Estebanez, centre d'intérêt

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Estebanez, centre d'intérêt
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Titulaire pour affronter l'Irlande samedi, à Dublin, Fabrice Estebanez sait qu'en l'absence de Maxime Mermoz, blessé, il abat une carte importante au centre de la ligne de trois-quarts tricolore en vue de la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.). C'est l'heure pour le futur Racingman, aux qualités reconnues par tous, de saisir l'opportunité offerte, lui que certains jugent capables de se révéler en Nouvelle-Zélande.

Titulaire pour affronter l'Irlande samedi, à Dublin, Fabrice Estebanez sait qu'en l'absence de Maxime Mermoz, blessé, il abat une carte importante au centre de la ligne de trois-quarts tricolore en vue de la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.). C'est l'heure pour le futur Racingman, aux qualités reconnues par tous, de saisir l'opportunité offerte, lui que certains jugent capables de se révéler en Nouvelle-Zélande. A son tour de prendre la lumière. Bien sûr son heure allait venir, comme pour tous après que Marc Lièvremont avait décrété son turn-over complet sur ces deux test-matches de préparation face à l'Irlande. Mais pour Fabrice Estebanez (29 ans, 4 sélections), la titularisation qu'il s'apprête à honorer samedi, sur la pelouse de l'Aviva Stadium, pour ce qui n'est jamais que la 4e cape de sa jeune carrière internationale -il n'a débuté à ce jour qu'une seule fois en bleu face aux Fidji en novembre dernier- prend une dimension supplémentaire à seulement trois semaines de l'entrée en lice du XV de France en Coupe du monde. Titularisé à ce fameux poste de premier centre, qui n'en finit plus de filer entre les doigts d'un Maxime Mermoz, encore sur le flanc pour une durée estimée de quinze jours et donc forcément incertain pour le premier match face au Japon, le 10 septembre, le futur joueur du Racing-Métro 92 sait qu'il peut, en cas de prestation accomplie samedi, face aux Irlandais, prendre le dessus sur la concurrence. Associé pour l'occasion au miraculé, Aurélien Rougerie, Estebanez en est un autre à sa façon. Lui que son parcours si atypique, disposait mal à une reconnaissance internationale. "Il revient de loin et j'espère qu'il va briller et s'éclater sur le terrain", glisse, bienveillant à son sujet, Alexis Palisson (24 ans, 15 sélections), le complice des années brivistes. Palisson: "Quand il a sa chance, il va tout donner, c'est un battant..." Inséparables dans la vie -Palisson est le parrain de son petit garçon- les voilà réunis pour la première fois au coup d'envoi sous le maillot tricolore. Ils en avaient rêvé... Mais si pour l'ailier feu follet, façonné au sein du pôle France de Marcoussis et titulaire à 20 ans chez les Bleus, la trajectoire était toute tracée, Estebanez, avant de concrétiser ses ambitions, a pris les chemins de traverse (lire : Estebanez, l'autre vie en bleu). Là encore, le cadet peut en témoigner avec une pointe d'admiration évidente dans la voix: "Fabrice a joué en amateur, il était plombier tout en jouant au rugby et il a franchi les paliers un à un. C'est quelqu'un de très ambitieux et qui fait tout pour être le meilleur. Dans le bon sens du terme. Quand il a sa chance, il va tout donner, c'est un battant. Je ne m'inquiète surtout pas pour lui." Car tous s'accordent pour dire qu'il s'agit là d'un client, Marc Lièvremont le premier lorsqu'il affirme: "Je l'ai toujours trouvé très talentueux, mais il manque d'expérience à ce niveau." L'occasion lui est donnée de briller face à la référence. Si Yannick Jauzion, qu'il a devancé pour cette Coupe du monde, en est une à ses yeux, le voilà proposé aux duettistes irlandais, Brian O'Driscoll et Gordon D'Arcy, revenus sauver la patrie irlandaise en danger. Un sacré défi qu'il appréhende avec la même détermination qu'il y a quatre ans lorsqu'à son arrivée à Brive, il affirmait tout de go à son entraîneur de l'époque, Laurent Seigne, son ambition de "devenir international en trois ans". Le voilà aux portes d'une Coupe du monde, dont ils sont plusieurs à penser qu'elle pourrait le propulser au rang de révélation. "Aujourd'hui, je n'ai aucune appréhension", lâche-t-il, trop conscient du chemin accompli pour se mettre à paniquer. Je sais qu'on est très bien physiquement. On y est, on a bien bossé. Et puis j'ai presque 30 ans, j'ai de la bouteille..." Une soif de reconnaissance à étancher au plus vite.