garros, Roger Federer a conquis Bercy, l'un des rares grands tournois qui manquait encore à son immense palmarès. Le Suisse s'est montré trop solide pour Jo-Wilfried Tsonga, battu (6-1, 7-6) dimanche lors d'une finale sans grand relief. L'Helvète rejoint ainsi Andre Agassi, le seul joueur à avoir dompté à la fois la terre battue de la Porte d'Auteuil et le court indoor du POPB. Comme Roland-Garros, en 2009, Bercy a fini par craquer sous le charme de Roger Federer. Le Suisse a attendu de passer la trentaine pour mettre la main, dimanche, sur le tournoi parisien, à l'issue d'une finale face à Jo-Wilfried Tsonga qui n'aura pas tenu ses promesses. La faute principalement au Français qui, comme inhibé par l'événement, n'aura jamais réussi à se libérer pour produire son niveau de jeu habituel. Or comme il l'avait mentionné la veille au soir, il n'y a qu'en jouant son meilleur tennis qu'il peut battre l'ancien n°1 mondial, à l'instar de ce qu'il l'avait fait cette année à Wimbledon et à Montréal. Sur le central du POPB, sous les yeux de 14 000 spectateurs partagés entre le fait de soutenir le n°1 local ou de souhaiter le meilleur à la légende du jeu, Tsonga n'a pu que constater la supériorité de son adversaire, notamment lors de la première manche. Un set durant lequel "Jo" n'y aura cru que le temps d'un jeu, le premier. Prenant à froid l'Helvète, le Manceau menait 15/40 sur le service adverse mais deux retours trop longs l'empêchaient de faire la course en tête. Le Français ne le savait pas encore, mais il allait attendre 26 minutes avant d'inscrire son premier jeu et ainsi éviter une roue de bicyclette (5-1). Trop tendre dans la diagonale de revers, ciblée en priorité par son adversaire, Tsonga ne tenait pas la cadence. Et d'un coup droit gagnant Federer mettait fin au premier acte après seulement une demi-heure (6-1). Tsonga "déçu de ne pas avoir mieux joué" La deuxième manche se révélait plus équilibrée. Mais, comme il l'avait déjà montré samedi contre Isner, Tsonga se montrait inefficace sur les balles de break. Deux chances se présentaient à lui, à 2-1 puis à 4-3, mais à chaque fois le 8e mondial commettait la faute. Les fautes directes (27 contre 15 au Suisse), voilà ce qui a empêché le Tricolore de se rapprocher plus près d'un deuxième sacre au POPB, trois ans après ce qui reste aujourd'hui le plus grand titre de sa carrière. Dommage pour lui car Federer n'était pas intouchable dans le deuxième set, mais à la différence du Sarthois, il a su élever son niveau de jeu au moment clé. Dans le tie-break, l'Helvète faisait cavalier seul, profitant d'une ultime faute adverse pour remporter, après Doha et Bâle, son troisième tournoi de l'année (7-6 [3]). Le premier de sa carrière à Bercy donc, ce qui fait de lui le deuxième joueur après Andre Agassi à s'imposer à la fois à Roland-Garros et dans le Masters 1000 parisien. "Je suis épuisé en ce moment mais très heureux, soufflait devant les caméras d'Orange Sport le lauréat, vainqueur de son dixième match en deux semaines. C'est une journée complète. Je suis notamment très content de ma performance aujourd'hui. Jo n'a pas fait un mauvais match, il a fait un superbe tournoi et je le félicite aussi." Son vaincu ne partageait pas tout à fait le même avis, à raison. "Je suis déçu de ne pas avoir mieux joué, pestait Tsonga. C'est une finale, il était tout simplement au-dessus. J'avais beaucoup de mal à le déborder, il était super rapide. En tennis, le jour où il y en a un qui joue moins bien, l'autre à l'impression de mal jouer. C'est mon cas. C'est la vie, je vais travailler pour essayer de revenir plus fort." Sixième mondial dès lundi, le meilleur classement qu'il avait déjà atteint en novembre 2008 après son titre ici, le Français aura dans une semaine une belle occasion de se frotter à la crème de la crème à Londres. Et peut-être encore à Federer, déjà cinq fois vainqueur du Masters, et qui pourrait disputer dans la capitale anglaise sa centième finale sur le grand circuit. Un monument, tout simplement.