Evans n'a pas dit son dernier mot

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Evans n'a pas dit son dernier mot
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Malgré ses 34 ans, Cadel Evans n'a pas encore renoncé à l'idée de remporter un jour l'un des trois Grands Tours. Souvent placé mais jamais vainqueur, l'Australien a prouvé lors de Tirreno-Adriatico qu'il était aussi capable finir sur la plus haute marche d'une course à étapes. Offensif dans les côtes, sérieux lors du contre-la-montre final, remporté mardi par Fabian Cancellara, le coureur de la BMC est apparu très affûté.

Malgré ses 34 ans, Cadel Evans n'a pas encore renoncé à l'idée de remporter un jour l'un des trois Grands Tours. Souvent placé mais jamais vainqueur, l'Australien a prouvé lors de Tirreno-Adriatico qu'il était aussi capable finir sur la plus haute marche d'une course à étapes. Offensif dans les côtes, sérieux lors du contre-la-montre final, remporté mardi par Fabian Cancellara, le coureur de la BMC est apparu très affûté. Et si c'était enfin l'année de Cadel Evans ? Grand spécialiste des places d'honneur, deuxième du Tour de France en 2007 et 2008, troisième du Giro en 2009, l'Australien, qui compte aussi à son palmarès de très belles victoires comme le Tour de Romandie en 2006, le championnat du monde en 2009 et la Flèche Wallonne en 2010, a marqué les esprits en ce début de saison 2011 en remportant Tirreno-Adriatico. Parfois critiqué pour un tempérament un peu trop attentiste, le natif de Katherine, qui a fêté en février dernier ses 34 ans, a su cette fois forcer sa nature pour s'adjuger la victoire finale. Discret lors des trois premiers jours de course, un contre-la-montre par équipes remporté par la Rabobank et deux étapes de plat réservées aux sprinteurs, le leader de la BMC est sorti de l'ombre dès que la route est devenue plus vallonnée. Troisième à Chieti samedi, derrière les puncheurs italiens Michele Scarponi et Damiano Cunego, celui qui a débuté sa carrière dans le cyclisme par le VTT a de nouveau répondu présent le lendemain à Castelraimondo. Présent dans le groupe des favoris, arrivé avec deux petites secondes de retard sur le vainqueur du jour, le Belge Philippe Gilbert, Evans s'est emparé de la première place du classement général au détriment du Néerlandais Robert Gesink (Rabobank), distancé dans la dernière montée. La Grande Boucle en ligne de mire Un maillot de leader que l'Australien a consolidé lundi en remportant l'étape à Macerata. Attaqué par Giovanni Visconti (Farnese Vini-Neri Sottoli) et Vicenzo Nibali (Liquigas-Cannondale) dans l'ascension finale, l'ancien coureur de la Lotto a parfaitement résisté et même contré les deux Siciliens pour s'imposer au sprint au sein d'un groupe d'une dizaine de coureurs. Il ne lui restait donc plus qu'à limiter la casse mardi lors du contre-la-montre final de 9,3 kilomètres, disputé sur le front de mer de San Benedetto del Tronto. Douzième à l'arrivée, à 31 secondes du vainqueur du jour, le Suisse Fabian Cancellara (Leopar Trek), qui a bouclé la distance en 10'33", Cadel Evans parvenait à conserver onze secondes d'avance sur Robert Gesink et quinze secondes sur Michele Scarponi au général. Et l'Australien ne compte pas s'arrêter en si bon chemin, lui qui a fait du Tour de France son grand objectif de l'année. "Je me suis entraîné vraiment dur cet hiver. C'est la raison pour laquelle je n'ai pas beaucoup couru en début de saison. Je travaille en pensant à cet objectif en juillet", a-t-il confié après sa victoire. De son côté, le directeur sportif de la BMC, John Lelangue, a entièrement confiance en son leader, comme il l'a expliqué début mars dans un entretien accordé au journal australien The Advertiser: "Cadel est comme une bonne bouteille de vin. Il est toujours motivé et en pleine forme, alors attendez-vous à le voir à ce niveau pendant encore quelques années". S'il finit en jaune cet été sur les Champs-Elysées, Evans pourrait ainsi devenir le coureur le plus âgé à remporter la Grande Boucle depuis Henri Pélissier en 1923. Il ferait ainsi mieux que Lance Armstrong et Carlos Sastre, vainqueurs en 2005 et 2008 à l'âge de 33 ans.