Esprit club France

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Esprit club France
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Jamais jusqu'à présent en quatre ans de présence à la tête du XV de France, Marc Lièvremont et ses joueurs n'avaient pu disposer d'un tel confort de travail qu'à l'occasion de cette préparation pour la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande (9 sept.-23 oct.). Au terme de ces deux mois de travail, tous espèrent faire naître une cohésion digne de celle d'un club.

Jamais jusqu'à présent en quatre ans de présence à la tête du XV de France, Marc Lièvremont et ses joueurs n'avaient pu disposer d'un tel confort de travail qu'à l'occasion de cette préparation pour la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande (9 sept.-23 oct.). Au terme de ces deux mois de travail, tous espèrent faire naître une cohésion digne de celle d'un club. Il faut voir le sourire gourmand de Didier Retière qui, à l'issue de cette deuxième semaine de la préparation du XV de France à la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, illumine la bouille toute ronde du technicien. Avec sa bonhomie habituelle, l'entraîneur des avants tricolores ne boude pas son plaisir de disposer enfin de ses joueurs sur la durée, du matin jusqu'au soir, et de les voir enchaîner, selon un ballet parfaitement codifié par ses soins et l'ensemble de l'encadrement, les séances spécifiques de musculation, de cardio-training, mais aussi de rugby, de récupération avec les kinés, sans oublier évidemment, pour lui l'homme de l'art, les premiers contacts avec l'exercice de la mêlée sur le joug électronique de Marcoussis. Ce confort inédit, cela faisait quatre ans depuis leur nomination à la tête des Bleus que Marc Lièvremont et ses adjoints l'attendait pour pouvoir enfin cesser le bricolage permanent des Tournois et autres tournées afin de placer leurs joueurs dans les meilleures conditions et espérer du même coup les voir donner la pleine mesure de leur potentiel. "Le plaisir d'être avec les joueurs, on l'a toujours eu, note Retière, mais là on a mis en place quelque chose de tellement structuré, rodé, en place qu'on ressemble beaucoup plus à une structure de club que ce qu'on a pu connaître avant. Là, on a vraiment du temps et c'est ce qui est agréable." Un club France, l'expression est lâchée, presque incongrue dans un rugby hexagonal toujours tiraillé entre ses clubs et sa sélection nationale. Retière: "Hyper stimulant pour nous et très bon signe pour la suite" "Dans le système français, il va falloir que ça dure, ose même l'adjoint de Lièvemont. Ça n'a rien à voir avec tout ce qu'on a eu depuis quatre ans. On avait eu quelques signes de cet ordre lors de la tournée en Nouvelle-Zélande. Mais on se rend compte que la préparation d'une Coupe du monde, c'est quelque chose de très différent. Et puis on a aussi notre histoire de groupe. Beaucoup de gens ont compris ce qu'il fallait y mettre et je pense que le groupe a beaucoup avancé là-dessus." Même si seulement quinze jours sont passés sur ces deux mois de préparation, Retière ne cache pas sa satisfaction : "Il y a un engagement dans le travail très fort, tant dans la préparation physique que dans le travail de terrain sur le rugby avec cette volonté de bien faire, d'être très appliqué et concentré parce qu'on leur inflige des journées très longues. C'est à la fois hyper stimulant pour nous et c'est aussi très bon signe pour la suite." Et si seule comptera la performance des Bleus en Nouvelle-Zélande à l'automne prochain, les coachs tricolores sont confortés dans les options et les choix, qui ont présidé à l'élaboration de ces huit semaines de travail. Avec au passage l'idée que, malgré les tourments vécus depuis quatre ans, tout ne fut pas négatif: "On avait aussi beaucoup anticipé sur ce moment. Des choses qu'on avait mis en place et qui maintenant nous sont utiles. Même si au départ, cela ne semblait pas forcément évident, peut-être qu'on ne s'est pas facilité la tâche au cours de certains Tournois en faisant tourner le groupe et en expérimentant des choses nouvelles, on a confronté les joueurs à ces habitudes et ça se met aujourd'hui en place de manière naturelle. Ce qui fait que les joueurs ont très vite pris leurs marques." Cet esprit club France naissant, les joueurs le perçoivent tout autant, à l'image d'un Imanol Harinordoquy rompu à cet exercice, lui qui entame sa troisième préparation après celles de 2003 et 2007. "C'est un peu le but de cette préparation ; à la fin, quand on aura abordé vraiment la question du rugby, les matches amicaux, on vivra vraiment comme un club avec des briefings, des débriefings, ce qui va, ce qui ne va pas et c'est ce qui nous permettra de travailler à un niveau supérieur dans la régularité. Jusqu'à présent, sur les deux dernières Coupes du monde que j'ai pu jouer, cette préparation nous a permis d'arriver au top physiquement et d'atteindre deux fois les demi-finales." Selon l'ambition formulée dès le premier jour par Lièvremont, il faudra cette fois viser plus haut. Cela tombe bien, certains Tricolores, dans ce cadre privilégié, pourraient se révéler, à en croire Retière : "Il y a beaucoup de confirmations, des choses qu'on avait fait qu'entrevoir, mais qui se confirment. On a vraiment des joueurs, dont on est certain qu'on a encore vu qu'une petite partie du potentiel sur le terrain. Et ça, c'est terriblement excitant."