Escudé: "On joue le maintien"

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Escudé: "On joue le maintien"
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Forcé de composer sans Aravane Rezaï "pour des raisons personnelles", Nicolas Escudé a décidé de rappeler Virginie Razzano pour défier la Russie à Moscou, les 5 et 6 février prochains. Un premier tour de Fed Cup que le capitaine tricolore, qui compte beaucoup sur le retour en forme d'Alizé Cornet, et ses troupes n'aborderont pas "en tant que favoris, loin de là."

Forcé de composer sans Aravane Rezaï "pour des raisons personnelles", Nicolas Escudé a décidé de rappeler Virginie Razzano pour défier la Russie à Moscou, les 5 et 6 février prochains. Un premier tour de Fed Cup que le capitaine tricolore, qui compte beaucoup sur le retour en forme d'Alizé Cornet, et ses troupes n'aborderont pas "en tant que favoris, loin de là." Nicolas, quelles joueuses avez-vous retenues pour ce premier tour à Moscou face à la Russie ? J'ai sélectionné Alizé Cornet, Pauline Parmentier, Virginie Razzano et Julie Coin. Pouvez-vous commenter votre choix ? J'ai fait ce choix en me basant notamment sur les derniers résultats de l'année 2010 et sur ceux de ce début de saison 2011. Comme on peut le constater, Aravane Rezaï ne fait pas partie de cette sélection. Elle sera absente pour des raisons personnelles. Par ailleurs, j'ai décidé de ne pas retenir de cinquième joueuse parce qu'à Moscou, on ne bénéficiera que d'un seul court d'entraînement. Les conditions ne seront pas évidentes, d'autant que le court de compétition ne sera prêt qu'à partir du mardi 1er février. Cela ne servirait donc pas à grand-chose de partir avec une joueuse supplémentaire. Qu'avez-vous pensé des performances de vos joueuses à Melbourne ? J'ai vu de belles choses. J'ai vu une Virginie Razzano sur la lancée de sa fin de saison dernière et surtout de l'US Open, où elle avait atteint le troisième tour. A Melbourne, j'ai trouvé qu'elle avait bien joué au premier tour face à Vesnina, puis qu'elle avait réussi un gros match face à Maria Sharapova qu'elle risque d'ailleurs de retrouver en Fed Cup. Franchement, Virginie n'était pas loin de gagner ce match. J'ai vu également une Alizé Cornet qui revient très bien. Cela faisait longtemps que je ne l'avais pas vue jouer à ce niveau-là, prendre du plaisir comme elle en a pris sur le terrain. Pauline (Parmentier), de son côté, a encore quelques difficultés à pouvoir tenir tout au long d'un match, mais son jeu se met en place petit à petit. Bien sûr, ce ne sont pas forcément les résultats escomptés, on aurait aimé voir des filles évoluer en deuxième semaine, mais j'ai vu des choses intéressantes. "Virginie Razzano avait le désir de réintégrer l'équipe" Le troisième tour d'Alizé Cornet à Melbourne peut-il constituer un nouveau départ pour elle ? Comme je le disais, cela fait un petit moment qu'on ne l'avait pas vue au troisième tour d'un tournoi du Grand Chelem et surtout, avec un niveau de jeu tel qu'elle a pu le pratiquer sur cet Open d'Australie. Elle a notamment accroché Kim Clijsters au troisième tour, ce qui n'est pas rien. Alizé, depuis deux ans environ, était un peu en souffrance, que ce soit au niveau de son jeu, de ses résultats. On espère tous maintenant que cet Open d'Australie va la relancer. Et même si on aurait aimé la voir aller encore plus loin que le troisième tour, elle la première, j'étais ravi de la voir rayonner comme ça sur un court. Virginie Razzano va pour sa part effectuer son retour en équipe de France... J'ai toujours gardé le contact avec elle ces deux dernières années. Elle avait alors décidé de faire l'impasse sur l'équipe de France pour mieux se consacrer à sa carrière individuelle. Et puis, l'année dernière au fil des discussions, j'ai senti qu'elle avait le désir de réintégrer l'équipe, de mettre la Fed Cup à son calendrier de l'année 2011. Les choses se sont donc faites naturellement. Que peut-elle apporter au groupe ? Son expérience, son niveau de jeu, ce qu'elle a déjà réalisé et accompli au sein de cette équipe de France : c'est l'amalgame de tout ça qui va pouvoir servir aux autres filles. "Les Russes peuvent être surprenants" Le déplacement en Russie s'annonce très délicat. Comment voyez-vous la rencontre ? On ne va pas se voiler la face. On ne débarque pas là-bas en tant que favoris, loin de là. Mais je pars avec quatre filles en qui j'ai une totale confiance. Certaines reviennent très bien par rapport à leur niveau de jeu. On est en plus dans une dynamique positive, vu que notre dernière rencontre dans l'épreuve a été marquée par une victoire sur l'équipe allemande à Francfort. On va préparer les filles au mieux avec le staff et tout faire pour qu'elles soient au top le jour J, afin d'essayer de réaliser une belle surprise. Pour ce premier tour, les Russes alignent une équipe composée de deux anciennes n°1 mondiales et d'une ex-numéro 2 ! Les Russes peuvent être surprenants. Ils savent réserver quelques surprises de dernière minute ! Mais comme je le disais, on n'est pas du tout favoris sur le papier. C'est aussi ce qui fait la beauté de cette compétition. Il peut se passer tellement de choses sur un week-end... Avez-vous fait travailler des combinaisons spécifiques en double ? Non, pas vraiment. Depuis deux ans, je demande aux filles d'essayer de jouer au maximum en double ensemble, quand c'est possible. Mais ce n'est pas forcément évident. Je n'ai donc rien préparé de spécifique. La seule chose que je peux dire, c'est que lors de notre dernière rencontre disputée en Allemagne, j'avais vu Alizé (Cornet) et Julie (Coin) réaliser un double de très, très haute volée. C'est déjà une bonne chose. "On n'a vraiment rien à perdre" Quelles sont vos ambitions pour cette campagne 2011 ? Au vu des classements de vos joueuses, le maintien dans le groupe mondial constituerait presque une perf'... Oui, on peut dire cela comme ça ! Se maintenir dans le groupe mondial serait une perf', comme ça l'est déjà depuis un an ou deux ans. On joue le maintien et il passe par une victoire en Russie pour s'éviter un nouveau match de barrage. On sait que ça va être compliqué, mais il faut y aller quand même confiant et avec des ambitions. Sinon, cela ne sert à rien d'effectuer le déplacement. Redoutez-vous justement d'avoir à disputer encore un match de barrage en avril prochain pour assurer le maintien ? Je n'y pense pas pour l'instant. Là, je suis concentré, axé sur ce premier tour face aux Russes. Je réfléchis à la façon de préparer au mieux les filles pour cette rencontre. Je ne suis absolument pas aujourd'hui dans la perspective d'un éventuel match de barrage. Quel message souhaitez-vous faire passer à vos joueuses pour ce premier tour où finalement elles n'ont rien à perdre, mais tout à gagner ? Tout est dit ! C'est exactement ça. On n'a vraiment rien à perdre. A nous d'aller les secouer et d'aller créer la surprise là-bas, tout simplement. "Caroline (Garcia), je ne l'avais jamais vue jouer" Pensez-vous que la victoire acquise face à l'Allemagne à Francfort, en barrage l'an passé, peut servir à vos joueuses ? Oui, forcément ! Toute victoire, comme toute défaite, sert de référence à un moment donné, et apporte en expérience. Bien évidemment, le dernier match de barrage remporté à Francfort l'année dernière constitue un point plus que positif. Il faut se servir de tout ça pour emmagasiner encore plus de confiance avant et pendant ce déplacement à Moscou. Un mot sur la relève. Peut-on envisager de voir bientôt en équipe de France de jeunes joueuses comme Mladenovic ou Garcia ? C'est le but, même pour elles. Je pense que de leur côté aussi, elles souhaitent obtenir des résultats leur permettant de pouvoir être sélectionnées en équipe de France. « Kiki » (Mladenovic) et Caroline (Garcia) sont de la même génération, ce sont des joueuses en devenir. J'ai découvert pour ma part Caroline à Melbourne cette année. Je ne l'avais jamais vue jouer. Cela faisait un petit moment qu'Alexia Dechaume m'en parlait et me conseillait d'aller la voir jouer. Ce sont deux jeunes joueuses, qui ont de belles perspectives devant elles. Elles n'y sont pas encore cependant. Il faut leur laisser le temps de travailler sereinement, de bien bosser afin de solidifier leur jeu et leur physique pour ensuite pouvoir prétendre à jouer en équipe de France.