Et Collet dans tout ça ?

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Et Collet dans tout ça ?
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Si une grande partie du mérite de l'excellent parcours des Bleus en Lituanie revient aux joueurs, Vincent Collet a évidemment, lui aussi, contribué à cette médaille d'argent et à la qualification pour les Jeux Olympiques de Londres, en 2012. Le sélectionneur de l'équipe de France, discret mais travailleur, a su tirer le meilleur de son groupe.

Si une grande partie du mérite de l'excellent parcours des Bleus en Lituanie revient aux joueurs, Vincent Collet a évidemment, lui aussi, contribué à cette médaille d'argent et à la qualification pour les Jeux Olympiques de Londres, en 2012. Le sélectionneur de l'équipe de France, discret mais travailleur, a su tirer le meilleur de son groupe. Plus personne ne pourra reprocher à l'équipe de France qu'elle n'a pas de résultats, même si elle s'est inclinée en finale contre l'Espagne (85-98). Ni à Vincent Collet que la double casquette sélectionneur-entraîneur de club est trop lourde à porter. Le coach des Bleus, et nouvel homme de banc de Strasbourg en Pro A, a réconcilié en deux mois les sceptiques et les passionnés. Le mérite de la campagne historique que les Tricolores viennent de mener en Lituanie lui revient peut-être autant qu'aux joueurs. "Dans cet Euro, tout le monde a tenu son rôle. Vincent le premier, constate son capitaine, Boris Diaw. Il a su construire un bon groupe et nous faire jouer ensemble en exploitant les qualités de chacun. Il nous a donné cette confiance et nous a convaincus qu'on pouvait aller loin tant qu'on était sérieux dans le jeu. Il nous a bien fait travailler. On a très bien joué dans les systèmes que Vincent nous a proposés, on n'a jamais eu besoin de sortir de ces schémas." Des tactiques que Vincent Collet a peaufinées avec ses deux assistants, Ruddy Nelhomme et Jacky Commères, sans compter ses heures. Et avec le soutien de tout un encadrement médical de haut niveau. Ainsi, quand les matches s'enchaînaient, comme au premier tour de la compétition, le staff tricolore veillait tard dans la nuit pour "scouter" les adversaires suivants, les désamorcer à la vidéo. "Ce n'est que du bonheur, pour moi et pour mon staff dans son ensemble. Je savoure ces moments-là. J'en profite parce que je sais très bien que c'est un privilège, assure-t-il. Même nos séances de vidéo tardives ne sont pas trop des contraintes. Tant qu'on peut tenir le coup, on est content de le faire. Il y a vraiment du plaisir." Une préparation pensée de A à Z Ce plaisir est d'autant plus grand qu'il arrive après une année très compliquée sportivement. En club avec l'Asvel, qui l'a licencié en novembre dernier alors que la situation de l'équipe villeurbannaise était problématique mais pas encore dramatique, et en équipe de France, qui avait quitté le dernier championnat du monde tête basse, en huitièmes face à la Turquie, après notamment une défaite embarrassante contre la Nouvelle-Zélande qui avait conditionné la suite du tournoi. "On nous rabâchait qu'on n'avait pas de résultats, lâche-t-il. C'était vrai mais pas complètement non plus car depuis 1999, on était toujours arrivés en quarts (de l'Euro) et on était parfois classés. On est une des rares équipes à l'avoir fait, très peu se sont maintenues dans le dernier huit." Vincent Collet, qui a vécu cette belle parenthèse estivale avec la qualification pour les Jeux Olympiques de Londres comme "une satisfaction et un soulagement", a récolté les fruits d'une préparation aux petits oignons. "Au début de l'année, Patrick Beesley (directeur de l'équipe de France, ndlr) et moi avions essayé de convaincre les cadres de l'équipe qu'il fallait augmenter le temps de préparation, se donner les moyens de faire une préparation physique qui puisse nous permettre d'être performants sur la durée du tournoi, explique-t-il. Le fait que les joueurs aient accepté, se soient investis totalement, c'est d'autant plus important qu'il y ait un résultat à la clé. Si on avait perdu en quarts ou en demies, ça aurait remis en question tout ce qu'on avait fait avant." Il n'y a pas qu'en amont que le coach des Bleus a bien fait son travail. Pendant cet Euro 2011, il a aussi parfaitement géré son groupe. En faisant reposer ses cadres contre l'Espagne à la fin du deuxième tour, en choisissant de mettre un Nando De Colo incisif en doublure de Tony Parker à la mène plutôt qu'un Andrew Albicy en retrait, en gardant ses remplaçants concernés, quitte à les froisser parfois avec un système de rotation un peu brutal dont Ali Traoré et Kevin Séraphin ont fait les frais à tour de rôle à l'intérieur. "Il est très serein, très calme. Il a fait des bons choix, parfois dans des situations pas faciles, affirme Nicolas Batum, son ancien protégé au Mans. Un coach est souvent soumis à énormément de pression mais il a toujours été juste avec nous." Et ça a payé, enfin.