Et finalement Toulouse...

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Et finalement Toulouse...
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A l'arraché ! Mené durant plus de 40 minutes, après l'unique essai de la partie inscrit par Nagusa en première période, le Stade toulousain est parvenu à briser le rêve d'héroïques Montpelliérains (15-10), en finale du Top 14 samedi soir au Stade de France. C'est grâce à la botte de Skrela, pourtant défaillante, puis à celle de Bézy, que les hommes de Novès ont décroché dans les dix dernières minutes un 18e Brennus.

A l'arraché ! Mené durant plus de 40 minutes, après l'unique essai de la partie inscrit par Nagusa en première période, le Stade toulousain est parvenu à briser le rêve d'héroïques Montpelliérains (15-10), en finale du Top 14 samedi soir au Stade de France. C'est grâce à la botte de Skrela, pourtant défaillante, puis à celle de Bézy, que les hommes de Novès ont décroché dans les dix dernières minutes un 18e Brennus. Ils y ont cru si fort ! Montpellier aura tenu son Brennus jusqu'à la 71e minute de cette finale inédite du Top 14, avant de céder (15-10). Et c'est déjà un exploit pour la jeune équipe de Galthié et Béchu, capable une fois encore de faire déjouer totalement, ou presque, le grand Toulouse. Un rêve fou, entretenu jusqu'au bout de l'espoir, malgré tous les pronostics de la France du rugby qui donnaient le Stade archi-favori. Malgré la différence colossale de moyens entre les deux clubs et par-delà la douleur d'un capitaine, touché dans sa chair, mais qui pour rien au monde n'aurait manqué ce moment pour l'histoire. Il faut croire que tous les marabouts à s'être penchés sur le cas de Fulgence Ouedraogo avaient aussi jeté quelques mauvais sorts aux joueurs de la Ville rose. Et en particulier à leur buteur, David Skrela, qui avec 15 points oubliés en route (3 sur 8), aura bien failli rejoindre ses confrères Teulet et Wisniewski au rang des grands malheureux de la saison. Et c'est sans doute sur ce supplément de fraîcheur, forcément favorable aux Toulousains, plus que sur la longueur des crampons d'un Bustos Moyano -le buteur a glissé sur ses deux premières tentatives...- que la différence aura fini par poindre dans la dernière ligne droite d'une finale, qui aura plus valu par son scénario haletant que par la qualité du jeu déployé. Nagusa, le grand fait-tout Et la question qui taraude tout un chacun au coup d'envoi: comment va réagir cette équipe de Montpellier à l'heure de son dépucelage en finale ? Soumis à l'épreuve ultime de ce match pour le titre, celui qui vous offre le droit d'embrasser Brennus, les Héraultais - rassurés par la présence de leur capitaine courage - ont droit d'entrée au feu brûlant du Stade toulousain, qui impose son rythme et met à la faute son adversaire. Est-ce déjà le syndrome du buteur qui s'effrite, toujours est-il que David Skrela, face aux poteaux à 35 mètres, rate sa première tentative (8e). Pris à la gorge, le Petit poucet de cette finale n'en est pas moins invisible dans la moitié de terrain toulousaine, à l'issue du premier quart d'heure. Et ce diable de Caucaunibuca de sortir de sa boîte, quand sur ce coup de pied à suivre de Heymans, le Fidjien profite du rebond du ballon sur le poteau de coin autant que du raté de son compatriote Nagusa pour aplatir. L'arbitrage vidéo met en évidence le pied en ballon mort de "Rups", qui lui coûte l'essai (17e). L'orage annoncé dans le ciel de Saint-Denis se fait attendre, Montpellier en laisse passer un autre et frôle l'ouverture du score. A 55 mètres des perches, Skrela se commet dans une faute au sol pour laisser Bustos Moyano entrer en piste, mais l'Argentin est trop court (19e). Un répit de courte durée. Sur une mêlée à introduction toulousaine, à cinq mètres de sa ligne, il faut l'énorme effort du pack bleu et blanc pour repousser le danger (23e). Un drop mal ajusté de Trinh-Duc (26e) et Montpellier s'offre sa première attaque au large. Et quelle attaque, qui fait mouche sur un numéro de Nagusa, cette fois nettement plus à l'aise. Le Fidjien tape par-dessus au niveau de la ligne médiane, récupère et s'en va crocheter Heymans pour aplatir entre les poteaux (0-5, 27e). Le premier essai de cette finale - le 11e cette saison de Nagusa - est montpelliérain, Bustos Moyano transforme (0-7, 28e). Le miracle se prolonge et Skrela, à 50 mètres, ne verrouille pas la cible (31e). Sale temps pour le Stade, qui pour ne rien arranger perd "la poutre" Servat sur blessure (32e). Face à un MHR égal à lui-même sur le plan disciplinaire, avec un cinquième carton jaune dans ces phases finales pour récompenser l'oeuvre complète de Nagusa, Skrela rate sa sortie d'un nouveau coup de pied mal ajusté (36e). C'est à 15 mètres des perches que le buteur toulousain offre les premiers points à sa formation (3-7, 38e), mais à la mi-temps, la fameuse "petite étoile" de Montpellier - que l'échec de Bustos Moyano fait à peine pâlir (40e) - brille toujours autant ! Et Ouedraogo est sorti... Elle scintille un peu plus à la reprise, avec ce drop immédiat de Trinh-Duc qui creuse l'écart (3-10, 41e), avant que Nagusa ne revienne au jeu. Toulouse ne parvient pas à imposer son jeu et s'en remet à Skrela, enfin réglé, pour se rassurer quelque peu (6-10, 48e). A défaut de développer sa partition habituelle, le Stade s'en remet à sa mêlée, qui met Skrela en position, mais une fois encore la trajectoire se dérobe (54e). Et Dusautoir et ses coéquipiers de venir buter sur un rideau de fer, où le Stade n'en finit plus de se mettre à la faute... A l'heure de jeu, la pénaltouche choisie par les hommes de Novès résonne comme un moment de vérité, dont les avants montpelliérains sortent vainqueurs dans le sillage d'un Ouedraogo héroïque. Une semaine après son show du Vélodrome, Caucaunibuca, transparent, est inoffensif sur sa dernière charge avant de céder sa place à Clerc. Comme l'est samedi soir la botte de Skrela, toujours à côté de ses pompes (65e). Même si la défense montpelliéraine plie et laisse aux 22 mètres le futur Clermontois ramener les siens à un petit point (9-10, 67e). Ouedraogo met les pouces: "Fufu" aura tenu 67 minutes ! C'est l'instant où le charme paraît se rompre. Bustos Moyano échappe sa délicate pénalité à 52 mètres, collé à la touche (69e), quand le jeune Bézy, suppléant de Skrela placé dans un fauteuil devant son destin, donne pour la première fois du match l'avantage aux Toulousains (12-10, 71e). Pour Montpellier, qui perd encore Benoît Paillaugue sur carton jaune (74e), le rêve s'est envolé. A 21 ans, Bézy ne tremble pas (15-10, 75e) et récompense le travail de sape d'un Toulouse revenu de loin. Mais rarement l'ovation réservée au perdant aura été aussi unanime. Chapeau Montpellier et à la saison prochaine !