Faut-il prendre Montpellier au sérieux ?

  • A
  • A
Faut-il prendre Montpellier au sérieux ?
Partagez sur :

Aux commandes de la Ligue 1 avec pas moins de 33 points récoltés sur 45 possibles, Montpellier fait mieux jusque-là que les candidats au titre que sont le PSG, l'OM, Lille et Lyon. Attaque la plus prolifique de l'élite, sur les ailes du meilleur buteur Olivier Giroud (11 buts), le club héraultais semble avoir changé de catégorie à l'heure de recevoir Lorient pour le compte de la 16e journée. Peut-il pour autant tenir jusqu'au bout ?

Aux commandes de la Ligue 1 avec pas moins de 33 points récoltés sur 45 possibles, Montpellier fait mieux jusque-là que les candidats au titre que sont le PSG, l'OM, Lille et Lyon. Attaque la plus prolifique de l'élite, sur les ailes du meilleur buteur Olivier Giroud (11 buts), le club héraultais semble avoir changé de catégorie à l'heure de recevoir Lorient pour le compte de la 16e journée. Peut-il pour autant tenir jusqu'au bout ? OUI, Régis Aumont - Journaliste Sports.fr On n'est certainement pas premier de Ligue 1 après 15 journées par hasard. Plus encore quand on tourne à une moyenne de 2,2 points pris par match, ce qui dupliqué sur une saison entière amènerait à 83 points. Montpellier est un surprenant premier de la classe quand on sait que son budget (36 millions d'euros) se trouve à des années lumières de ceux des vrais candidats au titre que sont le PSG, l'OM, Lille et Lyon. Mais la vérité du terrain est tout autre, et le club cher à Louis Nicollin prouve journée après journée depuis le mois d'août qu'il n'a pas grand-chose à envier aux plus huppés. Comparativement à la saison dernière, quand le MHSC avait aussi tutoyé les sommets jusqu'à la mi-championnat avant de s'effondrer (10 points pris lors des 14 derniers matches pour finalement finir 14e), l'équipe est plus solide bien qu'elle ait très peu évolué à l'intersaison. Si seules les arrivées des défenseurs Bédimo et Hilton ont renforcé l'effectif (Jonathan Tinhan n'a joué que deux minutes en L1), le collectif a gagné en maturité et en automatismes. S'appuyant sur une jeune génération talentueuse (Belhanda, Yanga-Mbiwa, Saihi, Cabella, Stambouli) encadrée par des joueurs d'expérience (Hilton, Dernis, Estrada, Jeunechamp, Camara), Montpellier semble poursuivre sa progression et avoir tiré les leçons du passé. D'autant qu'avec Olivier Giroud, qui n'est déjà plus qu'à un but de son total en Ligue 1 la saison passée (11 contre 12), il possède une arme fatale capable de faire basculer à tout moment le sort d'une rencontre. Avec les progrès du néo-international, mais aussi un jeu davantage tourné vers cette pointe (replacement de Belhanda juste derrière lui, montées incessantes des deux latéraux Bocaly et Bédimo pour adresser des centres), Montpellier a gagné en efficacité. Avant-dernière attaque la saison dernière, l'équipe de René Girard a déjà inscrit autant de buts après 15 matches (32), ce avec une réussite équivalente à domicile et à l'extérieur (16 réalisations). Aussi ambitieuse à La Mosson que loin de ses bases, cette équipe n'a rien aujourd'hui d'un leader au rabais. Les prétendants au titre s'en méfient, à l'instar d'Antoine Kombouaré qui, avant le Clasico, faisait de Montpellier son principal rival du Sud cette saison... NON, Michael Balcaen - Rédacteur en chef adjoint Sports.fr Montpellier réalise indiscutablement un début de saison superbe. L'équipe dirigée par René Girard a su gommer quelques-uns de ses défauts de la saison dernière tout en digérant certains départs. Malgré tout, le club héraultais a déjà montré certaines limites face aux gros bras du championnat et ne possède pas l'effectif pour tenir la distance tout au long du championnat. Chaque équipe vit des périodes de troubles dans une saison. Cela n'a pas encore été le cas de Montpellier cette saison, or avec un championnat serré cela ne pardonne pas. Le PSG, Lille, Lyon ou même Rennes sont en embuscade et ont, eux, déjà connu une baisse de régime tout en restant à portée de fusil du club cher à Loulou Nicollin. Cette première place acquise à l'issue de la 15e journée de Ligue 1 n'a rien d'anecdotique car les Pallaidins effectuent un excellent travail et l'enjeu du débat ne tient absolument pas à remettre cela en question. Mais on a déjà vu par le passé des équipes qui cartonnaient en début de saison et s'essoufflaient par la suite. Cela a été le cas de Montpellier il y a deux saisons lorsque le club était encore 2e ex-aequo au soir de la 31e journée avant de céder sur le fil. Cette expérience va servir les joueurs qui étaient présents à l'époque mais l'expérience n'apporte pas un banc des remplaçants. Comment faire sans un Giroud au plus haut ? Impossible... Une baisse de régime ou, pire, une blessure aurait des conséquences directes pour le rendement. On l'a vu en Coupe de la Ligue avec le revers à domicile contre Lorient. Montpellier a besoin de s'étoffer afin de profiter d'une vraie profondeur de banc, à la fois en termes de concurrence, et donc de choix pour Girard, que de remplaçant en cas de blessure ou de méforme. Aujourd'hui, Montpellier joue bien, marque beaucoup de buts et tourne à plein régime. Effectuer des prospectives sur ces moyennes de buts, de victoires ou de points n'aurait aucun sens. La jeune génération est sûre d'elle mais plus la saison va avancer moins la marge de manoeuvre sera grande et plus les nerfs seront à vifs. Ce n'est pas un hasard si les équipes jeunes débutent souvent bien quand ce sont les équipes plus expérimentées qui finissent fort.