Et la terre a tremblé

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Et la terre a tremblé
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Nadal-Lorenzi. L'affiche la plus déséquilibrée sur le papier de la journée de mercredi, au Masters 1000 de Rome, a accouché d'une rencontre palpitante qui a vu le n°1 mondial avoir toutes les peines du monde face au qualifié italien. Vainqueur en trois manches (6-7, 6-4, 6-0), l'Espagnol est passé très près d'une deuxième défaite de suite sur terre battue. Auparavant, Novak Djokovic s'était baladé contre Lukasz Kubot (6-0, 6-3).

Nadal-Lorenzi. L'affiche la plus déséquilibrée sur le papier de la journée de mercredi, au Masters 1000 de Rome, a accouché d'une rencontre palpitante qui a vu le n°1 mondial avoir toutes les peines du monde face au qualifié italien. Vainqueur en trois manches (6-7, 6-4, 6-0), l'Espagnol est passé très près d'une deuxième défaite de suite sur terre battue. Auparavant, Novak Djokovic s'était baladé contre Lukasz Kubot (6-0, 6-3). Heureux soient les Romains qui n'ont pas quitté la Ville Eternelle ce mercredi, faisant fi de la prédiction du dénommé Rafaele Bendandi, un sismologue disparu en 1979, qui avait annoncé que Rome serait détruite par un tremblement de terre le 11 mai 2011. Heureux car, si la terre a bien bougé, il s'agit de la terre battue du Foro Italico, théâtre de l'affrontement entre le David italien, Paolo Lorenzi, et le Goliath de la surface ocre, Rafael Nadal. Le séisme, malheureusement pour le public transalpin, n'avait pas la magnitude suffisante pour emporter totalement le n°1 mondial. Mais c'est peu de dire que le Majorquin a été ébranlé par cet étonnant 148e mondial, issu des qualifications, et tombeur la veille du redoutable Thomaz Bellucci (7-6, 6-3). Trois jours après sa défaite contre Djokovic en finale à Madrid (7-5, 6-4), Nadal s'en est finalement sorti en trois manches (6-7, 6-4, 6-0), mais rarement (jamais ?) l'ogre de la terre battue n'était passé aussi près de s'incliner pour la deuxième fois de suite sur sa surface fétiche. Ce qui ne lui est bien sûr jamais arrivé (*). Comment ce Romain de 29 ans a-t-il pu faire trembler à ce point le n°1 mondial ? Simple, en réalisant le match de sa vie. Pour le deuxième jour d'affilée. Devant un Central bouillant et déchaîné, Lorenzi n'a fait preuve d'aucun complexe. Derrière une bonne première, l'Italien n'a retenu aucun coup, a dicté le jeu, jusqu'à faire douter Rafael Nadal lui-même. Face à un joueur très entreprenant (14/18 au filet dans la première manche), l'Espagnol a cherché des solutions. On l'a même vu éviter son revers pour frapper en coup droit, avec un déchet tout simplement incroyable. Cela lui a coûté son break d'avance dans la première manche (4-4). Et cela a surtout gonflé Lorenzi à bloc. Mené dans le tie-break, l'Italien s'est vu offrir une balle de premier set après les 15e et 16e fautes directes de Nadal en coup droit (!). Une occasion trop belle pour ne pas être défendue avec acharnement. Après une défense exceptionnelle, Lorenzi, d'un joli lob, forçait Nadal à jouer un smash pas évident. Out ! 7-6 Lorenzi. La place de n°1 en jeu A le voir réussir le break dès le premier jeu de la deuxième manche, on imaginait alors facilement le Majorquin punir l'impertinent en deux petits sets. Mais Nadal a continué à souffrir, et à réussir aussi peu de coups gagnants. Il a même mordu la poussière au sens propre après un mauvais appui, preuve que ce n'était vraiment pas son jour. Quelques points plus tard, Lorenzi débreakait (3-3). Puis sauvait une balle de break dans le jeu suivant, au prix d'une nouvelle défense exceptionnelle. Le break arrivait finalement au pire moment, dans le neuvième jeu. Non sans avoir à sauver une balle de 5-5, Nadal recollait péniblement à une manche partout (6-4), après plus de deux heures de jeu. C'était d'ailleurs sans doute trop pour Lorenzi. A bout de forces, l'Italien n'a pas vraiment existé dans le set final. Heureusement, le 6-0 reçu dans le troisième set ne l'a pas privé de l'ovation ô combien méritée du Foro Italico. Nadal, donc, a finalement sauvé l'essentiel. L'Espagnol sait que s'il n'atteint pas les demi-finales cette semaine, il pourrait perdre sa place de n°1 mondial si Djokovic remporte le tournoi. Le couperet est évité. Au prochain tour il affrontera Feliciano Lopez ou Philipp Kohlschreiber. Et Djokovic pendant ce temps-là ? Tout va bien, merci pour lui. Lukasz Kubot, expédié en 1h07 (6-0, 6-3), peut en témoigner. (*) Toutes surfaces confondues, si l'on excepte le Masters 2009 (trois défaites), Nadal n'a plus perdu deux rencontres de suite sur le circuit depuis l'été 2007, contre Djokovic à Montreal et Monaco à Cincinnati. Sur abandon.