Et la tête pour Gilbert...

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Et la tête pour Gilbert...
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Au mont des Alouettes, Philippe Gilbert s'est adjugé, samedi, la première étape du Tour de France. Le champion de Belgique, grand favori en raison de la bosse finale taillée pour les puncheurs, a prouvé qu'il avait bien des jambes de feu, devançant de plusieurs mètres Cadel Evans puis un petit groupe dans lequel ne figurait pas Alberto Contador. Pris dans une chute collective à 10 km du but, l'Espagnol a perdu 1 minute et 20 secondes, comme Samuel Sanchez.

Au mont des Alouettes, Philippe Gilbert s'est adjugé, samedi, la première étape du Tour de France. Le champion de Belgique, grand favori en raison de la bosse finale taillée pour les puncheurs, a prouvé qu'il avait bien des jambes de feu, devançant de plusieurs mètres Cadel Evans puis un petit groupe dans lequel ne figurait pas Alberto Contador. Pris dans une chute collective à 10 km du but, l'Espagnol a perdu 1 minute et 20 secondes, comme Samuel Sanchez. On attendait une première étape animée en Vendée, avec le mont des Alouettes comme juge de paix. On attendait Philippe Gilbert sur ce tracé taillé pour ses qualités de puncheur. On attendait, avec moins de certitudes, une première explication entre les prétendants au classement général, avec pourquoi pas quelques écarts minimes au sommet de cette côte d'un peu plus de deux kilomètres aux pourcentages certes pas très élevés (4.7%). On a tout eu. Si les Français Jérémy Roy et Perrig Quémeneur, premier attaquant de ce Tour 2011 dès le kilomètre 0, et le Néerlandais Lieuwe Westra ont passé 174 bornes en tête, c'est bien dans le final de ce hors d'oeuvre que l'on a trouvé de la saveur. La nervosité du peloton, mais aussi l'inadvertance d'une spectatrice, heurtée par un coureur lancé à pleine vitesse à dix kilomètres de l'arrivée, a provoqué une grosse chute collective qui a mis à terre une bonne quinzaine de coureurs et retardé les deux tiers du peloton. Parmi les piégés, Alberto Contador, double vainqueur sortant, a payé un lourd tribut en concédant 1 minutes et 20 secondes. D'autres prétendants au podium (Samuel Sanchez, Roman Kreuziger) ont aussi perdu beaucoup de temps sur le vainqueur du jour, un Philippe Gilbert visiblement aussi fort que lors de sa razzia sur les classiques du printemps. L'actuel n°1 mondial, de retour sur la Grande Boucle après deux ans d'absence, avait à coeur de pouvoir montrer sur l'épreuve cycliste la plus médiatisée du monde le coureur qu'il est devenu. Un coureur toujours explosif mais plus expérimenté. Idéalement placé et protégé par ses coéquipiers d'Omega Pharma-Lotto quand les chutes ont scindé le peloton en plusieurs groupes, le tout frais champion de Belgique n'a eu ensuite besoin de personne pour aller chercher la gagne en répondant à l'attaque de Fabian Cancellara dans le dernier kilomètre. Gilbert, fortement agacé d'avoir vu son nom mêlé à l'affaire Vansevenant, le chauffeur VIP du bus de son équipe sur le Tour qui a récemment reçu par la Poste des produits interdits, a mis tout le monde d'accord en contrant seul le grand Suisse pour passer en tête au mont des Alouettes. "Là, je vais rester poli..." Jamais à pareille fête sur le Tour de France, le Liégeois est donc le premier maillot jaune de cette 98e édition et a déjà rempli son objectif. Il pourrait devenir encore plus dangereux pour la suite, et notamment lors de la quatrième étape qui s'achèvera mardi au Mûr-de-Bretagne le jour de ses 29 ans. "J'avais pour ambition de remporter au moins une étape et de porter le maillot jaune, je suis donc très heureux, commentait-il une fois la ligne d'arrivée franchie. J'avais d'autant plus de motivation aujourd'hui que je souhaitais répondre sur le vélo à l'amalgame dont j'ai été victime ces derniers jours. Là, je vais rester poli..." Pas du genre à en faire des tonnes, l'homme aux 13 victoires cette saison préfère répondre assis sur sa selle. Pendant que Gilbert savourait son premier exploit sur la Grande Boucle, Contador était relégué plus loin derrière, emmené par sa garde rapprochée de l'équipe Saxo-Bank pour essayer de limiter la casse. L'Espagnol, grand perdant du jour, a serré les dents au sein d'un deuxième groupe de piégés. S'il a pris la 35e place de l'étape, le double vainqueur sortant fait partie des rares leaders à n'avoir pas pu accrocher le bon wagon. Ainsi les frères Schleck, Cadel Evans, deuxième de l'étape à trois secondes du vainqueur, Ivan Basso, Bradley Wiggins, Robert Gesink, Jürgen Van den Broeck ou encore Levi Leipheimer ont tous pris plus d'une minute au grand favori de l'épreuve. Voilà qui influera certainement sur le comportement futur de Contador dès que la route s'élèvera vraiment, c'est-à-dire pas avant une semaine et demie... On attend la suite.