Et si un Bleu était champion du monde ?

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Et si un Bleu était champion du monde ?
@ Montage MAXPPP
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CYCLISME - La course en ligne des Mondiaux a lieu dimanche chez les hommes. Les Bleus espèrent...

Cela fait quatorze ans cette année qu'un coureur français n'a pas été champion du monde. Le dernier Tricolore à avoir revêtu le maillot arc-en-ciel demeure Laurent Brochard, sacré en 1997 à Saint-Sébastien. Pire, au XXIe siècle, un seul Français a réussi à s'inviter sur le podium. C'était Anthony Geslin en 2005. Pourtant, Europe1.fr a trouvé quatre raisons de croire au miracle et à un titre mondial pour un Bleu, dimanche, à Copenhague, au Danemark.

Une équipe homogène et performante. La France bénéficie cette année de sa progression au classement mondial. Désormais dixième, elle va pouvoir compter sur neuf coureurs, contre six les deux saisons précédentes. Une différence d'importance. "Puisqu'il s'agira de ne pas laisser partir une échappée et de participer à une course de mouvements dans les 100 derniers kilomètres, c'est quand même plus facile de compter sur neuf hommes plutôt que sur six", explique le capitaine des Bleus, Laurent Jalabert. L'équipe de France allie coureurs d'expérience -  Sylvain Chavanel (Quick Step) et Thomas Voeckler (Europcar) -, baroudeurs de talent - Blel Kadri (AG2R La Mondiale), Yoann Offredo (FDJ) et Anthony Roux (FDJ) - et quatre éléments rapides au sprint : Samuel Dumoulin (Cofidis), Romain Feillu (Vacansoleil), Tony Gallopin (Cofidis) et Anthony Ravard (AG2R La Mondiale).

Un parcours sans relief mais piégeux. A l'instar de celui de l'an dernier, à Geelong, en Australie, le parcours de cette course en ligne, long de 266 kilomètres, ne présente pas de difficulté particulière. Cela explique l'absence des "gros bras" du peloton, Cadel Evans, Andy Schleck ou Alberto Contador. En revanche, la crème du sprint sera là (Cavendish, Hushovd, Freire, Farrar, Sagan, Greipel, Kittel...) ainsi que l'épouvantail Philippe Gilbert. Pour autant, rien n'est perdu pour les Bleus car le parcours est semé d'embûches. "Le premier tiers du circuit est dangereux et technique sur des routes étroites et sinueuses où il ne pourra y avoir plus de cinq coureurs de front, peut-être six et je suis certain que les chutes seront des faits de course importants", explique ainsi Jalabert. En dehors du risque de chutes, le final du tracé est également marqué par un faux-plat montant qui pourrait redistribuer les cartes. "Avec un peu de réussite, ça peut être très bien, c'est une montée qui m'avantage un peu", souligne ainsi Feillu, clairement la meilleure chance des Bleus en cas de sprint massif, dimanche.

Une dynamique de victoires. Vendredi, Arnaud Démare est devenu champion du monde espoirs devant son compatriote Arnaud Petit. Samedi, ce fut au tour de Pierre-Henri Lecuisinier de l'emporter chez les juniors. Jamais deux sans trois ? L'équipe de France a des raisons d'y croire. Elle semble peu à peu retrouvé sa place parmi l'élite du cyclisme mondial. John Gadret a terminé quatrième du Tour d'Italie et, plus fort encore, Thomas Voeckler a pris la même place sur le Tour de France, ce qui était totalement inattendu. "Au départ d'une course, je ne me dis plus que je n'ai aucune chance de la gagner", confie Voeckler dans L'Equipe de samedi. Chavanel et lui sont les deux derniers champions de France et savent donc y faire pour aller chercher un maillot distinctif.

Un changement de mentalité. Les victoires venant, les mentalités évoluent. Et le cyclisme français redécouvre l'ambition. Tous, des responsables de la fédération jusqu'aux coureurs, semblent aborder la course de dimanche avec un appétit retrouvé. "Concernant les pros, je pense que nous pouvons avoir une très belle surprise", souligne la DTN du cyclisme français, Isabelle Gautheron. "Notre équipe a du talent et les coureurs français gagnent de nouveau. J'y crois très fort !" Plus mesuré, Laurent Jalabert évoque néanmoins l'hypothèse d'un podium. "Nous n'avons pas l'un des meilleurs sprinteurs du monde, un Peter Sagan qui est mon favori, ou un Cavendish mais nous ne sommes pas résignés et je pense qu'une médaille est un objectif réaliste. En trois ans, l'état d'esprit des coureurs français a beaucoup évolué. Ils y croient de nouveau." Et Europe1.fr avec eux.