Encore un coup de Lemaitre !

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Encore un coup de Lemaitre !
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Un peu en dedans sur les dernières courses, Christophe Lemaitre a fait largement mieux que se rassurer vendredi à Albi. Champion de France du 100 m en 9"92, l'Annécien a amélioré son record de France de trois centièmes, avec un vent juste assez favorable pour valider le chrono (+2 m/s). A un peu moins d'un mois de l'ouverture des Mondiaux de Daegu, le chef de file de l'athlétisme français a frappé un grand coup.

Un peu en dedans sur les dernières courses, Christophe Lemaitre a fait largement mieux que se rassurer vendredi à Albi. Champion de France du 100 m en 9"92, l'Annécien a amélioré son record de France de trois centièmes, avec un vent juste assez favorable pour valider le chrono (+2 m/s). A un peu moins d'un mois de l'ouverture des Mondiaux de Daegu, le chef de file de l'athlétisme français a frappé un grand coup. Pourtant, 10"03, ce n'était pas si mal. Ghani Yalouz, le DTN, nous avait prévenus, "Lemaitre n'est pas un robot, c'est un enfant. Un gamin de 21 ans, surexposé parce que c'est l'épreuve reine". En même temps, il ne fait rien pour nous faire arrêter d'y croire, le gamin... Un peu moins d'une semaine après son chrono en 10"03 à Monaco, où il avait admis une certaine déception, le recordman de France a frappé fort, dans un cadre où on ne l'attendait pas forcément. Aux championnats de France, à Albi, presque sans prévenir et après avoir pris un départ mauvais - comme d'habitude - Lemaitre a claqué 9"92. Le fait que son départ ait encore été quasiment le plus raté des huit engagés laisse toujours cette impression que l'Annécien garde une marge considérable. "Il dit sans cesse qu'il a besoin de s'amuser, poursuivait Yalouz à son sujet. S'il sent qu'il est bien, il donnera le maximum. S'il ne le sent pas, il ne le sent pas. J'ai entièrement confiance en ce gamin." Il pouvait, tout autant que le chef de l'équipe de France peut se féliciter d'axer son projet autour du plaisir. Car d'après le principal intéressé, évidemment aux anges, c'est bien l'élément clé qui lui a permis d'améliorer le record de France pour la cinquième fois de sa carrière. "C'est surtout le déclic d'un championnat, qui a fait que j'étais plus transcendé que d'habitude, indiquait-il devant les caméras de Canal+. J'étais serein, mentalement j'étais mieux. Je ne veux pas m'arrêter en si bon chemin." Pas de doute en tout cas, avec Lemaitre, la motivation et la fraîcheur sont bien là. Plus que jamais, même. Il a vite compris la performance qu'il venait de réaliser, et a enchaîné avec un tour d'honneur dans un sprint presque aussi rapide que durant sa course. Presque... "Je savais que je les avais dans les jambes. Pour Daegu, ça ouvre de nouvelles perspectives, ça me conforte dans l'idée que je peux entrer en finale et pourquoi pas accrocher le podium." Peut-être un peu enflammé par l'euphorie de l'exploit, Lemaitre n'a pas lancé une parole anodine: le podium mondial, il y pense. Au-delà du titre et du record, le protégé de Pierre Carraz a fait coup triple. Car sa plus belle victoire, c'est peut-être d'avoir su rebondir dans des proportions aussi importantes après un coup de mou. Et aussi vite ! Au fur et à mesure des records, Lemaitre y prend goût et devient un vrai compétiteur, qui entre mathématiquement dans le top 10 du sprint mondial. Avec ce chrono de 9"92, il devient en effet le 10e homme le plus rapide de l'année, derrière Nesta Carter et devant le Trinidadien Keston Bledman. Et parmi ceux qui seront à Daegu - au gré de l'écrémage des sélections américaines et jamaïcaines, ainsi que des blessures - le Français est 7e. Plus qu'un lointain et utopique objectif, la finale des championnats du monde doit maintenant devenir une réalité concrète.