Et si Trinh-Duc revenait ?

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Et si Trinh-Duc revenait ?
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Resté figé depuis l'humiliation face aux Tonga, le groupe France, après son superbe rebond face à l'Angleterre, peut-il s'ouvrir de nouveau pour la demi-finale de Coupe du monde face au Pays de Galles samedi, à l'Eden Park ? C'est la question que devra trancher Marc Lièvremont lors de l'annonce de son quinze de départ ce mardi matin (2h00, heure française). La fraîcheur physique des Tricolores pourrait encourager le sélectionneur au statu-quo, à moins qu'il ne cède à la tentation Trinh-Duc...

Resté figé depuis l'humiliation face aux Tonga, le groupe France, après son superbe rebond face à l'Angleterre, peut-il s'ouvrir de nouveau pour la demi-finale de Coupe du monde face au Pays de Galles samedi, à l'Eden Park ? C'est la question que devra trancher Marc Lièvremont lors de l'annonce de son quinze de départ ce mardi matin (2h00, heure française). La fraîcheur physique des Tricolores pourrait encourager le sélectionneur au statu-quo, à moins qu'il ne cède à la tentation Trinh-Duc... A la question d'un journaliste, réputé il y a peu encore comme son plus grand détracteur, mais dont le ton ces dernières heures se fait bizarrement nettement plus mielleux, Marc Lièvremont, interrogé sur la nécessité, ou non, de régénérer le groupe tricolore à l'approche de la demi-finale face au Pays de Galles, a offert ce dimanche cette réponse pleine d'ironie, évoquant les pistes qui s'offraient à lui: "Je parlais des leviers qu'il faudra actionner cette semaine et qui ne seront pas forcément ceux de la honte comme ceux de la semaine dernière, explique-t-il, un rictus en coin. Ça peut être un piste de changer toute l'équipe et faire jouer les frustrés de ce week-end. C'est possible." Face aux rires entendus de son auditoire, le coach des Bleus n'en dira pas plus. Si on ne peut plus jurer de rien avec Lièvremont et avec cette équipe de France, qui se plaît à défier la logique, une telle perspective paraît hautement improbable. D'autant que les vainqueurs de l'Angleterre, sans minimiser leur performance, n'ont jamais fait qu'effacer la tâche du Tonga. Rien de plus. "Les joueurs d'une certaine manière, on remplit une sorte de contrat moral en égalant toutes les générations passées, confirme le sélectionneur tricolore. Vis-à-vis de la fédération pour laquelle il est aussi important de faire partie du carré final. Il reste à écrire leur propre histoire et il faut qu'ils aient cette volonté-là." Leur tâche n'est pas finie et Lièvremont serait disposé à donner aux tombeurs de la Rose cette opportunité. Rougerie en question... Une disposition apparente au statu-quo qui s'appuie notamment sur l'état de fraîcheur physique des Bleus, qui à en croire Lièvremont ne laisse pas craindre un potentiel trop entamé. "On n'est pas trop mâché, constate le coach. Jusqu'à présent, on fait preuve de fraicheur, en tout cas dans la récupération des matches, c'est tout de même un indice important." D'autant que le rythme de jeu proposé dans cette édition n'affole pas cette équipe de France: "D'une manière générale, sur cette Coupe du monde, il n'y a pas les intensités auxquelles ont s'était préparés, que quelque part nous avaient promis les trois grands du Sud. Peut-être que parce que jusqu'à maintenant, il n'ont peut-être pas capables d'imprégner ce rythme à la compétition." D'où l'idée qu'à la différence de campagnes précédentes, où la reconduction de certaines équipes de France, fourbues et entamées physiquement, entraîna leur perte, cette fois, les Tricolores en ont encore sous la pédale pour assumer leurs ambitions. Même si sélectionneur sait aussi s'incliner volontiers devant une réalité qui vaut pour toutes les équipes de France engagées dans le tableau final d'une Coupe du monde et confronté à de fameux enchaînement de trois matches: "Ça, on ne sait pas faire. Pour l'instant." La précision est d'importance. Pour y parvenir, il y a nécessité absolue de corriger les scories encore trop nombreuses apparues sur la copie rendue face aux Anglais. "Deux des leviers qu'on va certainement actionner cette semaine, c'est nos approximations de la deuxième mi-temps notamment, le fait qu'on a beaucoup couru après le ballon, qu'on a été beaucoup pénalisés et qu'on aurait peut-être pu perdre le match, détaille Lièvremont. Le fait aussi que j'ai vu tous les matches des Gallois et que je les trouve excellents, en pleine forme et qu'ils produisent un très beau rugby, certainement plus complet que les Anglais ; la façon dont ils ont maîtrisé cette équipe d'Irlande, pourtant elle aussi en pleine confiance, est impressionnante." Un autre profil aussi après l'Angleterre (voir par ailleurs), sans doute plus joueur, à l'image d'une si séduisante ligne de trois-quarts, où trône un Jamie Roberts impérial. Un autre défi pour le milieu de terrain français après le massif Tuilagi, qui a pu pointer certaines difficultés françaises, notamment d'un Aurélien Rougerie, qui quoi qu'en dise aura joué avec une épaule blessée face aux Anglais. "Tuilagi a ses qualités, qui sont exceptionnelles, il a vingt ans, donc il est quand même promis à une carrière magnifique", tempère Lièvremont, avant de défendre ses joueurs: "Ceci dit, ça ne veut pas dire que Maxime (Mermoz) et Aurélien n'ont pas fait un bon match. D'ailleurs, on va jouer, à mon avis, ce qui est le meilleur centre de la compétition depuis le début de la Coupe du monde, et sans problème, qui est Roberts, assez impressionnant. Je pense que nos trois-quarts ont aussi des qualités, de manière différente qu'un Tuilagi ou qu'un Roberts." Lièvremont n'en dévoilera pas plus sur ses intentions, l'idée d'un retour dans le quinze de départ d'un François Trinh-Duc, dont on pourrait s'attendre qu'à l'image d'un Harinordoquy, il ait à son tour mérité de sortir du frigo, restant en suspend... Le XV de France probable: Médard - Clerc, Rougerie, Mermoz, Palisson - (o) Parra, (m) Yachvili - Harinordoquy, Bonnaire, Dusautoir (Cap.) - Papé, Nallet - Mas, Servat, Poux. Remplaçants: Szarzewski, Barcella, Pierre, Picamoles, Trinh-Duc, Marty, Heymans.