Escalettes passé aux rayons X

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PORTRAIT - Bénévole du foot, Escalettes aura fuit les conflits durant sa présidence.

PORTRAIT - Bénévole du foot, Escalettes aura fuit les conflits durant sa présidence.Un homme de la FédérationAncien joueur amateur, Jean-Pierre Escalettes commence à faire ses gammes au sein des instances du football régional puis national dans les années 1960. Cet ex-professeur d'anglais accède finalement à la présidence de la ligue fédérale du football amateur le 24 mars 1995, poste qui lui permettra dix ans plus tard de briguer la tête de la fédération française de football (FFF). Le 12 février 2005, le conseil fédéral de la FFF, Jean-Pierre Escalettes, seul candidat en lice après le désistement de Noël le Graët, est élu avec 92,56 % des voix. Malgré l'échec de l'Euro 2008 mais grâce au rétablissement de la santé financière de la FFF, le président sortant, seul postulant à sa succession, voit par la suite son mandat renouvelé pour quatre ans supplémentaires le 13 décembre 2008 grâce à 93,5% des voix. Escalettes aura encore une fois pu compter sur ses nombreux soutiens en interne malgré de multiples critiques lancées de l'extérieur. Ces dernières, encore plus vivaces après le fiasco des Bleus en Afrique du Sud, auront finalement eu le dernier mot. Un homme (trop) fidèleJean-Pierre Escalettes est un homme fidèle, peut-être trop. Son destin aura été lié à celui de Raymond Domenech que le dirigeant aura soutenu contre vents et marées. Après "l'échec retentissant" de l'équipe de France lors de l'Euro 2008, le président de la FFF choisit de maintenir le sélectionneur en place. Pour d'aucuns jugé trop naïf, Jean-Pierre Escalettes estime alors que Domenech "a clairement admis devant le Conseil fédéral une série d'erreurs". Pointé du doigt pour sa relation conflictuelle avec les médias, le sélectionneur national est placé "sous tutelle", l'ancien champion du monde 1998 Alain Boghossian étant chargé de le seconder. Des mesures symboliques qui n'empêcheront pas le désastre de la Coupe du monde 2010. Malgré une campagne de qualification pour le Mondial laborieuse, Jean-Pierre Escalettes se refuse à écarter Domenech fragilisant un peu plus sa position. Un soutien indéfectible dont l'ancien Lyonnais ne lui sera guère reconnaissant...Un homme qui fuit les conflitsIl a souvent été reproché à Jean-Pierre Escalettes de ne pas savoir gérer les situations conflictuelles. L'affaire Anelka-Domenech durant le Mondial sud-africain en a proposé un bel exemple. Lors du boycott de l'entraînement par les joueurs au cours du Mondial 2010, le président de la FFF a laissé transparaître, sur les l'image d'un dirigeant complètement dépassé par la situation apprenant "avec consternation [le] refus des joueurs de l'équipe de France de participer à l'entraînement". Signe que son autorité était loin d'être reconnue au sein de l'équipe de France. Plus généralement, à vouloir ménager toutes les susceptibilités, Jean-Pierre Escalettes a en fait creuser les oppositions.Un bénévole face à des millionnaires du footballC'est un fait qui n'est pas souvent mentionné mais Jean-Pierre Escalettes ne touche aucune rétribution pour assumer ses fonctions. Son statut de bénévole fait pâle figure face à une fédération qui brasse des sommes considérables. "J'arbitre des budgets dépassant 100 millions d'euros alors que ma pension de retraite culmine à 2 200 euros par mois", soulignait-il dans L'Express. Un décalage qui vaut également pour des joueurs internationaux dont les salaires dépassent allègrement la pension de ce retraité de l'Education nationale. "Le problème est celui de la distance entre le président bénévole d'une fédération associative et des joueurs surpayés qui ont perdu tous leurs repères, n'ont aucun lien affectif avec le maillot et pour qui seul importe le compte en banque", analysait dans ce sens l'ancien ministre de la Jeunesse et des Sports Jean-François Lamour, dans le quotidien français.Un homme plus ou moins habile en communicationJean-Pierre Escalettes n'est pas homme à fuir les médias. Contrairement à Domenech et ses relations tendues avec les journalistes, le dirigeant répond sans se départir de son habituelle amabilité aux sollicitations. Mais Jean-Pierre Escalettes n'est pas pour autant maître en communication. Ses multiples déclarations à propos des qualités de Laurent Blanc et sa décision d'annoncer l'arrivée de l'ancien entraîneur girondin à la tête des Bleus avant même le Mondial n'aura pas arrangé le malaise qui déjà couvait en équipe de France. Et comment expliquer qu'il ait jugé l'attitude d'Anelka "en tout point digne et noble" après avoir décidé de l'exclure pour ses insultes envers Domenech ?Un homme rattrapé par les polémiquesSi l'organisation de l'Euro 2016 restera comme l'une de ses réussites, la main de Thierry Henry et l'exclusion du Mondial de Nicolas Anelka resteront elles comme deux points noirs dans la carrière de Jean-Pierre Escalettes. Deux des plus grosses polémiques qu'ait connues l'équipe de France dans toute son histoire...