Enfin du jeu en Multi'50 !

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Enfin du jeu en Multi'50 !
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Plus que dans la classe Ultime ou qu'en Imoca, qui ne comptent que neuf unités chacune, ils seront douze au départ de la Route du Rhum sur des multicoques de 50 pieds. Une classe moins coûteuse et moins médiatisée qui offrira pourtant un beau match à trois entre Franck-Yves Escoffier, le triple tenant dans la catégorie, Yves Le Blévec et Lionel Lemonchois, qui détient le record de la traversée entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre.

Plus que dans la classe Ultime ou qu'en Imoca, qui ne comptent que neuf unités chacune, ils seront douze au départ de la Route du Rhum sur des multicoques de 50 pieds. Une classe moins coûteuse et moins médiatisée qui offrira pourtant un beau match à trois entre Franck-Yves Escoffier, le triple tenant dans la catégorie, Yves Le Blévec et Lionel Lemonchois, qui détient le record de la traversée entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre. Il était encore bien seul il y a quatre ans. Déjà double tenant du titre et promis à une troisième victoire de rang dans la catégorie, un triplé qui ne lui a pas échappé après moins de 12 jours de mer, tant la concurrence n'était pas au niveau. Pour la première fois depuis très longtemps, Franck-Yves Escoffier n'aura pas course gagnée avant même d'avoir pris le départ de la Route du Rhum 2010. Une autre victoire pour le... président de la classe Multi'50, qui sera cette année en concurrence avec Yves Le Blévec, à la barre d'un bateau au niveau de Crêpes Whaou !, et Lionel Lemonchois, qui détient le record de l'épreuve en sept jours 17h19'6" sur 60 pieds. "La rançon du succès", s'amuse le Malouin qui n'oublie pas pour autant Loïc Féquet (Maître Jacques), un ancien spécialiste du catamaran de sport aujourd'hui à la barre de son ancien bateau. "Attention ! Danger, prévient-il. Il est beaucoup plus confortable, moins raide que le mien dans le gros temps. Si on a trois ou quatre fronts à 40 noeuds, il passera mieux que moi. Le bonhomme est bon, il apprend vite, il a la tête bien faite. Il devra juste gérer le stress les trois premiers jours. De tous les skippers, c'est celui qui a pris le plus de lignes de départ. Dimanche, on ne le verra pas du mauvais côté de la ligne et dans les 10 secondes, il sera dessus !" Lemonchois: "J'y vais pour gagner" Mais la concurrence, Escoffier en convient, viendra principalement de Lemonchois et Blévec. "Comme je ne peux pas défendre mon titre toutes classes confondues, je me suis dit que gagner la Route du Rhum en multicoque de 50 pieds, ce serait pas mal pour commencer, non ? J'y vais avec cette idée-là", déclare le premier, lequel par son expérience, qui en fait un équipier recherché, impose le respect. "Le principal atout de Prince de Bretagne, c'est son skipper, note Escoffier. Il ne vient pas pour faire un podium, il vient pour gagner et connaissant Lionel, il va imposer un rythme soutenu dès le départ. Par vent fort, au travers, il est capable d'aller vite. Son bateau a davantage de volumes, il sera donc forcément plus à l'aise dans le gros temps. Il va attaquer, il ne faudra pas le laisser s'échapper. 50 milles maximum. Au-delà, c'est risqué car on n'aura plus les mêmes conditions météo." Un skipper qui avait surpris tout son monde, sauf peut-être les principaux intéressés, en signant le record de vitesse sur l'épreuve à bord de Gitana 11 en 2006. Deux ans plus tard, il était débarqué sans ménagement de chez Gitana au terme de son contrat. Dans la foulée d'un deuxième Trophée Jules-Verne sur Groupama 3, le Normand est de retour sur une course qui l'a fait connaître du grand public. Dans une classe inférieure. Mais avec la même envie. "J'avais hâte de refaire du solitaire car c'est un exercice que je n'avais pas pratiqué depuis la dernière Route du Rhum 2006. Renaviguer en solo, ça me plaît bien, surtout sur un 50 pieds, où les efforts sont moindres et les vitesses moins stressantes. Là, c'est sain, facile à faire avancer." Lemonchois ne devrait cependant pas se ménager, d'autant qu'il dispose sur le papier d'un bateau moins rapide avec Prince de Bretagne. Au point qu'Escoffier fait de Le Blévec son principal adversaire dans sa quête de quadruplé. "Il sera pour moi le plus dangereux, dit-il. Crêpes Whaou ! et Actual sont les deux bateaux les plus aboutis de la flotte. Yves connaît très bien son bateau. Dans le gros temps, sur des bords de près ou de travers, il sera inquiétant." Le skipper d'Actual, vainqueur de la Transat 6.50 en 2007, acquiesce: "On sait que, en terme de vitesse de bateau, Crêpes Whaou! et Actual ont le même potentiel de vitesse. Le jeu est donc extrêmement ouvert et c'est ça qui est passionnant !" Escoffier et Lemonchois ne le contrediraient pas...