Encore une histoire belge...

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Encore une histoire belge...
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Comme Nick Nuyens la semaine passée sur le Tour de Flandres, Johan Van Summeren a profité du marquage entre les favoris et de l'isolement de Fabian Cancellara pour s'offrir un succès de prestige sur Paris-Roubaix. Habituel équipier de Thor Hushovd, le Belge de la Garmin-Cervélo remporte de loin le plus beau succès de sa carrière, devant Cancellara et Tjallingii. Les Quick Step ont connu l'Enfer dans le Nord.

Comme Nick Nuyens la semaine passée sur le Tour de Flandres, Johan Van Summeren a profité du marquage entre les favoris et de l'isolement de Fabian Cancellara pour s'offrir un succès de prestige sur Paris-Roubaix. Habituel équipier de Thor Hushovd, le Belge de la Garmin-Cervélo remporte de loin le plus beau succès de sa carrière, devant Cancellara et Tjallingii. Les Quick Step ont connu l'Enfer dans le Nord. Toute une semaine de palabres et de revendications, pour ça... Sans faire injure à Johan Van Summeren, le Belge était loin d'être un favori clairement désigné pour Paris-Roubaix, malgré deux apparitions dans le Top 10 ces dernières années (8e en 2008, 5e en 2009). Mais le coureur de la Garmin-Cervélo a profité des circonstances de course pour remporter le troisième succès de sa carrière, de très loin le plus beau. Van Summeren, parti dans un groupe de 21 coureurs, a profité du Carrefour de l'Arbre pour distancer ses trois derniers compagnons de route, et entrer seul en vainqueur dans le Vélodrome de Roubaix. Le grand Belge devance finalement sur la ligne un Fabian Cancellara deuxième, une semaine après sa troisième place sur le Tour de Flandres. Le Suisse n'est pas parvenu à défendre ses deux titres acquis de manière écrasante l'an passé, mais pouvait-il faire mieux ? Le leader de l'équipe Leopard-Trek était sans aucun doute intrinsèquement le plus fort, mais il a manqué de soutien de la part de sa formation luxembourgeoise, créée cette année pour offrir un tremplin aux frères Schleck sur le Tour de France. Pour les classiques, Cancellara doit de se débrouiller seul. Aussi fort soit-il, le défi était trop grand pour "Spartacus". "C'est comme ça, concèdera, fataliste, le Suisse, sur France 3 à l'arrivée. J'ai fait le maximum. Plus que ça, je ne pouvais pas. J'ai fait beaucoup de travail. Je roulais pour gagner. Cette deuxième place, c'est comme une victoire. Les Garmin ont joué tactique." Plus forte que ses concurrentes ce dimanche, la formation de Jonathan Vaughters a effectivement privilégié l'équipe, quitte à sacrifier son leader, Thor Hushovd, pourtant probablement le plus en jambes derrière Cancellara. Un comportement qui tranche complètement avec celui de la Quick Step la semaine passée, sur le Ronde. Après avoir raté le coche en Belgique, Boonen et Chavanel n'ont pas eu l'opportunité de prendre leur revanche ce dimanche. Les Quick Step malchanceux Paris-Roubaix, on le sait, est avant tout une course d'élimination. Et les Quick Step pourront vous en parler. En 20 kilomètres, la formation belge a vu les coups du sort s'accumuler sur ses deux leaders. C'est d'abord Boonen qui est victime d'une crevaison et doit attendre une minute d'être dépanné dans la Trouée d'Arenberg. Image surréaliste que celle d'un triple vainqueur de l'épreuve à l'arrêt au milieu de la forêt, dans les passages les plus spectaculaires de l'Enfer du Nord. Quelques minutes plus tard, c'est Chavanel qui crève à son tour. Ironie du sort, les deux hommes se retrouvent obligés d'unir leur force, pour chasser derrière le peloton des favoris, mais c'est en fait la malchance qui les chasse. Boonen chute lors d'un secteur pavé, imité par Chavanel quelques hectomètres plus loin. Le Belge sera proche de jeter l'éponge, alors que son coéquipier parviendra, le cuissard déchiré et le maillot couvert de terre, à revenir sur l'arrière du peloton. Au plus mauvais moment. A l'approche de Mons-en-Pévèle. Au même endroit comme l'an passé, Cancellara, inquiet de l'écart avec les 21 hommes de tête (1'35" d'avance pour Guesdon, Gaudin, Van Summeren, Bak, Roelandts, Quinziato...), a décidé de placer une première banderille dans le troisième des quatre secteurs pavés 5 étoiles du jour. Seuls parviennent à suivre Thor Hushovd et Juan Antonio Flecha, 2e et 3e l'an passé, et l'ancien champion du monde Alessandro Ballan. La poussière vole sur les pavés, l'écart avec les hommes de tête diminue. Garmin "choisit" Van Summeren En accélérant à nouveau dans le secteur n°6 de Cysoing - Bourghelle, Cancellara élimine certes Flecha, mais ne parvient pas à distancer Hushovd et Ballan. Comme la semaine passée sur le Tour des Flandres, où il avait Chavanel dans sa roue, le Suisse est coincé. Il décide d'arrêter de rouler. La course est au point mort. La course est surtout en train de se jouer. Van Marcke, équipier d'Hushovd, prend un temps la chasse en main, mais les Garmin-Cervélo vont décider de changer leur fusil d'épaules. Dans le groupe de tête, Van Summeren est le plus à l'aise sur les pavés. Alors son équipe décide de miser sur lui. Le Belge attaque dans un endroit-clé, le Carrefour de l'Arbre, et distance Bak, Tjallingii et Rast, les derniers à s'être accrochés. Il ne lui reste plus qu'à résister pendant 15 kilomètres, car si Cancellara parviendra à sortir une nouvelle fois des groupes de favoris, le Suisse ne pourra reprendre que Tjallingii et Rast, pour lutter pour la deuxième place. Van Summeren, lui, est déjà en train de lever les bras.