Escudé: "La logique est respectée"

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Escudé: "La logique est respectée"
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Au sortir de la défaite de l'équipe de France, dimanche, au premier tour de la Fed Cup, Nicolas Escudé ne cachait pas sa déception. Car après avoir mené 2-0 samedi soir, l'équipe de France s'est finalement inclinée 3-2 après les deux défaites de Cornet et Razzano, et la revers du double. Une défaite que le capitaine tricolore estime tout de même logique, en tenant compte de la qualité de l'équipe russe.

Au sortir de la défaite de l'équipe de France, dimanche, au premier tour de la Fed Cup, Nicolas Escudé ne cachait pas sa déception. Car après avoir mené 2-0 samedi soir, l'équipe de France s'est finalement inclinée 3-2 après les deux défaites de Cornet et Razzano, et la revers du double. Une défaite que le capitaine tricolore estime tout de même logique, en tenant compte de la qualité de l'équipe russe. Nicolas, vous avez touché du doigt un beau rêve hier, en menant 2-0. Mais aujourd'hui, c'est la déception. Cela paraît un peu injuste... Injuste, je ne sais pas. Quelque part, la logique est respectée. Oui, forcément, il y a beaucoup de déception comme lors de toutes les défaites. C'est vrai que là, on est passé près, comme très loin. Le fait de mener 2-0 samedi soir nous a peut-être coûté très cher. En quoi étiez-vous si proches, en quoi étiez-vous si loin ? Au départ, personne n'aurait imaginé que l'on se retrouve sur un double décisif, et encore moins que l'on mène 2-0 le samedi soir. On y était et finalement, ce sont les Russes qui sortent vainqueurs. J'avais mis tout le monde en garde hier soir. Attention, on est face à une très grande équipe, à de très grandes championnes. La preuve en a été aujourd'hui. Vous disiez que le plus dur était de décrocher le troisième point. Dans quel match avez-vous été le plus proche de ce troisième point ? Peut-être sur le simple d'Alizé (Cornet), avec un set et un break d'avance au deuxième. Mais entre jouer en n'ayant rien à perdre et jouer pour la gagne, ce n'est pas pareil. On a vu qu'Alizé n'était pas au niveau, tout simplement. Elle est un peu retombée dans ses travers, malheureusement pour nous. "On a peut-être cru qu'on pouvait mettre 3-0 à la Russie chez elle" Pensez-vous qu'elle s'est vue trop belle après sa victoire d'hier ? Sûrement. Comme nous tous peut-être à un moment donné. C'est vrai que mener 2-0 face à la Russie, voir le troisième point tout proche avec un set et un break... On a peut-être cru qu'on pouvait mettre 3-0 à la Russie chez elle. Mais non. Car pour réussir à faire ça, et pour battre ce genre de filles, il faut être très fort. Et ça n'a pas été le cas. Concernant le match de Virginie Razzano, on a vu face à elle une Kuznetsova vraiment très forte... Kuznetsova a su réagir à la claque qu'elle a pu prendre hier. Si elle a gagné deux tournois du Grand Chelem, ce n'est pas pour rien et ça s'est vu aujourd'hui. Après sa gifle d'hier, elle a été impressionnante aujourd'hui à tous points de vue. Et Virginie n'a pas su trouver les solutions. Elle était prise de court à chaque fois, d'autant que Kuznetsova a très peu donné. Elle a fait un match très solide pour ramener les équipes à 2-2. On a vu ensuite un double français assez léger... Non, je ne dirais pas ça. Sur le début de match jusqu'à 4-1, on les « atomise » pratiquement. On est dedans, on est comme il faut. Et petit à petit, les choses tournent, les choses font que ça ne se passe pas forcément comme on veut. C'est dans ces moments-là qu'il faut tenir, tenir, tenir. Cela n'a pas été le cas. Dans le deuxième set, on ne marque que quatre points. A la fin, les filles me l'ont dit : « On ne sait plus quoi faire, on est là à attendre de gagner un point. » Mais le truc, ce n'était pas d'attendre que les Russes nous donnent un point. Le point, il faut aller le gagner. Et après le point, c'est le point suivant. Après le point suivant, c'est le jeu et ainsi de suite. Elles n'ont pas réussi à le faire. C'est dur, très dur. Ce double avait très bien fonctionné en Allemagne l'année dernière, elles avaient très bien joué. On a fait de très bons entraînements ici, elles ont très bien commencé le match. Mais peut-être que la fatigue a joué aussi. Alizé était vraiment un ton en-dessous sur ce double. Et une nouvelle fois, elle a totalement perdu pied, à ne plus savoir comment mettre une balle dans le court. Forcément, pour la joueuse qui est à côté, ça devient alors très compliqué. "Les barrages ? Un nouvel exercice de haute voltige" Sachant qu'elle était fatiguée à l'issue de son simple, avez-vous pensé à ne pas la faire jouer ce double ? Non, parce qu'elle n'a pas perdu son simple uniquement parce qu'elle était fatiguée. Elle perd en simple parce qu'il y a face à elle une Pavlyuchenkova qui lui donne du répondant. Il ne faut pas oublier que c'est une très bonne joueuse qui n'est pas dans le Top 20 pour rien. Ce sont deux filles de la même génération qui s'étaient déjà jouées plusieurs fois. Alizé ne l'avait jamais battue. Alizé n'a pas perdu ce match là que parce qu'elle était fatiguée. Ca, c'est une fausse excuse. Vous pensez plutôt que son mental n'a pas suivi ? Oui. Le mental d'Alizé aujourd'hui n'a pas suivi. Elle s'est fait complètement prendre par les émotions, chose qu'elle avait réussie à gérer le premier jour. Mais comme je le disais tout à l'heure, c'est forcément plus facile de jouer à 0-0 quand on n'a strictement rien à perdre face à une équipe qu'on sait beaucoup plus forte que nous. C'est plus dur de conclure un match et de se retrouver, peut-être, dans la peau de la favorite en se disant qu'on est là pour plier la rencontre. Je dis bien peut-être, parce que je n'en ai pas encore parlé avec Alizé. Le redoutiez-vous avant son match aujourd'hui ? Non, parce qu'Alizé était très bien. Hier soir, après sa victoire, elle était euphorique, à sauter dans tous les sens. Je l'ai donc vite recadrée et j'ai remis un peu les choses en place. Mais aujourd'hui, elle avait fait un très bon échauffement ce matin, elle tapait très bien la balle. Ensuite, elle a fait un très bon début de match. Elle était devant au score, elle dominait son adversaire. Puis, elle la breake dans le deuxième set. Elle maîtrisait les choses. Jusqu'au moment où voilà, c'était reparti... Vous allez donc disputer une nouvelle fois les barrages pour tenter de vous maintenir dans le Groupe Mondial... C'est toujours périlleux. On va avoir le temps d'y penser, bien que ça va quand même arriver très vite, juste après la tournée américaine. Encore la lutte... On sait très bien que les équipes qui sont juste en-dessous, en deuxième division, ou même celles qui ont perdu comme nous au premier tour du Groupe Mondial, sont très fortes, plus fortes que nous pour la plupart. Cela va être un nouvel exercice de haute voltige.