Evra repart de zéro

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Evra repart de zéro
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Revenu en équipe de France fin mars après une longue éclipse consécutive à la "mutinerie de Knysna", Patrice Evra n'a pas pour autant regagné sa place de titulaire dans le couloir gauche de la défense tricolore, puisque Laurent Blanc semble clairement lui préférer Eric Abidal, titulaire en Biélorussie. Mais le joueur de Manchester United, qui a joué et gagné lundi en Ukraine, affirme ne pas en prendre ombrage, conscient de repartir de zéro.

Revenu en équipe de France fin mars après une longue éclipse consécutive à la "mutinerie de Knysna", Patrice Evra n'a pas pour autant regagné sa place de titulaire dans le couloir gauche de la défense tricolore, puisque Laurent Blanc semble clairement lui préférer Eric Abidal, titulaire en Biélorussie. Mais le joueur de Manchester United, qui a joué et gagné lundi en Ukraine, affirme ne pas en prendre ombrage, conscient de repartir de zéro. Patrice Evra avait beau être le plus capé des onze titulaires lundi au coup d'envoi d'Ukraine-France avec ses 33 sélections au compteur, il ne s'en considérait pas moins, 90 minutes plus tard, comme un quasi-débutant au sein de cette équipe de France "new look" qui, sous la houlette de ses "jeunots" sans complexe, Marvin Martin, Kevin Gameiro et Younès Kaboul, venait de balayer l'Ukraine à l'issue d'une fin de match échevelée (4-1). "Le sélectionneur ne me connaît pas, il me connaît à Manchester, mais moi, je repars de zéro, à moi de faire des bonnes prestations comme ce soir", confiait-il au moment d'évoquer son nouveau statut en équipe de France. Nouveau statut car en un an, le latéral gauche de Manchester United est passé d'un rôle de capitaine et titulaire indiscutable des Bleus à celui de remplaçant, doublure d'Eric Abidal, dont le retour aux affaires, moins de trois mois après son opération d'une tumeur du foie, n'en finit plus d'étonner. Lorsqu'on évoque cette concurrence, qui a tourné à l'avantage du Barcelonais, notamment après la finale de la Ligue des champions remportée par les Catalans aux dépens des Red Devils, Patrice Evra affirme ne pas en prendre ombrage, trop heureux de voir son partenaire renouer avec le terrain: "Je n'aime pas dire que je suis en concurrence avec "Abi". Même si la réalité, c'est qu'on est deux pour ce poste, si "Abi" joue, je le soutiendrai toujours, avec tout ce qui s'est passé. Et même sans ça d'ailleurs, car de toute façon, on est potes avant tout.""Il faut mettre le sélectionneur en difficulté" Faut-il en déduire que Patrice Evra est devenu un joueur "lambda" de cette équipe de France, lui qui, un an plus tôt, s'apprêtait à disputer sa première Coupe du monde, brassard à la clé ? Apparemment, non, car s'il n'est plus forcément un cadre sur le terrain, il le reste en dehors, faisant partie de ces anciens dont la parole vaudrait de l'or, d'après les nouveaux venus. "Les joueurs cadres comme Malouda, Abidal, Ribéry, et Patrice Evra sont là pour motiver et faire avancer le groupe, expliquait ainsi samedi dernier à son arrivée à Donetsk Charles N'Zogbia. Ils sont expérimentés, ont des titres à leur compteur, il faut prendre exemple sur ces joueurs." Ce rôle de grand frère, le Mancunien, qui vient de fêter ses 30 ans, le revendique d'ailleurs haut et fort: "Ce n'est pas parce que je n'ai pas le bout de sparadrap sur le bras que je ne fais pas mon rôle. Tout le monde connaît mon caractère, je suis comme ça de nature, j'aime bien aller vers les autres, je ne changerai pas, quoi qu' il se passe." Ce "bout de sparadrap" lui manque-t-il ? La réponse est moins catégorique, plus fataliste, ravivant apparemment des souvenirs douloureux: "On me l'a retiré après ce Mondial complètement catastrophique, maintenant, je fais mon boulot." Redevenu simple soldat sous les ordres de Laurent Blanc, Patrice Evra se réjouit en tout cas du vent nouveau qui souffle sur une équipe de France désormais invaincue depuis neuf mois (et neuf matches). "Les jeunes, ils te poussent, ils te donnent envie de te faire plaisir et de leur faire plaisir, de faire les efforts pour tout le monde. Je les félicite parce que ce n'est pas facile, mais ça fait plaisir de voir Martin rentrer et mettre deux buts, c'est magnifique. Je suis content pour lui et pour toute l'équipe. On bosse bien, tout le monde va se remettre en question, il faut mettre le sélectionneur en difficulté." Comme quoi, Patrice Evra, crédité d'une prestation correcte face aux Ukrainiens, n'a pas complètement renoncé à retrouver sa place de titulaire en Bleu...