Estebanez: "Partir la tête haute..."

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Estebanez: "Partir la tête haute..."
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Pour la première fois, Fabrice Estebanez évoque pour notre site les raisons qui le conduiront à 29 ans à rejoindre à compter de la saison prochaine et pour 3 ans le Racing-Métro 92, "le club de ces dix prochaines années", selon lui. Mais plus que son avenir personnel, c'est celui du CA Brive Corrèze, en position de relégable, qui aujourd'hui lui importe avant toute chose.

Pour la première fois, Fabrice Estebanez évoque pour notre site les raisons qui le conduiront à 29 ans à rejoindre à compter de la saison prochaine et pour 3 ans le Racing-Métro 92, "le club de ces dix prochaines années", selon lui. Mais plus que son avenir personnel, c'est celui du CA Brive Corrèze, en position de relégable, qui aujourd'hui lui importe avant toute chose. Fabrice, à l'heure d'aborder une dernière partie de saison de tous les dangers pour le CABCL, il était essentiel pour vous d'être libéré concernant votre avenir ? C'est aujourd'hui un secret de polichinelle aujourd'hui que j'ai signé pour le Racing. Au moins, je n'ai plus à me poser cette question. La seule qui vaille aujourd'hui, c'est de bien finir la saison et de sortir de cette zone rouge. La situation n'est pas évidente à vivre du fait qu'on évolue en situation de relégable. J'ai vraiment envie de partir la tête haute. Il y a de l'espoir, on a devant nous des matches à la maison à bien négocier (5 matches à domicile sur les 8 dernières journées, ndlr). De quelle façon s'est imposé le Racing à vos yeux ? J'ai la conviction que le Racing sera le club de ces dix prochaines années. C'est le futur gros club du Top 14 et du rugby français, j'en suis persuadé. Ce club s'en donne les moyens, à partir de là, c'était la chance pour moi de pouvoir évoluer au sein d'une équipe qui jouera le titre ces prochaines années, de pouvoir côtoyer les meilleurs joueurs au monde au quotidien et de progresser à leurs contacts, tout en me jaugeant face à une concurrence rude. "Ne pas être jugé comme les gens qui ont fait descendre le club" Avec Alexis Palisson (*), vous partagez plus que votre statut d'international à Brive (le jeune arrière est le parrain de son petit garçon, ndlr). Tous les deux sur le départ, vous avez échangez sur la question de votre avenir ? Oui, et je crois pouvoir dire qu'Alexis est vraiment dans la même optique que moi, c'est-à-dire pouvoir partir de Brive la tête haute et si un jour, on doit revenir ici, ne pas être jugé comme les gens qui ont fait descendre le club. Un club, dont lui comme moi n'oublions pas qu'il nous a fait international, sans lequel nous ne serions pas là où nous en sommes aujourd'hui. C'est aussi pourquoi j'ai plus envie de parler du maintien que de ma petite personne ou de mon futur club. Un nul au Racing (6-6), un bonus défensif à Perpignan (23-16), puis encore ce week-end à Toulon (22-16): le CABCL n'évolue-t-il pas plus libéré loin d'Amédée-Domenech ? Je pense qu'on subit une grosse pression à domicile, on est bien conscient de l'importance de ces matches, mais actuellement, on ne parvient pas à se libérer devant notre public et on évolue avec la peur au ventre. Ça se ressent sur ces sorties à l'extérieur, où on arrive à mieux jouer et surtout à prendre des points, ce qu'on n'arrive pas à faire. C'est vrai qu'après le derby contre Clermont (victoire 29-22), on s'était dit qu'on allait se libérer et lâcher enfin les chevaux, et puis tout de suite derrière, il y a ce match de Bayonne (défaite 22-26) au cours duquel on joue petit bras sans parvenir à nous lâcher. Ce n'est pas faute d'entendre nos coachs nous dire de prendre du plaisir et de jouer comme on sait le faire à l'extérieur. A nous de nous enlever cette pression négative, à commencer vendredi face au Stade Français. Dans cette saison difficile, où les occasions de se réjouir sont rares, le Stade Français résonne comme un bon souvenir à vos oreilles, non ? On avait su les prendre à l'aller, à Charléty (victoire 29-27), y mettre une réelle agressivité défensivement face à une équipe que l'on sait costaude, très physique et capable de faire mal. A nous de faire en sorte de rééditer la performance qu'on avait su faire là-bas, avec une aussi bonne défense, comme on l'a eue encore à Toulon ce week-end ; tout en espérant se libérer et surtout marquer sur nos temps forts, ce qu'on ne parvient pas, ou alors difficilement, à faire jusqu'à présent. A Brive, comme dans tout club riche d'une grande histoire passée, n'est-il pas difficile d'évoluer et d'être renvoyé sans cesse à ce vécu forcément un peu pesant ? Il est certain que le peuple briviste a vécu des années fortes, d'autres plus difficiles, mais ce qui fait qu'on est souvent jugés par rapport à la grande épopée... Mais ça fait partie de l'histoire du club, il faut l'accepter et c'est à nous de montrer qu'on vaut aussi bien que ceux qui étaient là avant et que ceux qui nous succéderont sous ces couleurs. "Pour l'instant, avec Brive, je ne fais pas d'énormes prestations..." Avec un gros mois de recul, comment avez-vous digéré votre non sélection pour le Tournoi ? Il y avait de la déception et ça fait du bien de couper, de partir au soleil, de penser à autre chose, de se reposer et bronzer (sourires). Pour l'instant, avec Brive, je ne fais pas d'énormes prestations. L'équipe de France ne viendra que si je suis performant, ce n'est pas le cas en ce moment et ça explique mon absence parmi les trente, il y avait meilleur que moi. Ça viendra uniquement si je redeviens performant avec Brive. J'espère donc redresser la barre et pour moi, et pour le club, pour repartir de l'avant sur cette fin de saison. Vous vous l'expliquez après pourtant un très bon début de saison ? J'ai l'impression d'être fatigué. C'est aussi sans doute à moi de faire plus, de produire les efforts nécessaires et de faire un peu plus partout. Mais ça va revenir, j'en suis persuadé... Quel regard portez-vous sur le début de Tournoi de cette équipe de France et sur la perspective à venir du "Crunch" ? Ce sera un ton au-dessus face aux Anglais contre lesquels on va a priori pouvoir réellement se jauger. J'ai confiance dans ce groupe et j'espère de tout coeur les voir revenir victorieux de Twickenham. On a eu ce test de novembre contre l'Australie, qui nous a mis une grosse claque et reste peut-être encore ancrée dans les têtes. Ça les bloque peut-être un peu... Il y a aussi beaucoup de pression avec une Coupe du monde derrière qui se projette. Les choses vont se décanter au fil du Tournoi, je pense que ça va se "huiler" (sic) et qu'ils vont nous faire plaisir en remportant ce Tournoi. (*) Voir Une journée Harley Davidson avec Palisson et Estebanez sur Rugbnews